SIS
c Je ne m'étonne point ri M. Tabbé Fâydit a irrité cnUMToneê (i) en attaquant toute la théologie acolatlîque (i). Christophoraa à capiu fotUium avoit fait un livre autrefois de neeessarid theologieœ êcolasiiea emendatione ; mais ce n'estoit que sur une matière particulière.
< Cet abbé Cordemoy, qui a écrit contre les sociniens depuis peu , est-ce le même que celui qui a écrit du dUeememefU du corpê et de rame? Si cela est , je m'étonne qu'il ne continue pas son histoire de France (s).
c M. Placcius continue de travailler à une nouvelle édition de Anonymie et Pseudanymie (4). 11 a eu depuis peu un manuscrit de feu M. Colomiés (v) de ecriptaribus dubiis, dont il profitera en citant l'auteur.
c Un sçavant abbé italien , professeur de matlîématîques à Padoue , qui donne fort dans ma nouvelle hypothèse philosophique ^ donnera un ouvrage sur saint Augustin , de quanlilate animœ , qu'il dédie au cardinal Noris. Voici (e) des vers sur ce cardinal, qu'uD ami protestant a faits , il y a longtemps, et auxquels mon distique ,
Purpura Nurisinm tandem TeDerabilU ornât, Omatarque ipso purpura Norisio.
en vous écrivant, a donné occasion; aussi l'a-t-il çncU^ dans ses vers : il m'a défendu de le nommer.
f Je ne sçay si je vous ay prié de tâcher d'apprendre par la faveur de M. d'Avranches (pour lequel je répète mes témoignages de vénération ) , si on ne pourroit trouver à CouUnces des papiers regardant les négociations d'un évéque de Coutances, qui fut un des légats du concile de Bàle aux Bohémiens.
c Je n'ai paè encore vu le portrait de feu M. de Court (7). M. Morel m'a dit des merveilles de cet excellent homme, et me l'a fait regretter extrêmement.
c Je suis , etc.
€ Leibniz, i
Dans ces trois lettres de l'année i 696, on peut distinguer trois points intéressants : i® la recherche d'un correspondant à Paris; 2^ la demande de documents historiques; 5» ce qui se rapporte à Descartes.
\^ En même temps que Leibnitz écrivait à Nicaise pour lui demander un correspondant, il en faisait
(I) Sic.
(s) Il s'agit du livre intitulé : Altération du dogtM théologique par la philoêophie â^Àrietote, ou fausses idées des scolastiques sur les tnatières de religion, — 1686, in-i2.
(s) L'abbé de Cordemoy , auteur du Traité contre les sociniens, 1696, in-12, était le fils de racadémicien , connu par son Histoire de France jusqu'en 087, et par divers écrits philosophiques.
autant auprès de l'antiquaire Morel. Celui-ct lui avait indiqué un de ses amis , antiquaire aussi , M. Toinard , et il lui avait donné pour lui une lettre de recommandation. M. Brunet, l'estimable auteur du Manuel du libraire , qui possède toute la correspondance manuscrite de Toinard , a bien voulu nous laisser copier la lettre dans laquelle I^eibnitz envoie à Toinard celle de Morel.
A M. Toinard, à Paris ^ rue Maxarine, chez M. Des Noyers.
• HanoTer, 9 mai 1G97.
c Monsieur,
€ Quoique M. Morel, notre commun ami, m'ait envoyé la cy-jointe pour vous , sur ce que je l'avois prié de me donner un bon correspondant, ne sachant point que j'avois déjà l'honneur d'être connu de vous ; je n'ai garde pourtant de me servir de son intercession ; j'ai la conscience trop délicate pour cela; et ce seroit pécher in pubJica commoda que de vous demander un commerce de notices curieuses ; il ne faut pas pour cela un savant du premier rang , tel que vous êtes. Ceux qui sont propres pour cela doivent être medii gradue. Vous m'en pouvez choisir, mais vous ne le devez pas être vous-même. Je viens de donner au libraire une Belation de l'établissement autorisé du christianisme dans la Chine , faite par le R. P. Suarez, recteur du collège de Pékin , et j'y ai ajouté quelques extraite .des lettres des RR. PP. Grimaldi , Thomas et Gabillon , dont j'ai reçu la première moi-même , et les autres m'ont été communiquées. Le dernier, écrivant aux RR. PP. de La Chaise et Verjus , explique les raisons des démêlés entre les Moscovites et les Chinois un peu plus distinctement que le R. P. Lecomte. J'ai pourtant eu soin de ne rien mettre dans ces extraite que je croie pouvoir déplaire k ceux qui ont écrit ou qui ont communiqué les lettres. Pai mis une préface devant ce petit recueil , où je dis , entre autres choses, qu'en considérant la connexion présente des mœurs en Europe , je crois qu'il seroit presque aussi nécessaire que les Chinois nous envoyassent des missionnaires pour prêcher la religion naturelle, qu'il est nécessaire que nous leur en envoyions pour prêcher la religion révélée.
c Si vous voulez répondre , monsieur, à la question
(a) Elle ne parut qu'après la mort de Placcius, en 1708, in-fol.
