‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 2)Chapitre 95 sur 141 · IÎ · texte numérisé non relu

IÎ

FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES

ment la modération et la bonté qoi ne Tont jamais abandonné avec un courage poussé quelquefois jusqu'à rimprudence. Voici un trait de bonté ingénieuse qui peut donner une idée de son âme (i). Fourier avait été chargé, comme membre du comité de surveillance du département de TYonne, de je ne sais quelle mission pour Tonnerre. En s'y rendant il rencontra dans la voiture publique un homme avec lequel il lia conversation; et celui-ci , séduit par Tamabilité de son interlocuteur, lui apprit qu'il était aussi chargé pour Tonnerre d'une mission politique de la nature la plus grave. Il s'agis* sait de faire arrêter et traduire au tribunal , c'est dire à peu près d'envoyer à Téchafaud , une personne de Tonnerre que Fourier ne connaissait presque pas, mais qu'il avait toutes raisons de juger innocente. En descendant de voiture , le député devait requérir l'arrestation de cette personne. Fourier s'attacha à cet homme , s'insinua dt plus en plus dans sa confiance , et, arrivés à Tonnerre , l'invita à déjeuner avec lui à son auberge ; là il mit en usage toute son habileté et toutes ses grâces pour le garder et lui faire oublier sa mission. Impossible de faire prévenir la personne en question, car c'était mettre dans sa confidence un domestique qui aurait pu le trahir ; et d'un autre côté , si Fourier quittait un moment son homme , celui-ci s'en allait tout droit à la municipalité requérir la force armée. Dans cet embarras , après avoir épuisé toutes ses ressources d'amabilité pour retenir volontairement son convive, il sortit sous quelque prétexte de la chambre où ils déjeunaient, et en s'en allant, il ferma doucement la porte à double tour, et courut prévenir celui que menaçait un si imminent danger. Cependant notre député ne voyant pas revenir Fourier, s'impatiente, veut sortir, et, se trouvant enfermé, se met dans une colère extrême. Bientôt Fourier arrive , s'excuse comme il peut de la mauvaise plaisanterie qu'il vient de lui faire , et ne voulant pas le perdre de vue , lui propose par politesse de l'accompagner à la municipalité. Chemin faisant , ils rencontrent l'homme menacé et averti , qui gagnait la porte de la ville. Que le député l'eût aperçu , et c'en était fait du pauvre diable. Pour détourner l'attention de son compagnon , Fourier s'arrête devant une enseigne de boutique qu'on venait de peindre, et se met à en commenter les beautés avec une éloquence qui tient les yeux et l'esprit de notre homme fixés de ce côté de la rue , pendant que de l'autre l'homme suspect s'écoule inaperçu.

Je citerai maintenant un trait de courage qui réussit moins bien à Fourier. Un nommé Ichon , membre de la Convention, était alors à Auxerre avec les pleins pouvoirs d'un représentant du peuple , et spécialement

(i) Je tiens cette anecdote de M. PouiTlet, professeur de physique à la faculté des sciences, qui la tenait de Fou-

