‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 2)Chapitre 72 sur 141 · SUR LA VIE DE DESCARTES PAR BAÎLLET · texte numérisé non relu

SUR LA VIE DE DESCARTES PAR BAÎLLET

niEW »1 la lltLIOTMI^VI Dl llfMK.

Le catalogue imprimé des manuscrits de la bibliothèque de l^yde (i) m'avait donné des espérances qui, grâce à Dieu , n'ont pas été tout à fait vaines.

Le bibliothécaire de Leyde est M. Geel , connu de tous les amis de la philosophie ancienne par VHùloria eritiea Sophistarum (t). C'est un homme plein d'esprit et d'activité , et qui a eu la bonté de s'enfermer avec moi pendant tout un dimanche dans la bibliothèque , pour me la faire connaître en détail. Celle-ci est à kl fois très-belle , très-bonne et très-commode : elle est divisée comme celle de Gœttingue et comme celle d'Utrecht en autant de salles qu'il y a de grandes divisions bibliographiques : la théologie, la médecine, là jurisprudence, la philosophie, etc. On s'établit dans chacune de ces salles , qui sont plus ou moins grandes selon les matières qu'elles renferment, et on y travaille tout à son aise , entouré des livres dont on a besoin. Non-seul«nent les étudiants y sont admis un certain nombre de jours de la semaine ; mais on leur prête des livres , comme à Gœttingue et partout en Allemagne , sur leur signature , et sous la garantie d'un de leurs professeurs.

Cette bibliothèque contient d'excellents portraits. J'y ai vu avec un plaisir extrême ceux des Dousa , les fondateurs et les promoteurs de l'université de Leyde.

(i) Catalogus librorum tam impressoruni quam manu- •criplornm bibh'otbecae public9e Univereitatis Lugduno- Batavx. Lugd. Bat. 4716.

M. Geel a commencé par me montrer les manuscrits curieux , entre autres un vieux manuscrit français de Monstrelet , avec les plus belles vignettes. Ce sont de petits tableaux d'un coloris admirable , où il y a déjà de la composition et même du dessin. Je les signale à M. le comte de Bastard pour sa belle collection des peintures des manuscrits du moyen âge. M. Geel m'a fait voir avec orgueil le fameux manuscrit de Suidas, que M. Gaisford a fait collationner pour son édition , et dont les bonnes leçons sont maintenant imprimées. Il voulait me montrer aussi le commentaire inédit d'Olympiodore sur le Phédon qui a serri à Wyttembach; mais j'avais vu en Italie bien des manuscrits d'Olympiodore , et nous en avons d'excellents à Paris (s). J'ai donc prié M. Geel de me mettre en présence du véritable trésor de la bibliothèque de Leyde, je veux dire les papiers de Huygens. Biais cette riche collection ayant été mise à la disposition de M. Uylenbroeck, qui en a déjà tiré deux volumes in-4<* (i) , il fallut s'adresser à ce professeur qui eut l'obligeance de venir lui-même à la bibliothèque me faire les honneurs des manuscrits de son illustre compatriote. Là , j'ai vu de mes yeux, touché de mes mains une foule de lettres de Leibnitz , de cette écriture ferme et serrée qui n'est pas tout à fait celle de son siècle. Ces

(«) ln~8\ Trajecl. ad Rhenum, 1823.

(S) Voyez le Journal des Savanls, i834.

(4) Gbrisliani Hugenii... Hagae comitum , i835.

FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES

lettres 8ont pleines de révélations littéraires du plus haut intérêt ; par exemple elles nous apprennent que Leibnitz avait composé sur les Principes de Descartes le même travail que sur Y Essai de Locke. Adressées à Huygens , elles se rapportent surtout aux mathématiques et à la physique ; mais Leibnilz ne se retient pas toujours dans ces limites , et il lui échappe de loin en loin de ces traits vastes et profonds qu'il semait à pleines mains autour de lui avec la profusion et la négligence du génie. Dutens n'a pas connu ces lettres , et, en les publiant, M. Uylenbroeck a rendu à Fhistoire de Tesprit humain un signalé service. J'en témoignai ma vive reconnaissance au savant éditeur qu'un article du Journal des Savants (i) avait découragé au point qu'il avait à peu près renoncé à continuer sa publication commencée. Mais l'article en question , qui m'était encore présent , loin de faire voir l'inutilité de la publication de M. Uylenbroeck , en démontre au contraire l'importance , puisqu'il lui emprunte tant de lumières nouvelles sur la grande découverte du calcul différentiel , sur la fameuse querelle de Leibnilz et de Newton , et sur la cause ou l'instrument de cette querelle , ce Fatio de Duilliers , qui s'était mis entre ces deux grands hommes pour les brouiller, à peu près comme Sorbière entre Gassendi et Descartes. Enfin , c'est précisément de ces papiers qu'est sortie la célèbre note d'Huygens, avec les lettres de Leibnilz qui la confirment , sur le dérangement d'espril éprouvé par Newton ; document qui est la base principale de la discussion qui s'est élevée à ce sujet entre le docteur Brewster et le savant et ingénieux auteur de l'article. D'ailleurs , qui peut douter que la correspondance des grands hommes ne soit la source la plus sûre de renseignements certains sur leur vie, sur leur caractère, sur l'ordre de leurs travaux , et sur celui du développement de leur génie? Ainsi la correspondance de Leibnitz et celle de Descartes sont aux yeux de tout ami de l'histoire des monuments d'un prix infini. La correspondance d'Huygens n'a pas, il est vrai , la même importance ; car Huygens est déjà un homme spécial ; sa gloire et ses travaux appartiennent exclusivement aux mathématiques, tandis que Descartes et surtout Leibnitz embrassent le champ entier des connaissances humaines, et sont encore plus grands comme philosophes que comme géomèires. L'horizon d'Huygens est loin d'être aussi vaste. Il y a pourtant dans ses papiers , et surtout dans ceux que M. Uylenbroeck n'a pas encore publiés, bien des choses précieuses pour l'histoire de la philosophie , et je les aurais très-volontiers transcrites ; mais l'inlérêl de M. Uylenbroeck pour ces papiers paraissant se ranimer, je me contentai de lui dire que m'abstenir de copier de telles pages , c'était lui imposer l'obligation

(1) Année W54, pag.291.

de les publier. Je le priai seulement de me permettre de rechercher et de noter ce qui se rapporterait directement à Descanes , qui avait été lié avec Huygens et avec toute sa famille. En parcourant donc ces manuscrits qui sont très-volumineux , nous tombâmes sur un petit paquet que M. Uylenbroeck n'avait jamais examiné , et qui contient des remarques sur la vie de Descartes par Baillet. Ges remarques n'étaient destinées qu'à relever les erreurs de Touvrage de Baillet relativement à la famille de Huygens. Elles sont d'abord très-minutieuses ; mais peu à peu elles s'élèvent , et elles se terminent par un morceau sur Descartes , sur son caractère et sur ses travaux , qui me parait digne d'être médité et rapproché de plusieurs passages analogues de Leibnitz. En ma qualité d'éditeur de Descartes , je demandai à M. Uylenbroeck la permission de copier au moins ce petit morceau , en ne lui dissimulant pas l'intention de le publier. Il me l'accorda, et pour plus de bonne grâce , il voulut absolument que je le tinsse de sa main. Mais il me fil observer que ce morceau était très-défavorable à Descartes , et que , d'après moi-même, il était d'une sévérité voisine de l'injustice, c Oui , lui répondis-je , mais il est sur Descartes et de la main d'Huygens ; par conséquent je ne me crois pas le droit de le dérober à la connaissance du public devant lequel se débat le grand procès de l'appréciation parfaite des grands hommes. G'est une pièce de ce procès ; il la faut publier, quelque usage qu'on en fasse , et qu'elle tourne à l'honneur de Dc»carles ou contre lui. i

