‹ Œuvres de SpinozaChapitre 172 sur 199 · A MONSIEUR J. O. S · texte numérisé non relu

A MONSIEUR J. O. S

Monsieur ,

Vous êtes sans doute très-surpris du retard que je mets à vous satisfaire; mais il m'est véritablement impossible d'obtenir de mon esprit qu'il s'applique à répondre au libelle que vous m'avez communique ; et si je me décide aujourd'hui à vous en parler, c'est uniquement, croyez-le bien, parce que je vous l'ai promis. Aussi, pour condescendre autant que possible à cette répugnance de mon esprit, je serai très-court, me bornant à montrer en peu de mois que ce critique interprète mes sentiments dans le sens le plus faux. Est-ce par malice ou par ignorance , je ne sais trop ; mais je viens au fait.

Il dit premièrement qu'il importe peu de savoir de quelle race je SUIS, et quelle est ma manière de vivre. Je crois que s'il l'avait connue , il ne se serait pas si aisément mis dans l'esprit que j'enseigne l'athéisme. Car c'est la pratique ordinaire des athées de rechercher avec excès les honneurs et les richesses , choses que j'ai toujours méprisées , comme le savent parfaitement tous ceux qui me connaissent. Pour en venir peu à peu à ses fins , l'auteur du

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