‹ Œuvres de SpinozaChapitre 152 sur 199 · A MONSIEUR SIMON DE VRIES · texte numérisé non relu

A MONSIEUR SIMON DE VRIES

Mon cheb ami.

Vous me demandez si nous avons besoin de rexpérience pour être assurés que la définition d*un attribut est vraie. Je réponds que rexpérience n*est requise que pour les choses dont la définition n'emporte pas Texistence, par exemple, pour les modes, Texistence d'un mode ne résultant jamais de sa seule définition. Mai^ l'expérience est inutile pour les êtres en qui l'existence ne diffère pas de l'essence, et dont la définition par conséquent implique l'existence réelle. L'expérience n'a rien à voir ici; elle ne nou^ donne pas les essences des choses; le plus qu'elle puisse faire, c'est de déterminer notre âme à penser exclusivement à telle ou telle essence déterminée. Or l'existence des attributs ne diflérant pas de leur essence, il s'ensuit qu'aucune expérience n'est capable d'y atteindre.

Vous me demandez ensuite si les êtres et leurs affecUoiM sont aussi des vérités étemelles. — Oui, sans doute. — Mais pourquoi, direz-vous, ne pas les appeler vérités éternelles? — Pour les di^ (inguer, comme c'est l'usage universel, de ces principes qui n ont point de rapport aux êtres ni à leurs affections, celui-ci, par exemple : Rien ne vient de rien. Ces propositions et autres semblables se nomment proprement, je le répète, vérités étemeilen ; par où l'on entend qu'elles n'ont point d'autre siège que lame.

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