‹ Œuvres de SpinozaChapitre 35 sur 199 · DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME

moins à Timaginer tout près de nous; parce que la cause qqi nous 'fait imaginer cette proximité , ce n'est, point que nous igi)(H rions la véritable distance du soleil, mais c'est que Taffection de notre corps n'enveloppe Tessence du soleil , qu'en tant que notrç corps 'lui-itiôme est affecté par le soleil.

Propos. X^OtVl. Les idées inadéqtiatos et confuses découlent de la pensée avec la même nécessité que les iàées aàéquates^ c'est-à^ire claires et distinctes,

DÉMONSTR, Toutes les idées sont en Dieu (par la Propos, XVj part, ^) el, en tant qu'elles se rapportent à bieu , elles sont vraies [par la Propos, XXXTl^ part, 2), et adéquates (par U Co" rott. âe la Propos. YII, part, 2) ; les idées ne sont donc kiadé-* qua1)es e't confuses qu'en tant qu^elles se r2ip|)ortent à quelque âme particulière [voir les Propos. XXÏV et XXVIII^ part. 2). Par conséquent, toutes les idées, tant adéquates «qu'inadéquates, dé-« coulent de la pensée avec la mêooe nécessité (par ïe CoroU. de ta Propos. VI, part. 2). C. Q. F. D.

Fliopos. XXXVn. Ce qui est commun à toutes àioses (voir U Lemme oi-dessm), ce qui est également dans le tout et dans la parïie, ne constitue Tessence à*aucune chose particulière.

DÉHONSTR. Essayez de concevoir, en effet, s'il est possible, qu^n en soit autrement él, par exemple, q^e ce principe commun à toutes choses constîtueVessence d'une chose particulière, B. OtezB, le principe commun ne pourra exister, ni être conçu [parlabéf, il, part, i), ce qui est contre ï'hypo thèse. Donc, ee principe n'ap-« pattient pas à Tessence de B, et ne constitue l'essence d'aucune chose parlîculièi-e. C. 0. F. D.

Pr6pos. XXXVtïI. Ce qui est commun à toutes choses et se trouve également dans le tout et dans la partie, ne se peut concevoir que d*une façon adéquate,

Demonstr. Soît A, ce principe commun à toutes choses et qui se trouve également dans le iout et dans la partie, le dis que À ne se peut concevoir que d'une façon adéquate. En eiffet, l'idée de A sera néceèsairement adéquate en Dieu (par le CoroÛ. de la Propos, VÏI, part, 2), en tant qu'il a Vidée du corps humain, et en tant aussi qtt'îl a ridée de ses affections, lesquelles [par les Propos, XVI, XXV et XXVII, part, 2) enveloppent partiellement là nature du corps

bomain et à la fois celle du corps extérieur; en d*autres termes (par le$ Propos, XII et XIII, part. 2) , Tidée de A sera adéquate en Dieu, ea tant qu'il constitue l'âme humaine , et en tant qu'il a les Idées qui sont dans l'âme humaine ; l'âme humaine , par conséquent (en vertu du CorolL de la Propos, XI, part, 2), perçoit nécessairement A d'une façon adéquate ; et cela , soit en tant qu'elle se perçoit elle-même, soit en tant qu'elle perçoit son corps ou tel et tel corps extérieur , et elle ne peut percevoir A d'une autre façon. C. 0- F- 1>-

• CoROLL. Il suit de là qu'il y a un certain nombre d'idées ou notions communes à tous les hommes. Car (par le Lemm, II) tous les corps se ressemblent en certaines choses, lesquelles [par la Propos, pricéd.) doivent être aperçues par tous d'une façon adéquate t c'est-à-dire claire et distincte.

Propos. XXXIX. Ce qui est commun au corps humain et à quelques corps extérieurs par lesquels le corps humain est prdinairement modifié, ce qui est également dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble , Vàme humaine en a également une idée adéquate,

DÉMONSTR. Soit A, ce qui est propre et commun au corps humain et à quelques corps extérieurs, et de plus ce qui se trouve également dans le corps humain et dans ces mêmes corps extérieurs; enfin, ce qui est égalenient dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble ; Dieu aura l'idée adéquate de A ( par k CorolL de la Propos, VII, part. 2) , en tant qu'il a l'idée du corp> humain, aussi bien qu'en tant qu'il a celle des corps extérieufs dont il s'agit. Supposons maintenant que le corps humain soit modifié par un corps extérieur dans ce qu'il a de commua avec lui. par conséquent dans A, l'idée de cette affection enveloppera la propriété A [par la Propos. XVI, part. 2); et par conséquent, l'idée de cette affection ( par le Coroll de la Propos. VII, part, i . en tant qu'elle enveloppe la propriété A, sera adéquate en Dieu, en tant qu'il est affecté de l'idée du corps humain, c'est-à-dirv [par la Propos. XIII, part. 2) , en tant qu'il constitue la nature de l'âme humaine; par conséquent enfin (en vertu de la Propos. XL part. 2) , cette idée se trouvera dans l'âme humaine d'une façon adéquate. C. Q. F. D.

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