LETTRE XXX
A MONSIEUR B, DE SPINOZA
C'est tréa-sérieusçraent, je vous assure, fjue jç vou^ prie ^e xér. soudre mes difficqltés et que je VQUS demande une réponse. Je vpudrais savoir, premièrement, si nous pouvons connaître d'putrea attributs de Dieu qAe la Pensée et l*Extension. Et , sur ce point , veuillez me donner une démonstration directe, et non pas une preuve par l'absurde. Supposé que nous ne connaissions que les deux attributs dont je viens de parler, s'ensuit-il que les créatures qui sont constituées par d*aulres attributs ne puissent concevoir aucune extension? Il résulterait de là qu'il faudrait admettre autant de mondes qu'il y a d'attributs en Dieu; et alors, autant notre inonde aurait d'étendue , autant on en devrait donner aux autres inondes, constitués par d'autres attributs. Or, de même que nous ne percevons, outre la pensée, que la seule extension, les créatures de chacun de ces mondes ne percevraient avec la pensée que les attributs de leur monde particulier.
Voici ma seconde difficulté : L'entendement de Dieu différant , selon vous, du nôtre, tant par l'essence que par l'existence, il n'y a donc entre eux rien de commun; et par conséquent (en vertu de