chargé de la remonte des chevaux. Il envoya Fourier à cet effet dans le département du Loiret. Celui-ci , arrivé à Orléans, y trouve le conventionnel Laplanche qui , pour se rendre populaire , faisait faire au peuple des distributions de vin et de viande, et en même temps s'entourait d'un appareil de luxe qui contrastait avec la misère générale et la rudesse des habitudes du temps. Notre jeune patriote s'indigne, et attaque à la société populaire d'Orléans la conduite du redoutable représentant. Lapkinche irrité écrit à Paris au comité de salut public , qui écrit à son tour à khon à Auxerre , pour se plaindre qu'il eût confié une mission à un homme qui osait entraver les opérations d'un représentant du peuple ; et il y eut un décret de la Convention qui déclara Fourier indigne de la confiance du gouvernement, et incapable de toute mission pareille à l'avenir. A la réception de ce décret , Ichon perd la tête , et , de peur qu'on ne l'accuse de complicité avec Fourier, lance contre lui un arrêté pour qu'il soit appréhendé partout où il se trouvera et guillotiné sur-le-champ. Fourier, après avoir achevé sa mission dans le Loiret , s'en revint à Auxerre , oè il aurait couru le plus grand danger si la société p<^laire et le comité de surveillance ne se fussent mis entre Ichon et lui. More , député du département de l'Yonne à la Convention , qui était alors à Auxerre , s'employa efficacement pour son jeune et savant omipalriote. C'était la première injustice qu'éprouvais Fourier : elle le révolta , et il voulut avoir raison da décret du comité de salut public. Il vint donc à Paris plaider lui-même sa cause. Il fut présenté à la société des Jacobins et introduit auprès de Robespierre ; mais il parait qu'il réussit fort médiocrement auprès de ce dernier ; car peu de temps après son retour à Auxerre, il fut incarcéré par ordre du comité de salut public. Tout ce qu'il y avait d'honnêtes gens à Auxerre réclamèrent en sa faveur, et il fut mis en liberté. Huit jours après , nouvel ordre d'arrestation. L'estime dont Fourier jouissait à Auxerre était si grande , qu'une députation officielle de la ville fut chargée d'aller à Paris demander sa mise en liberté. Saint-Just reçut la députation avec beaucoup de hauteur. Il convint des talents de Fourier, et n'accusa pas même ses sentiments ; mais il lui reprocha de la tiédeur, c Oui , div4l, il parie bien , mais nous n'avons plus besoin de patriotes en musique. > Et en effet il se préparait à agir quand le 9 thermidor l'arrêta et délivra la France.

Telle fut la première leçon que reçut Fourier : ce ne fut pas la dernière.

Pins tard, quand la réaction thermidorienne égala presque les excès qu'elle voulait punir, ce même Fév-

rier Ini-mènie; la seconde me vient de M. Roux, et M. Ifavier m'a assuré Taroir aussi entendu racontar à Fourier.

NOTES ADDITIONNELLES A L ÉLOGE DE M. FOURIER

rier que k eomité de salut public avait si fort maltraité , fat arrêté comme jacobin et fauteur de Robeafûerre. On vint le prendre un matin cbez lui , rue de Savoie 9 et sans presque lui donner le temps de s'habiller, on le conduisit en prison avec des propos qui ne sont jamais sortis de sa mémoire. Quand la garde qui remmenait passa au bas de Tescalier, près de la portière de la maison : c J'espère , leur dit celle-ci , que vous allez bientôt nous le renvoyer. — Tu pourras Uû-mème , lui répondit le chef des sbires , venir le prendre en deux. » Et cette fois c'en était fait de Foorier, si ses collègues de l'école polytechnique ne lussent intervenus en sa faveur. Mais il faut expliquer comment il se trouvait alors à Paris.

Sorti des prisons d'Auxerre le 9 thermidor, Fourier reprit ses occupations à l'école militaire , alors collège national. Mais la Convention venait de cré^ une institution à laquelle il ne pouvait demeurer étranger, je veux parler de l'école normale. Le but de cette grande institution était de former des professeurs pour toute l'étendue de la république. Dans les autres écoles , on enseignait seulement les diverses branches des connaisiiances humaines; là on enseignait l'art de les enseigner ; de là le litre d'école normale (i). Les élèves devaient être des citoyens de toutes les parties de la France , au nombre de quinze cents, choisis et présentés par leurs districts, comme se destinant à l'enseignement de telle ou telle branche des sciences. Ces quinze cents élèves étaient entretenus aux frais de leurs districts , et ils devaient y être renvoyés après le cours normal pour y répandre la haute instruction qu'ils avaient puisée à Paris. Les professeurs étaient les premiers hommes de France en tout genre , bien connus pour avoir créé ou perfectionné les méthodes qui ont fait faire des progr^ aux sciences ou qui en ont rendu Faequisition plus facile (a). Chaque cours devait se composer de leçons où le professeur parlerait seul , et de conférences où les élèves l'interrogeraient et seraient interrogés par lui. Un sténographe recueillait et un journal spécial publiait tout ce qui se disait dans les leçons et dans les conférences (5). Fondée par un décret de la Convention , du 9 brumaire an m (50 octobre 1794), organisée par un arrêté des représentants du peuple délégués pour veiller à l'exécution du décret, l'école normale devait bientôt s'ouvrir. Le district