Cependant, je ne pouvais me persuader qu'il n^y eût pas à Leyde quelques lettres inédites de Descartes lui-même. Il avait habité longtemps Endegeest, maison de campagne à côté de Leyde , sur la route de Harlem. Il avait été lié non-seulement avec les Huygens, mais avec beaucoup d'autres savants hommes et de Leyde et de toute la Hollande. Je priai donc M. Geel de vouloir bien me communiquer le recueil de toutes les lettres inédites que contient la bibliothèque. Ges lettres ne sont pas cataloguées. Je parcourus plusieurs paquets , entre autres , les deux gros volumes du legs de Papenbroeck. Je rencontrai un bon nombre de lettres inédites de Bayle , de Grotius , de Gassendi , de Heinsius , des Junius , deux lettres françaises de Mersenne ; enfin , plusieurs morceaux autographes de Descartes. Je reconnus immédiatement sa main et sa signature. Je tombai d'abord sur un billet fort insignifiant à son horloger , mais écrit en hollandais , dans le plus mauvais hollandais, à ce que me dit M. Geel, qui a eu la bonté de me copier et de me traduire ce petit morceau : il est de l'année 1643. Je trouvai ensuite deux autres lettres plus intéressantes de cette même année , l'une en français, l'autre en latin , toutes deux adressées à M. Golvius , à Dordrecht , et se rapportant

LETTRES INÉDITES DE DESCARTES

à la querelle de Descartes et de Voet , avec une réponse latine de M. Colvius , correspondant de Descartes qui ne nous était pas connu jusqu'ici. Ce sont là les seules petites découvertes cartésiennes que j'ai faites en Hollande, où je suis convaincu qu'un plus long séjour mettrait sur la voie de découvertes tout autrement précieuses.

A M. Colviiis , minisire de la parole de Dieu , à Dordrechl,

f Monsieur,

c Les nouvelles du ciel que vous m'avez fait la faveur de m'escrire m'ont extrêmement obligé; elles m'ont esté extrêmement nouvelles, et ie n'en avois point ouy parler auparavant ; mais on m'a escrit depuis de Paris que M. Gassendi , qui est héritier de la bonne et célèbre lunette de Galilée , ayant voulu chercher par son ayde ces 5 nouvelles planètes autour de Jupiter, a iugé que ce n'estoient que des estoiies fixes que le bon père capuchin aura pris pour des planètes , de quoy on pourra aysément découvrir la vérité , et les quatre planètes desia cy-devant découvertes autour de Jupiter ont donné tant d'admiration que les cinq autres De la peuvent guères augmenter.

f J estois en la description du ciel et particulièrement des planètes lorsque votre lettre m'a esté rendue ; mais estant sur le point de déloger d'icy pour aller demeurer auprès d'Alcmaer op de hoefoh i'ay loué une maison ; et ayant entre les mains un mauvais livre de Philosophia Carlesiana que vous aurez peut estre vu et dont on dit que H. Voetius est l'autheur , i'ay quitté le ciel pour quelques iours , et ay brouillé un peu de papier pour tascher à me défendre des iniures qu'on me fait en terre ; et ie m'assure que tous ceux qui ont de l'honneur et de la conscience trouveront ma cause si iuste que ie ne craindray pas de la soumettre à vostre ingement, bien que i'aye affaire à un homme de vostre profession ; et ie vous supplie de me croyre , c Monsieur

f Vostre très-humble et obéissant serviteur < Descartes. »

O^Eodegeest, ce 20 avril 1643.

Réponse de Colvius à Descartes.

