A MONSIEUR GUILLAUME DE BLYENBERGH
Monsieur et ami inconnu, votre lettre du 42 décembre, incluse dans celle que vous m'avez écrite le 24 du môme mois, m'est enfin parvenue le 26 à Schiedam. Elle m'a fait voir quel est votre amour de la vérité, et j'ai bien compris que tous vos travaux n'ont d'autre but qu'elle seule ; et comme c'est aussi l'unique fin que poursuit mon âme, me voici tout résolu, non-seulement à remplir vos désirs et à répondre aussi bien que je le pourrai aux questions que vous m'adressez et à celles que vous m'adresserez plus tard, mais encore à ne rien négliger de mon côté pour augmenter notre liaison et resserrer notre commerce. Quant à ce qui me concerne, de toutes les choses qui ne dépendent pas de moi , il n'en est point qui me soit plus douce que de me lier avec de sincères amis de la vérité : et je crois que dans le monde entier , parmi les objets qui ne sont point en notre pouvoir, il n'en est aucun où notre affection se puisse reposer avec plus de sécurité que sur de tels hommes ; il est aussi impossible de dissoudre un pareil lien, fondé sur un comnaun amour de la vérité , que de ne pas embrasser la vérité elle-même aussitôt qu'on la connaît. Aucune affection, dans l'ordre des choses