TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS
oawatU de la joie à un objet que nom fuû'sKmi, nous haïssons aiissi cette personne. Si, au contraire, nous nous la représentons oùmme catàsant de la tristesse à l'ol^et odieuoo, nous aurons pour eUe de l'amour*
DÉMONSTa. Cette Proposition se démontre de la môme manière que la Propos. XXII, part. 3» à laquelle nous renvoyons.
Sghoub. Gettd sorte de passions et celles qui ressemblent à la haine se rapportent à Venvie, qui^ par conséquent, n'est autre chose que la haine elle-même, en tant qu'elle dispose l'homme à se réjouir dvi malheur d^autrui ei à s*attriSter de son bonheur»
Pnopos. XXV. Tout œ que nous nous représ^tons comme cotisant de la joie à nous-mêmes ou à ce que nous aimons, nous nous efforçons de l'affirmer, et de nom-mémes et de ce que nous aimons ; et nous nous efforçons, au contraire, d'en nier tout oe que nous nous représentons cotrme causant de la tristesse à œ que nous aimons ou à nousmêmes,
DÉiiONBTti. Ce qui nous paraît causer de là Joie ou de la tristesse à l'objet aimé, nous cause de la Joie ou de la tristesse {par la Propos, XXI, part. 3). Or, notre âme (par la Propos, XII, part, 3) s'eiforce, autant qu'il est en elle , d'imaginer ce qui nous cause de la joie, en d'autrôs termes (fMr la Propos, XVII, part. î et son Coroll,)^ de l'aperoevoir comme présent; et, au contraire {par la Propos, XIII, part, 3), elle s'efforce d'exclure l'existence de ce qui nous cause de la tristesse. Donc, Aous nous efforçons d'affirmer, et de nous-^mémes et de l'objet aimé, tout ce que l'imagination nous représente comme une cause de joie pour nous ou pour l'objet aimé; et, au Contraire, etc. G. Q. F. D.
Propos. XXYL iVous nous efforçons d'affirmer de l'objet gUs nous avons en haine tout os que nous imaginons lui devoir causer de la tristesse, et d'en nier tout œ que nous imaginons lui devoir causer de la joie.
Dbmonstr. Cette. Proposition suit de Ift Proposition XXUI, comme la précédente suit de la Proposition XXI, part. 3.
ScHoua. Nous voyons par ce qui précède qu'il arrive aisément qu'un homme pense de soi ou de ce qu'il aime plus de bien qu'il ne faut, et, au contraire, moins de bien qu'il ne faut de ce qu'il hait. Quand celte pensée regarde la personne même qui pense de soi plus qu'il
ne faut, c'est Torgueil, sorte de délire où rbomme, rêvant les yeux ouverts, se croit capable de toutes les perfections que son imagination lui peut représenter, et les aperçoit dès Wrs comme des choses réelles, et s'exalle à les contempler, tant qu'il est incapable de se représenter ce qui en exclut Texistence et détermine en certaines limites sa puissance d'agir. Vorgueil, c'est donc la joie qmprth vient de ce que V homme pense de soi plus de bien qu'il ne faut. Maintenant , la joie qui provient de ce que l'homme pense d'autrui plus df bien qu'il ne faut, c'est V estime; et celle enfin qui provient deceqw r homme pense d' autrui moins de bien qu'il ne faut, c'est le méprisi.
Propos. XX VIL Par cela seul que nous nous représentons un o^W qui nous est semblable comme affecté d'une certaine passion y bien que cet objet ne nous en ait jamais fait éprouver aucune autre^ noH% ressentons une passion semblable à la sienne.
DfiMONSTR. Les images des choses, ce sont les affections du corps humain dont les idées nous représentent les corps extérieurs comm** nous étant présents (par le Schol. de la Propos. XVII ^ part. 2 , en d'autres termes (par la Propos. XVI , part. 2), dont les idée< enveloppent à la fois la nature de notre corps et la nature présenta du corps extérieur. Si donc la nature du corps extérieur est semblable à la nature de notre corps , alors l'idée du corps extérieur que nous imaginons enveloppera une affection de notre corp^. semblable à l'affection du corps extérieur ; et en conséquence , ^ nous nous représentons un objet qui nous est semblable comm^ affecté d'une certaine passion, celte représentation exprimera une affection semblable de notre corps ; et par suite , de cela seul qur nous nous représenterons un objet qui nous est semblable c^mror affecté d'une certaine passion, nous éprouverons une passion semblable à la sienne. Que si nous haïssons cet objet qui nous «^ semblable, en tant que nous le haïssons, nous serons affectés (par la Propos. XXIII, part. 3) d'une passion contraire à la sienne, f< non pas semblable. G. Q. F. D.
Schol. Cette communication d'affection, relativement à la tr^ tesse, se nomme commisération (voyez ci-dessus le Schol. de /« Propos. XXI If part. 3); mais relativement au désir, c'est r<^W<i- (l'on, laquelle n'est donc que le désir d'une chose produit en nuuy parce que nous nous représentons nos semblables animés du métnedest r