(5) Bibliographe français réfugié It Londres, mort en
(6) Ces vent annoncés ne se trouvent pas dans la Retue des deux Bourgognes.
(7) Ouvrage de Tabbé Genest, publié en 1696, in-8\ Il s'agit de Charles de Court, frère aîné de Tabbé. Charles était mort en 1694.
Î14 FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES
qui regarde là médaille de Zenodore, dont M. Morel TOUS parle , vous u'avez qu'à m'envoyer sa réponse , qui sera rendue bien plus tôt que sa lettre ne vient à vous , parce qu'un accident a fait que je n'ai pu vous l'envoyer plus tôt.
c Je vous supplie , monsieur, de me dire votre sentiment sur les nouvelles cartes de messieurs de l'Académie royale des sciences et de M. Le Fer, contre lesquelles M. Yallemont (i) fait des objections suivant les principes de M. Isaac Vossius. Il est bien sûr que M. Vossius a grand tort d'accuser comme il fait les observations astronomiques ; cependant il se peut qu'il y ait du défaut dans l'application , et il seroit bon de comparer les mesures de ces messieurs avec celles des Arabes.
Je voy que la bibliothèque orientale de feu
M. d'Herbelot est enfin publique. J'en suis réjoui. Je voudrois l'avoir aussi bien que le Dictionnaire du bon P. Tbomassin , quoique je m'imagine qu'il est trop facile à contenter dans la réduction qu'il fait des autres langues à la langue hébraïque.
< Un de mes amis me demande avec empressement un livre imprimé à Witemberg il y a plusieurs années, dont le titre est Adam Bohorix horœ Arclicœ de anlpqua lingua camiolana.
« Si vous pouviez , monsieur, me délivrer ce livre , vous me feriez une grâce singulière, car je voudrois le faire copier tout exprès pour satifaire à cet ami , et croirois ces petits frais fort bien employés.
€ liCS gazettes nous ont parlé d'un homme qui a des inventions mécaniques merveilleuses, pour lesquelles il a obtenu privilège du roi. Je m'imagine qu'il en faudra toujours rabattre un peu ; cependant Û se peut aussi qu'il ait quelque chose de bon. On parloit entre autres de son carrosse inversable. Comme vous êtes presque l'unique, en ce que vous pénétrez également dans l'intérieur des sciences aussi bien que des belles choses, j'ose bien vous supplier, sans oser ni vouloir demander une correspondance réglée , de me faire part quelquefois des nouvelles découvertes, pourvu que cela se puisse sans votre incommodité.
f Je suis avez zèle , « Monsieur, c Votre très humble et très obéissant serviteur, c Leibniz, i
€ Est-il vrai que le médecin ou plutôt paysan de Chauderay fait tant de cures excellentes? on le dit : $ed viœ ego credtdus illis. »
Toinard n'ayant pu servir de correspondant à Leib-
(i) Prêtre et docteur en théologie, né en 1649, mort en
nttz , Nicaise s'efforça de lui en trouva un autre , et il fit choix pour cela d'un de ses amis nommé Pinsson , avocat au parlement de Paris. Il donne cette petite nouvelle à Huet,
(Correspondance de Huet.)
u Dijon, 18 août 1671.
c ... J'ai donné M. Pinsson pour correspondant à M. Leibnitz; un plus grand savant ne lui se^it peut-être pas si utile , et ne se donnerait pas autant de peine que lui pour servir les uns et les autres... >
II. Sur les documents historiques demandés par Leibnitz , voici la réponse de Huet.
(Correspondance de Nicaise, t. !•'', n9 72.)
« Paris , le 28 férrier 1897.
c ... Je ne laisserai pas de satisfaire à ce que vous me demandez de la part de M. Leibnitz. Notre assemblée provinciale est indiquée à Gaillon pour le 18 du mois prochain. Je me servirai de cette occasion pour savoir de Mgr. de Coutances s'il a dans le chartrier de son évèché quelques actes de son prédécesseur qui fut député vers les Bohémiens par le concile de Bâle. Je puis cependant vous dire par avance et presque vous assurer qu'il ne s'y trouvera rien de ces actes , et que ce n'est point là qu'il les faut chercher. Les chartriers des églises ne contiennent que les titres qui concernent les droits de ces mêmes églises , et non ceux qui regardent les personnes des évoques. Ce serait dans la famille de celui qui fut député par le concile qu'il faudrait chercher les actes de cette légation , ou parmi les actes du concile même. . .