I Nobilissime vir ,

c Accepi apologeticum scriptum tuum , legi illud et dolui. Quid enim aliud potui in acerrimo certamine amicorum meorum? quorum unum semper propter eminentem cognitionem in philosophicis , alterum propter theologica scstimavi. Hactenus vos fuistis antistites Dei et naturse, qui optima et facillima via

nos (i) ad summum ens illiusque proprietates ducere debent genus humanum. Quam vero horrendum utrumque atheismi crimine accusari , idque ab iis qui atheismum maxime detestantur ! Ille te atheum speculativum , quales nullos rêvera esse affirmât , probare conatur , sed sine ratione et charitate , quae saltem non cogitât malum nec est suspicax ; tu illum conaris probare atheum practicum , horresco referens, hominem futilem, perfidum, mendacissimum et diabolicum. Si talis , quomodo iam cathedram aut suggestum ascendere audebit? quomodo magistratus eum tolerare amplius poterit? quomodo ex ipsius ore populus et studiosa iuventus sacra haurire poterit? Ad quid haec scripta prosunt, nisi ut omnis eruditio omnium risui exponatur , et doctos quam maxime insanire omnes rêvera judicent , qui nihil sapiunt in propria causa ? Vereor ne in respondendo leges charitatis D. Voetio prescriptas observaveris : non enim solum neminem primo laedere nec factis nec verbis nec scriptis debemus, sed nec reddere malum pro malo ad explendam vindictam ; et quaecumque a malevolo animo procedunt , plus auctorem quam alium laedere soient : qu» a voluntate procedunt, ut vere ais, rêvera nostrasunt. Quanto praestaret utrumque certare pro gloria Dei , ostendendo nobis eius potentiam , sapientiam et bonitatem ex Hbro naturœ, et veritatem, iusticiam et misericordiam ex libre S. Scripturae ! Cur autem tantum vitia , infirmitates in oculos et mentem vestram inciirrunt , et virtutes egregiasque dotes non videtis , aut videre non vultis? Cur ille in te non videt subtile et vere mathemathicum ingenium , in scribendo modestiam sine alicuius oflensione , promissa maxima , quae elicere aut saltem patienter nobiscum expectaredebuit? C]ur tu non laudas in eo diligentiam indefessam , multijugam cognitionem linguarum et rerum, vitae modestiam, quaB infestissimi hostes eius in eo fatentur? Charitas cooperit mullitudinem peccatorum : sine ea sumus aquilse et serpentes in aliorum vitiis intuendis ; et tamen sine charitate nihil sumus. Quaeso, vir summe, da mundo quae tamdiu promisisti , et omitte rixas illas tetricas , quae ingénia praeclarissima inficere soient et sunt remone bonae mentis. Vides quam haec procédant ab animo vacuo ab omni maie olentia , ut me arctiori affectu constringas. Vale. »

Oordraci,9JuDill643

Clarissimo et prœslanlissimo viroA, Colvio Theologiœ doctori R. Deseartes S. D.

I Non ita mihi complaceo ut nihil a me fieri existimem , quod merito possit reprehendi ; et tanta teneor cupiditate errores meos cognoscendi , ut etiam iniusle reprehendentes , quibus non est animus malus,

(i) Dele nos aut supple et post debent.

il A

mihi toleant esse pergrati. Et Mne diibitare non débet quin litters quat a te accepi summopere me tibi de- Yincîant. Etsi enim in ilUs quaedam mea reprehendas, in quibus non mihi videor valde peccasse , ac me comparas cum homine a quo quam maxime differre velim , quia tamen ab animo peramico simulqae ingenno et pio profectas esse animadyerto, non modo illas libenter legi , sed etiam reprehensionibus tuis assensus sum. Dolendum est quod non omnes homines cornmodis publicis inserviant , et aliqui sibi matao nocere conentur. At iustam defensionem meœ famae suscipere cogebar , et uni forsan nocere ut pluribus prodessem. Transgressus sum leges charitatis ; at cr^idi me ad cas erga illum non magis teneri quam erga ethnicum et publicanum, quia audiebam ipsum nec fratrum suorum nec etiam magistratuum precibus flecti potuisse. Non celebravi eius egregias dotes, vel non vidi : nam indefessos labores , memoriam, et qualemcumque doctrinam, tanquam instrumenta vitiorum iimenda in eo esse putavi , non laudanda ; Titse vero probitatem et modestiam prorsus non vidi. Petis etiam cui bono?Ego bonum pacisquaesÎTi ; nimis enim multi adversarii quotidie in me insurgèrent , si nullas umquam iniurias propulsarem. Non dico quid de eo iam fiet , neque enim scio ; sed eius domini super bac re videntur velle deliberare , ut ex celebri eorum programmate forte notasti. Quid vero ad illud respondeam, in chartis hic adiunctis si placet leges , et scies eo pluris me facere virtutes tuas , quo aliorum vitia magis aversor. Vale. >

IgmuBdc op de Boette JulU 1641.

