‹ Œuvres de SpinozaChapitre 192 sur 199 · LETTRE XXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIV

A MONSIEUR B. DE SPiNOZÂ,

Monsieur ,

J'ai beaucoup de peine à comprendre commentil est possible de démontrer a priori Inexistence des corps avec leurs figures et leurs mouvements; car dans l'étendue , prise en soi d'une ma-nière absolue , il ne se rencontre rien de semblable.

Je voudrais savoir aussi comment il faut entendre ces paroles de votre lettre sur Tinfini ' : Or Us ne concluent pas pour cela que ce soit par la multitude de leurs parties que ces sortes de ehoMS sur^ passent tout nombre assignable. II me semble que tous les mathé* maticiens, quand ils considèrent les infinis de cette espèce, ne mau'» quent jamais de démontrer que le nombre de leurs parties est si grand qu'il surpasse tout nombre assignable. Or, dans l'exemple des deux cercles que vous avez cité, il ne paraît pas que vous prouviez cela , bien que vous entrepreniez de le faire. Vous montrez seulement que les mathématiciens ne s'appuient pas sur la grandeur de l'espace compris entre les deux lignes, mais vous ne montrez pas, comme vous le vouliez faire, qu'ils ne s'appuient pas sur la multitude des parties

2 mai 1676.

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