‹ Œuvres de SpinozaChapitre 79 sur 199 · DÉFINITION GÉNÉRALE DES PASSIONS · texte numérisé non relu

DÉFINITION GÉNÉRALE DES PASSIONS

Ce genre d'affection qu'on appelle passion de l'âme , c'est une idée confuse par laquelle l'âme affirme que le corps ou quelqu'une de ses parties a une puissance d'ewster plus grande ou plus petite que celle qu'il avait auparavant ; laquelle puissance étant donnée, l'âme est déterminée à penser à telle chose plutôt qu'à telle autre.

ExPLiG. Je dis d'abord qu'une passion c'est une idée confuse; car nous avons vu (Propos. III , part. 3) que Vâme ne pâtit qu'en tant qu'elle a des idées inadéquates ou confuses. Je dis ensuite : par laquelle l'âme affirme que le corps ou quelqu'une de ses parties a une puissance d'exister plus grande où plus petite que celle qu'il avait auparavant ; car toutes les idées que nous avions des corps mar^ quent bien plutôt (par le Ck)roll. II de la Propos. XVI, part. 2) la constitution actuelle de notre propre corps que celle des corps extérieurs, et Vidée qui constitue l'essence ou forme de telle ou telle passion doit exprimer la constitution de notre corps ou de quelqu'une de ses parties, en tant que sa puissance d'agir ou d'exister est augmentée

<m diminuée, favorisée ou contrariée. Mais il est nécessaire de retnarquer que quand je dis une puissance d>xister plus grande ou plus petite que celle qu'il avait auparavant , je n*entends pas dirt que Vàme compare la constitution actuelle du corps avec la précédente, mais seulement que Vidée qui constitue lessenee de ieUê ou telle passion affirme du corps quelque chose qui enveloppe plus ou moins de réalité que le corps n'en avait auparavant. Or, comme Vessence de lame consiste (par les Propos. XI et XIII, part. 2)etaer qu'elle affirme V existence actuelle de son corps, et que par perfection d'une chose nous entendons son essence même , il s'ensuit que Vàme passe à um perfection plus grande ou plus petite quand il lui arrive d'affirmer de son corps quelque cfmse qui enveloppe une réalité plus grande ou plus petite que celle qu'il avait auparavant. Lors dont que j'ai dit plus haut que la puissance de penser de Vâmê était augmentée ou diminuée, je n'ai voulu dire autre ehoêê sinon que l'âme se formait de son corps ou de quelqu'une de sês parties une idée qui enveloppait plus ou moins de vérité et de perfection qu'elle n'en affirmait précédemment; e^r la supériorité des idées et la puissance actuelle de penser se mesurent sur la supériorité des objets pensés. Enfin j'ai ajouté : laquelle puittance étant donnée, rame est déterminée à penser à telle chose plutôt qu'à telle autre; afin de m pas exprimer seulement la nature de la joie et delà tristesse, laquelle est contenue dans la première partie de la définition, mais aussi celle du désir»

PIN DE h\ TROISIKMR PARTIR.

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