Lettre de Descartes, au sieur G. Brandt , horloger, demeurant à Amsterdam.

TA40UCTI0II.

€ Monsieur Gerrit-Brandt,

c Je vous euToie mon horloge , et je vous prie de faire faire la chatne , et de Ty appliquer, comme nous sommes convenus ensemble , excepté que je vous ai parlé d*une chaîne de 42 aunes. Craignant qu*elle ne soit trop longue et trop difficile à appliquer et qu'elle ne cause de Tembarras , je crois qu'il vaudra mieux prendre la moitié de cette longueur, d'après la mesure de la corde , que j'ai jointe à l'horloge. Je vous envoie en même temps les poids et la poulie, à laquelle le plus léger des poids doit être suspendu. Pardonnezmoi mon mauvais hollandais.

f Votre bienveillant ami.

< Dbscartes. >

B'BKmond op de Hoef, 18 JuHlet I64S.

(i) Je dois la communication de cette lettre à Tobligeance de M. Ghambry.

Puisque j'ai donné ici plusieurs lettres nouvelles du père de la philosophie moderne , qu'il me soit permis d'en citer encore une autre également inédite et bien plus intéressante , et qui se rapporte à l'histoire des Méditations {\),

i Mon révérend père (f),

f Je n'ay pas beaucoup de choses à vous mand^ à ce voyasge à cause que je n'ay point receu de vos lettres , mais je n'ai pas voulu différer pour cela de vous envoyer le reste de ma response aux objections de M. Arnaut. Vous verrez que j'y accorde tellement avec ma philosophie ce qui est détermmé par les conciles touchant le saint sacrement, que je prétends qu'il est impossible de le bien expliquer par la philosophie vulgaire ; en sorte que je croy qu'on l'auroit rejetée comme répugnante à la foy , si la mienne avoit esté connue la première. Et je vous jure sérieusement que je le croy ainsy que je l'escris. Aussy n'ay- je pas voulu le taire aflSn de batre de leurs armes ceux qui meslent Arist6te avec la Bible , et veulent abuser de l'authorité de l'Église pour exercer leurs passions ; j'entends de ceux qui ont fait condamner Galilée , et qui feroient bien condamner aussy mes opinions s'ils pouvoient en mesme sorte. Mais si cela vient jamais en dispute , je me fais fort de monstrer qu'il n'y a aucune opinion en leur philosophie qui s'accorde si bien avec la foy que les mienes. Au reste , je croy que sitost que M. Arnaut aura vu mes responses, il sera tems de présenter le tout à la Sorbonne pour eu avoir leur sentiment , et de le faire imprimer. Pour la grandeur du volume et les charactères de l'impression , les titres que j'ay omis et les avertissemens au lecteur , s'il est besoin de l'avertir de quelque chose que je n'aye pas escrit, je m'en remets entièrement à vous qui avez desja pris tant de peine pour cet escrit que la meilleure part vous en appartient.

( Je suis,

€ Mon révérend père, f Votre très obligé et très passionné serviteur,

I Descartes. > Du jour de Païquet 1641.

c Je vous envoie un escrit pour le libraire que vous ne trouverez pas daté de Leyde , à cause que je n'y demeure plus, mais à une maison qui n'en est qu'à demi lieue, en laquelle je me suis retiré pour travailler plus commodément à la philosophie et ensemble aux expériences. 11 n'est point besoin pour cela de changer l'adresse de vos lettres, ou plutost il n'est point besoin

(t) Le père Mersenne.

LETTRES INÉDITES DE DESCARTES

d'y mettre aucune autre adresse que mon nom , car le messager de Leyde sçaît assez le lieu où il les doit envoyer.

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