Cette lettre est de Louis Meyer. Voyez de Murr
416 LETTRES DE SPINOZA, etc.
la Propos. III, part. 4 , de l'Éthique) l'entendement de Dieu ne peut être cause du nôtre.
Vous dites (c'est ma troisième objection), dans le Scholie de la Propos. X de TÉthique , part. 4 , que s'il y a une chose claire dans la nature, c'est que chaque être se doit concevoir sous un attribut déterminé (jusque-là j'entends parfaitement), et qu'à mesure quUl a plus de réalité ou d'être, un plus grand nombre d'attributs lui cofi> viennent. Il parait suivre de là qu'il y a des êtres qui possèdent trois, quatre attributs, ou un plus grand nombre ; et cependant on a le droit de conclure des démonstrations qui précèdent que chaque être est constitué par deux attributs seulement, savoir, par un attribut déterminé de Dieu et par l'idée de ce môme attribut.
Ma quatrième demande serait d'avoir des exemples de choses produites immédiatement par Dieu, et de choses produites par l'intermédiaire de quelque modification infinie. La pensée et retendue, ce me semble , appartiennent à la première catégorie ; l'entendement dans la pensée, le mouvement dans l'étendue, à la seconde.
Voilà , Monsieur, ce que je voudrais obtenir de vous , si vous avez un peu de temps de reste. Agréez, etc.
25 juillet 1676,