LETTRE XIX
A MONSIEUR
Monsieur ,
Je n'ai pu vous envoyer plus promptement, à cause de diverses occupations qui me sont survenues, la démonstration de l'unité de Dieu que vous me demandez, laquelle est fondée sur ce que la nature de Dieu enveloppe l'existence nécessaire. Pour établir cette démonstration*, je supposerai :
4® Que toute définition vraie n'enferme rien de plus que la simple nature de la chose définie ;
2** Qu'aucune définition n'enveloppe ni n'exprime aucune multiplicité, aucun nombre déterminé d'individus, puisque, par hypothèse, elle n'enveloppe et n'exprime rien de plus que la nature de la chose définie, telle qu'elle est en soi. Par exemple : la définition du triangle n'enferme que la simple nature du triangle ; elle n'enferme pas un nombre déterminé de triangles ; tout comme cette définition de l'âme : l'âme est une chose pensante, ou celle de Dieu : Dieu est TÊlre parfait, n'enferment rien de plus que la nature de l'âme et de Dieu, et n'impliquent nullement un nombre déterminé d'âmes et de dieux.
3® Toute chose qui existe a nécessairement une cause positive par laquelle elle existe.
4^ Ou bien cette cause est comprise dans la nature et la définition de la chose elle-même (l'existence appartenant à la nature