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morceaui dans leurs poètes , qui nous en donnent une idée (i) ; mais nous n'avons rien de ce genre qui nous peigne la dirinité d'une manière ëloqnente et forte. Les hymnes (||i'Horace fit pour les jeux séculaires de Rome , ont le mérite de la délicatesse et du goût ; mais combien elles sont au-dessous du sujet ! une fête établie pour la révolution des siècles , l'idée de la divinité pour qui tous les siècles ensemble ne sont qu'un moment , la faiblesse de l'homme que le temps entraîne , ses travaux qui hii survivent un instant pour tomber ensuite , les générations qui se succèdent et qui se perdent , les malheurs et les crimes qui avaient marqué dans Rome le siècle qui venait de s'écouler , les vœux pour le bonheur du siècle qui allait naître; il semble que toutes ces idées auraient dû fournir à un poète tel qu'Horace, une hymne pleine de chaleur et d'éloquepce ; mais plus un peuple est civilisé , moins ses hymnes doivent avoir et ont en effet d'enthousiasme. Ce sont les peuples nouveaux qui sont le plus frappés de la nature j et par conséquent de l'idée d'un être créateur. A ima* gination égale « cette impresssion même est plus forte ches les peuples qui habitent les campagnes , que ches les peuples renfermés dans l'enceinte des villes, et l'on ^ent bien que cela doit être : dans les villes on n'aperçoit pour ainsi dire que l'homme ; partout l'homme y rencontre sa grandeur. Les objets qui l'environnent et qui le frappent, c'est l'architecture qu'il a créée, les métaux qu'il a tirés du sein de la terre , les richesses qu'il a cherchées au-delà de l'océan , les différentes parties du monde unies par la naviga-tien , enfin tout ce qu'a de brillant le tableau de la société, des lob et des arts ; mais dans les campagnes, l'homme disparaît , et la divinité seule se montre. Cest là que de toutee parts on rencontre les cieux ; là le spectacle du jour a quelque chose de plus imposant , et la nuit de plus terrible ; là , le retour constant des saisons est marqué par de plus grands effets ; l'œil , en découvrant autour de lui des espaces sans bornes , est plus frappé de l'étendue de l'univers , et de la main qui en a tracé le plan. Il ne faut donc pas s'étonner si les premiers peuples du monde , qui étaient presque tous des peuples pasteurs , et surtout les Orientaux qui , habitant un plus beau climat, doivent plus aimer et sentir la nature , ont donné à leurs éloges religieux un caractère que l'on ne trouve point parmi nous. Dans nos climats d'occident , et surtout dans une grande partie de notre Europe moderne , nous avons commencé presque tous par être des espèces de sauvages , enfermés
(i) Voyex une hymne h Bacchos, dans Ovide; l'hymne k Hercule, dans Virgile , et plusieun hymnes dans Horace. On peut y joindre le PervigUium Feneris , qui probablement ^uit une hymne qu^on chantait dans les fétcs de V^nus.
SUR LES ÉLOGES. ii
dans des forits et sous un ciel triste ; ensake nous avons été toat à la fois corrompus et barbares par des circonstances stngoH<?re$ et des mélanges de nations ; enfin , nous avons fini par être corrompus et poKs. On voit aisément que dans ces trois époques « les éloges religieux ont dA être Aiifcles et froids. Notre seul mente aujourd'hui est d'avoir mis quelque pureté de stjle dans un genre d'ouvrage le plus susceptible de beautés fortes , et qui semblerait devoir être grand et sublime, comme le tableau de la nature.