(i) Od appelait cette école tantôt les écoles normales ,. tantôt l'école normale. Le plariel 8e rapporte à la diversité des cours normaux; le singulier exprime la réunion de ces cours dans un même établissement.

(a) Voici la liste des cours et des professeurs :

i« Mathématiques, 2» Physique, 5<» Géométrie descriptive, 4* Histoire naturelle »

Lagrange et Laplace.

Haiiy.

Monge.

Daubenlon.

d'Auxerre avait déjà fait choix d'un élève ; mais celui de Saint-Florentin vint s'adresser à Fourier pour le représenter. Fourier accepta cette proposition , et c'est ainsi qu'il vint habiter Paris. L'hiver de 4795 était fort rude ; il gelait à pierre fendre , et le verglas était tel qu on pouvait à peine faire un pas dans les rues. Cependant il fallait aller tous les jours au bout de Paris , au Jardin des plantes , dans l'amphithéâtre du Muséum d'histoire naturelle, chercher des leçons dans une salle sans feu , et pour ainsi dire en plein air. Ou recevait d'abord 100 francs par mois ; mais bientôt cette somme devint insuffisante , la disette survenant , et les élèves qui n'avaient pas d'autres ressources vivaient dans une gêne extrême. Mais t'enthousiasme surmontait tout; et, en vérité, ces leçons devaient avoir un vif intérêt pour ceux des auditeurs qui étaient capables de les suivre. En quelques leçons, le professeur déroulait l'ensemble de la science avec une méthode supérieure , et l'agrandissait par ses propres recherches; la réunion des diverses leçons formait une encyclopédie des connaissances humaines animée d'un même esprit , qui était l'esprit du temps. L'école normale d'alors avait tout ce qu'il lui faut pour imprimer une direction une et forte , mais elle supposait des connaissances préalables , qui malheureusement manquaient à presque tous les élèves. Aussi ces leçons admirables pcH-tèreni peu de fruits, et l'école, ouverte en pluviôse , fut fermée en prairial , sur le rapport de M. Daunou. Il aurait fallu 1^ que les cours de l'école normale durassent plusieurs anné^ ; â"" que les élèves» en arrivant , apportassent les connaissances préliminaires indispens^es ; 5^ qu'un règlement intérieur, à k fois libéral et sévère , donnât le moyen de s'assurer du travail et des progrès des élèves. Ce sont là les bases sur lesqndles a été fondée l'école normale de l'empire , école moins gigantesque mais plus pratique, qui a duré parce qu'elle était nécessaire et apfMrq>riée à son but ; qui, de 1810 à 1820, a changé la face de trois grands enseignements, celui de la langue grecque , celui de l'histoire et celui de la philosophie , ou qui , pour mieux dire , les a créés tous les trois ; école qui a eu l'insigne honneur d'être frappée la première par les ennemis des lumières en 1832, et dont le rétablissement et le perfectionnement , en 1850 , sont un des premiess bienfaits du nouvel

5*» Chimie, 6« Agriculture, ?• Géographie, 8« Histoire, 9« Morale, 10** Grammaire,

BerlhoUet.

Thouin.

Bwiche et MenleUe,

Volney,

Bernardin de SI- Pierre.

Sicard.

11« Analyse de l'entendement. Garai.

42» Littérature , La Harpe.

(s) C'est le livre intitulé : Séances des Écoles normales. Il y en a une seconde édition de 1800.

FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES

ordre de choses (i). En 1795 , le plus grand mal était rignorance de la plupart des élèves, l^s confércDces, qui étaient la vie même de Técole , cessèrent bientôt , faute d'élèves qui voulussent et qui pussent y prendre part. Fourier s'attacha particulièrement au cours de géométrie descriptive de Monge. Il prit plus d'une fois la parole dans les conférences , et s'y fit remarquer par une extrême clarté et des connaissances historiques en géométrie (a). Monge , c'est-à-dire le professeur par excellence , distingua Fourier, et lui conseilla d'ouvrir an cours élémentaire de mathématiques à l'usage des élèves de l'école normale. Fourier suivit ce conseil ; et ce cours , qu'il faisait avec un soin extrême , était suivi par un nombreux auditoire. C'est dans cette situation que le trouva la clôture de l'école normale , au milieu de l'année 1 795. 11 avait alors vingtrquatre ans. Il s'était fait connaître avantageusement de Lagrange, de Laplace, et surtout de Monge; il entra, sous leurs auspices , à l'école polytechnique.

L'école polytechnique avait été fondée et oi^anisée dans l'an ni sur un rapport de Fourcroy. Son nom primitif était école centrale des travaux publics : elle devait contenir quatre cents élèves. Son but était de former des ingénieurs en tout genre et des hommes habiles dans les sciences et les arts d'application , et on y enseignait les parties des mathématiques et de la physique qui s'y rapportent. De là deux branches d'enseignement : 1® analyse mathématique avec ses applications à la géométrie et à la mécanique; 2® géométrie descriptive divisée en trois parties, stéréotomie, architecture , fortification ; à cette seconde branche se rattachaient la physique, la chimie , etc. Le cours complet était de trois ans. Les professeurs étaient ceux de l'école normale , Laplace , Monge , Berthollet ; et comme le bureau des longitudes , cette autre grande création de cette époque , publiait un annuaire , et l'école normale un journal, l'école polytechnique avait son journal aussi qui rendait compte des travaux inté-

(i) Voyez le Moniteur du 51 octobre 1830.

(3) Débats de l'École normale, t. I, p. 29. Quelques mots sur la déOnilion de la ligne droite d*Archimède.

(3) Journal de l'école polytechnique, cinquième cahier,

c 1^8 plus anciens traités qui nous soient parvenus sur c la mécanique rationnelle , sont ceux d'Aristote; ils ont c été loués sans mesure par ses commentateurs, et depuis t négligés sans examen. Ce philosophe parait avoir connu « les principes les plus importants de la mécanique. Il c expose, en termes précis, celui de la composition des c mouvements ^ ; il a même eu quelque idée de la mac nière dont les forces centrales agissent dans les mouve-

* Manire^liiin igilur qu5d Id secundùm diametrum In duabus fertur lalionibus, necessarid tecundùm laterum proporllonera fer- Itir. Quasit. mechan , cap. l i.

** Qu6d quidem ea qux circulum deceribit. duas tlmul feralur latloiies manifeAtum esl... omiii quidem circulum deacribendi lllud accidit, et ferlur eam lallonem ttecundùm circumrerentlam, illam \erô lu traïuveriumet tecundùm centrum. Çiuesi. mechan , cap. 11.

