QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE
séquenl, tout ce qui dispose le corps à les remplir et ïy rend propre est nécessairement bon et utile (par les Propos, XXVI et XXVII ^ pari. 4), et d'autant plus ulile qu'il y rend le corps plus propre; tandis qfU'au contraire (par la même Propos. XI Vy part. 2, prise en sens inverse, et par les Propos. XXVI et XXVII, part. 4) ce qui rend le corps moins propre à ces fonctions est nuisible à l'homme. C. Q. F. D.
Propos. XXXIX. Ce qui conserve le rapport de mouvement et de repos qu'ont entre elles les parties du corps humain , est bofi; ce qui change ce rapport, au contraire, est mauvais,
DÉMONSTR. Le corps humain a besoin, pour se conserver, de plusieurs autres corps (par le Post. IV, part. 3i). Or .ce qui constitue l'essence, la forme du corps humain^ c'est que ses parties se contmuniquent leur mouvement dans un rapport déterminé (par la Déf. placée avant le Lemm. IV, qui lui-même se trouve après la Propos. XIII y part. 2). Donc, ce qui conserve le rapport de mouvement et de repos qu'ont entre elles les parties du corps humain , conserve en nième temps la forme du corps humain , et conséquemment dispose le corps (par les Post. III et VI, part. 2) à être affecté de plusieurs manières, et à affecter de plusieurs manières les corps extérieurs, cela, dis-je, est bon (par la Propos, précéd.). De plus, toute chose qui donne aux parties du corps humain nn autre rapport de mouvement et de repos, donne au corps humain une autre forme ou essence (par la même Déf., part. 2), c'est-à-dire (comme cela est de soi évident, et comme on en a prévenu d* ailleurs à la fin de la Préface de la quatrième partie) détruit le corps humain, et le rend par conséquent incapable d'être affecté de plusieurs manières : d'où il suit que cette chose est mauvaise (par la Propos, précéd.). C. Q. F. D.
ScHOL. On elEpUqtiera dans là cinquiètne partie jusqu'à qUel point tout cela peut ntiire au corps ou lui être utile; Je ferai seli^ lement retnarquer ici que j'entends par la mOrt du corps humairi uite disposition nouvelle de ses parties, p^ar laquelle elles ont, à l'égard les unes des autres , de nouveaux rapports de mouvement et de repos ; car je n'ose pas nier que le corps humain ne puisse , en conservant la circulation du sang et les autres conditions ou signes de la vie > revêtir une nature très-différente de la sienne.
204 KTHIQUË.
Je n'ai en effet aucune raison qui me force à établir que le cor|)S ne meurt pas sMl n'est changé en cadavre , l'expérience paraissant môme nous persuader le contraire. Il arrive quelquefois à un homme de subir de tels changements, qu'on ne peut guère dire qu'il soit le môme homme. J'ai entendu conter d'un poète espagnol qu'ayant été atteint d'une maladie, il resta, quoique guéri, dans un oubli m profond de sa vie passée , qu'il ne reconnaissait pas pour siennes les fables et les tragédies qu'il avait composées; et certes on aurait pu le considérer comme .un enfant adulte , s'il n'avait gardé souvenir de sa langue maternelle. Cela parait-il incroyable? Que dire alors des enfants? Un homnie d'un âge avancé n'a-t-il pas une nature si différente de celle de l'enfance qu'il ne pourrait se persuader qu'il a été enfant, si l'expérience et l'induction ne lui en donnaient l'assurance? Mais, pour ne pas donner sujet aux esprits superstitieux de soulever d'autres questions, j'aime mieux n'en pas dire davantage.
Paopos. XL. Tout ce qui tend à réunir les hommes en société, en d'autres termes, tout ce qui les fait vivre dans la concorde, ni utile; et, au contraire, tout ce qui introduit la discorde dans la cité est maw)ais.
DÉMoxsTR. En effet, tout ce qui fait que les hommes vivent dans la concorde, les fait vivre sous la conduite de la raison [par Ut Propos. XXXV, part. 4), et, conséquemment [par les Pntpns. XXVI et XXVI F, part. 1), est bon. Au contraire (et par la métuf raison), tout ce qui excite des discordes est mauvais. C. Q. F. I).
Propos. XLÏ. La joie, considérée directement, n'est pas wiauraise, mais bonne; la tristesse, au contraire, considérée directe^ ment, est mauvaise.
DéMONSTR. La joie ( par la Propos XI, part. 3, et son Schoi] est une passion qui augmente ou favorise la puissance d'action du corps ; la tristesse, au contraire, est une passion qui la diminue ou Tempôcbe. Donc (par la Propos. XXXVIII, part. 4) la joie oî4 bonne, etc. C. Q. F. D.
Propos. XLU. La gaieté ne peut avoir d'excès , et elle est tou" jours bonne; la mélancolie, au contraire, est toujours mauvaise.
DÉMONSTR. La gaieté (voyez-en la Déf, dam le Schol. de la Propos. XI, part. 3) est une joie qui consiste , en tant qu'elle se rapporte au corps, en ce que toutes les parties du cori»s sont affec'