A MONSIEUR L. M. P. M. Q. D
Mon cher ami,
J'ai reçu de vous deux lettres, l'une du ^^ juin, qui m'a été remise par votre ami N. N. ; l'autre du 26 mars, qu'un autre de vos amis, je ne sais lequel, a envoyée à Leyde. Toutes deux m'ont été in&niment agréables, surtout parce qu'elles m'ont fait voir que toutes vos affaires vont pour le mieux et que vous ne m'oubliez pas. Je vous dois aussi les plus vifs remercîments pour toutes les marques de politesse et d'estime dont vous vouiez bien m'honorer. Croyez , je vous prie , que je n'ai pas pour vous un moindre attachement, et que je désire trouver l'occasion de vous le témoigner autant que ma médiocrité le pourra permettre. Et, pour vous en donner une première preuve, je m'empresse de répondre aux questions que vous m'adressez dans vos lettres. Vous me demandez mes sentiments sur l'infini : c'est de grand cœur que je vais vous les dire.
Ce qui a fait regarder par tout le monde la question de l'infini comme très-difficile et même comme inextricable, c'est qu'on n'a pas distingué deux choses, savoir : ce qui est infini de sa nature ou par la seule force de sa définition, et ce qui n'a pas de limites, non