ressants et originaux qui se faisaient dans l'école , soil par des professeurs , soit par quelques-uns des élèves. Fourier ne fut pas d abord professeur en titre à l'école polytechnique , mais seulement un des substituts de ce qu'on appelait alors l'administrateur de police. Il y en avait trois , et chacun d'eux coopérait à plusieurs parties de l'enseignement, Fourier était chargé de la surveillance des études de fortification. Là , ayant affaire à des auditeurs tout autrement instruits que ceux de l'école normale , il eut occasion de faire connaître la méthode d'analyse algébrique qu'il avait découverte à Auxerre et consignée dans le Mémoire envoyé à l'Académie des sciences , sur la résolution des équations. 11 est certain qu'à l'école polytechnique il professait cette méthode ; car on a encore des programmes de son cours où elle est indiquée , programmes de la propre main de M. Dinet , un des élèves de l'école à cette époque , lequel a depuis reconnu authentiquement son écriture et la date du manuscrit. Ce fait incontestable, joint à la copie légalisée do mémoire antérieurement envoyé à l'Académie des sciences , ne peut laisser aucun doute sur la parfaite originalité de la méthode que Fourier a portée dans une des parties les plus difficiles de l'analyse algébrique. Je trouve aussi un autre monument de ses travaux d'alors dans le journal de l'école, cinquième cahier ; c'est un mémoire de statique contenant une démonstration nouvelle du principe des vitesses virtuelles. Plus tard il parlait Ini-méme avec satisfaction de cet écrit. Ce qu'il y a de plus remarquable peutêtre 9 est ce qui frappe déjà dans le peu de paroles qu'il prononça à l'école normale, je veux dire le besoin d'éclaircir et de simplifier les principes des sciences et une connaissance approfondie de leur histoire. Ici « pour la mécanique, il remonte jusqu'aux Grecs et jusqu'à Aristote. Il y a un passage curieux qui jette de la lumière sur plusieurs endroits très-obscurs des Questions mécaniques (s). Le style de ce Mémoire,

c ments en ligne courbe *\ Son explication physique de c la cause de Téquilibre des poids inégaux dans le levier c est ingénieuse, quoique imparfaite. Il rapporte à cette f première machine le tour, les moufles , les roues denc tées, le coin **% etc. : ailleurs, il enseigne que les forces c sont égales, lorsque les masses sont réciproquement c égales aux vitesses ****. Voilà ce qu'il me semble avoir c reconnu dans ces traités, à travers mille obscurités et t une foule d'idées singulières, ou qui paraissent aujour- « d'hui incohérentes. On peut ajouter que ses écrits c offrent les premières vues sur le principe des vitesses c virtuelles, »

*** Ea que circa vectem flunt^ad ipaam libram .. referuntur; alla autem ferè omnia que circi mechanicas tunt motlonea, ad Teclem. Quœtt. mechan. f cap. 1

*"* SI Igilur a est quod moret, /9 quod movelur, '/ loogltado per qoam motum eat , J tcmpus quo movetur, aanè cquall teonpore i aequalU vis a dimidium Ipsius ^ moveblt per longUudinem dupld majorcm quam y. Natur. auicufi , lib. vu, cap> vi.

NOTES ADDITIONNELLES A L'ÉLOGE DE M. FOURIER

clair et précis , a de plus toute Télégance que comporte le genre : on sent que Fauteur a passé par Tétude des bonnes-lettres. Ses leçons étaient célèbres à récole par Tagrément qu'il savait répandre sur renseignement sévère des mathématiques , agrément qui naissait sans effort d'une clarté parfaite , d'heureux et fréquents retours sur l'histoire des sciences , et du vif intérêt qu'il prenait lui-même aux choses et qu'il inspirait à ses auditeurs. Son amabilité personnelle ajoutait encore au charme de ses leçons. 11 a laissé dans l'école une mémoire vénérée et chérie. Le seul événement poKtique de cette époque de sa vie est son arrestation comme jacobm. Entré à l'école polytechnique dès sa première formation , il y resta jusqu'à l'expédition d'Egypte , c'est-à-dire jusqu'au mois de mai 4798. Il avait alors vingt^iuit ans. Tout le monde sait que ce fut à Monge et à BerthoUet que le général Bonaparte confia le soin de recruter les savants qu'il pouvait emmener utilement en Egypte; et Monge n'eut pas de peine à décider Fourier à le suivre. L'ardeur de la jeunesse n'était pas éteinte dans son àme , et il ne résista pas à l'idée de visiter la patrie de la géométrie et de l'astronomie , et à l'espérance de lui être utile.

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