‹ Œuvres de SpinozaChapitre 38 sur 199 · DEUXIÈME PABTIK. — DE L'AME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PABTIK. — DE L'AME

plHâ FSffridenieiit 1^ um qoe les autres oo avec une égale rapidité. Supposons maintenant qu'un enfant qui aurait vu hier, pour la pre* mière fois, h malin Pierre, à midi Paul et le soir Siroéon , voie œ matin Pierre pour la seconde ibis. Il résulte évidemment de la Propos. XVIII, part. !âl, qu*ausritét qu'il verra la lumière du matin, il imaginera aussitôt le soleil pareourant la même partie du ciel qu'il lui a vu parcourir la veille; il imaginera donc le jour tout entier, et en même temps» avec le matin, Pierre, avec Theure de midi Paul , avec le soir Siméon ; en d^autres termes , il imaginera I^ul et Siméon avec une relation au temps futur. Au contraire, si on suppose qu'il voie Siméon le soir, il rapportera Paul et Siméon au temps passé, les imaginant l'un et l'autre avec le temps passé d'une manière simultanée. Et tout cela se produira d'autant plus régulièrement que l'enfant dont nous parlons aura vu plus souvent ces trois personnes dans le même ordre. Que s'il arrive, un soir, qu'au lieu de voir Siméon, il voit Jacob, le lendemain matin il ne joindra plus à l'idée du soir la personne seule de Siméon , mais tantôt Siméon, tantôt Jacob, et non pas tous deux à la fois; car d*après Thypothèse, il a vu le soir tantôt l'un, tantôt l'autre, et non pas tous deux à la (bis. Voilà donc son imagination livrée à une sorte de fluctuation , et joignant à l'Idée du soir ou celui-ci ou celui-r là, c'est-à-dire aucun d'eux d'une manière certaine, de façon qu'il les aperçoit Tua et l'autre comme des ftiturs contingents. Or, cette même fluctuation aura lieu de la môme manière, chaque fois que nous imaginerons cet ordre de choses que nous concevons également en relation avec le temps passé ou le temps présent ; et en conséquence toutes choses que nous rapportons aussi bien au présent qu'au* passé et au futur, nous les imaginerons comme contingentes.

CoROLL. il. Il est de la nature de la raison de percevoir les choses sous un certain caractère d'éternité.

DéMONSTA. En effet, il est de la nature de la raison de percevoir les choses comme nécessaires et non comme contingentes [par la Propos, précéd.). Or, cette nécessité des choses, la raison la perçoit selon^e vrai (par la Propos. XLI, pari. 2), c'est-à-dire (par VÂx. VI, part. 1) telle qu'elle est en soi. De plus (par la Propos. XVI, part. 1 ) cette nécessité des choses est la nécessité môme de l'éternelle na-

ture de Dieu, II est donc de la nature de la raison d'apercevoir les choses sous le caractère de l'éternité. Ajoutez à cela que les fondements de la raison, ce sont [par la Propos. XXXVIII ^ part. 2) ces notions qui contiennent ce qui est commun à toutes choses , et n*expiiquent Tessence d'aucune chose particulière {par la Propos. XXXVII, part, 2); notions qui par conséquent doivent être conçues hors de toute relation de temps , et sous la forme de l'éternité. C. Q. F. D.

Propos. XLV. Toute idée d!un corps ou d'une chose parttimlière quelconque, existant en acte, enveloppe nécessairement Vessence éter^ nelle et infinie de Dieu.

DÉMONSTR. L'idée d'une chose particulière et qui existe en acte enveloppe nécessairement tant l'essence que l'existence de cette chose (par le Coroll. de la Propos. VIII, part. 2 ). Or, les choses particulières [par la Propos. XV, part. \ ) ne peuvent être conçues sans Dieu ; et comme elles ont Dieu pour cause (par la Propos. VI, part. 2) en tant qiie Dieu est considéré sous le point de vue de l'attribut dont elles sont les modes ; l'idée de ces mêmes choses (par ÏAûsiom. IV, part. 4 ] doit envelopper le concept de l'attribut au» quel elles se rapportent, et par conséquent ( en vertu de la Déf, VL part. 4 ) l'essence infinie et éternelle de Dieu. C. Q. F. D.

ScBOL. Je n'entends pas ici par existence la durée, c'est-à-dire l'existence conçue d'une manière abstraite, comme une forme de ta quantité. Je parle de la nature même de l'existence qu'on attribue aux choses particulières, à cause qu'elles découlent en nombre infini et avec une infinité de modifications de la nécessité étemelle do la nature de Dieu (voir la Propos. XVI, part. 4). Je parle, dis-je, de l'existence même des choses particulières , en tant qu'elles sont en Dieu. Car, quoique chacune d'elles soit déterminée par uno autre à exister d'une certaine manière, la force par laquelle elle persévère dans l'être, suit de l'éternelle nécessité de la nature de Dieu. (Sur ce point, voyez le Coroll. de la Propos. XXIV, part, 4.)

Propos. XL VI. La connaissance de Vessence étemelle et infinie de Dieu que toute idée enveloppe, est adéquate et parfaite. '

DÉMONSTR. La démonstration de la précédente proposition est générale; et soit que l'on considère une chose, comme partie, oa comme tout, l'idée de cette chose, idée d'une partie ou d'un tout.

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