TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS
négation : en d'autres ten&es, qu'en tant qa'dle est une partie de la nature, laquelle, prise en soi et indépendammwit des autres parties, ne peut se concevoir dairement et distnioteinent ; et par cette raison y je pourrais montrer que les pessbns ont avec lee choses particuliôres le même rapport qu'avec l*âine; ^ ne se peo-^ vent concevoir d'aucune autre manière ; mais mon objet est de traiter seulement de Fàme humaine.
Propos. IV. Aucune chose ne peut être détrtnte que par tim eauM extérieure,
DÉifOffST*. Cette proposition est évidente par eilô-mÔBie ; car la définition d'une chose quelconque contient l'affirmation et non la négation de Tessenoe de cette chose ; en d'autres termes, elle pose son esseqce, elle ne la détroit pas. Donc, tant que l'on considérera seulement la chose, abstraction faite de toute cause extérieure, on ne pourra rien trouver en elle qui soit capable de la détruire. C. Q. F. D.
Piiopos. V. Deuœ chùeee sont de nature contraire ou ne peuvent exiêter m tin même st^et, quand Vune peut détruire Foutre.
DÉMONSTB. Car si ces deux choses pouvaient se convenir ou exister ensemble dans un même sujet, il pourrait donc y avoir en un sujet quelque chose qui fût capable de le détruire, ce qui est absurde (par la Propos, précédé). Donc, etc. C. Q. F. D.
Propos. VI. Toute chose, autant qu'il est ensile, s'efforce de ptfrsévérer dans son être,
DÉMONSTR. En effet, les choses particulières sont des modes qui expriment les attributs de Dieu d'une certaine façon déterminée (par le CorolL de la Propos. XXV, part. 4), cest*à-dire (pat la Propos» XXXIV, part, \) des choses qui expriment d'une certaine façon déterminée la puissance divine par qui Dieu est et agit. De plus, aucune chose n'a en soi rien qui la puisse détruire, rien qui supprime son existence (pat la Propos, /r, part. 3} ; au contraire, elle est opposée à tout ce qui peut détruire son existence (pdr la Propos, précéd»), et par conséquent, elle s'efforce, autant qu'il est en elle, de persévérer dans son être. G. Q« F. D<
Propos. VU. L'effort par lequel toute chose terd à persévérer dans son être, n'est rien de plus que l'essence actuelle de cette chose,
Dâmonstr. L'essence d'un être quelconque étant donnée , il en
résulte nécessairement certaines choses (par la Propos, XXXM, part. 4] ; et tout être ne peut rien de plus que ce qui suit nécessairement de sa nature déterminée [par la Propos. XXIX, part. \\. Par conséquent, la puissance d'une chose quelconque, ou Teffort par lequel elle agit ou tend à agir, seule ou avec d'autres choses, en d'autres termes [par la Propos, VI, part, 3), la puissance d*une chose ou l'effort par lequel elle tend à persévérer dans son être, n'est rien de plus que l'essence donnée ou actuelle de cette chose. C. Q. F. D.
Propos. VIII. L'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'enveloppe aucun temps fini, mais un temps indéfini. DÉMONSTR. Si, en effet, il enveloppait un temps limité, qui déterminât la durée de la chose, il s'ensuivrait de cette puissance même par laquelle la chose existe, qu'après un certain temps elle ne pourrait plus exister et devrait être détruite. Or cela est absurde (par la Propos, IV, part, 3) ; donc l'effort par lequel une chose existe n'enveloppe aucun temps déterminé; mais, au contraire, puisque cette chose (en vertu de cette même Propos,), si elle n'e^ détruite par aucune cause extérieure, devra, par cette même puissance qui la fait être , toujours continuer d'être , il s'ensuit que l'effort dont nous parlons enveloppe un temps indéfini. C. Q. F. D. Propos. IX. Lame, soit en tant qu'elle a des idées claires et di«tincteSy soit en tant qu'elle en a de confusei, s*efforce de persévérer indéfiniment dans son être, et a conscience de cet effort,
DÉMONSTR. L'essence de l'âme est constituée par des idées adéquates et inadéquates ( comme nous l'avons montré dans h Propos. III, part. 3), et conséquemment (par la Propos, Vil, part, 3] elle tend à persévérer dans son être en tant qu'elle contient celles-ci aussi bien qu'en tant qu'elle contient celles-là ; et elle ) tend pour une durée indéfinie (par la Propos. VIII, part. 3). Or. l'âme (par la Propos, XX!II,part, 2) ayant, par les idées de* affections du corps, conscience d'elle-même, il s'ensuit que ràro^ {par la Propos, VII, part. 3) a conscience de son effort. C. Q. F. P SciioL. Cet effort, quand il se rapporte exclusivement à 1 ame. s'appelle volonté ; mais quand il se rapporte à l'âme et au cor|>* tout ensemble , il se nomme appétit. L'appétit n'est donc que Te^ sence même de l'homme, de laquelle découlent nécessaîremer