‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 3)Chapitre 41 sur 71 · L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE

pas bit l'HiSioire des animaux, il a découvert le calcul infinitésimal, il a commencé la géologie, il arenouvelé la jurisprudence. A défaut d'Alexandre , il a conseillé Louis XIV et Pierre le Grand. La TkéoéUcéeeni le douzième livre de la Mélaphytique et le septième livre de la République élevés à leur plus haute puissance sur la base du christianisme. Lui seul pouvait retrouver la science de l'histoire de la philosophie qui s'était perdue dans la nuit des siècles ; il l'a recréée, et lui a donné d'abord une direction et un<$ destinée immortelle. C'est son esprit toujours subsistant qui a produit la philosophie allemande, et il semble qu'à mesure qu'elle se développe et s'élève, elle ne fait guère que se rapprocher de lui. Prendre un tel guide est donc déjà un signe de force, et un pareil choix est plein d'avenir.

Si ce long rapport a souvent fatigué l'attention de l'Académie, il lui aura prouvé du moins avec quelle religion nous nous sommes acquitté de notre tâche , et quel scrupule nous avons apporté à l'examen et à l'appréciation des mémoires d(mt nous avions à lui rendre compte. Nous croyons avoir mis hors de douce que les mémoires inscrits sous les n<* 5 et 9 sont supérieurs à tous les autres et qu'à eux appartiennent les honneurs de ce concours. Mais lequel des d^x est préférable à l'autre, c'est ce qu'après le plus mûr examen nous osons à peine décider.

Les mérites de ces deux excellents mémoires sont différents et se balancent. Pour la première partie de votre programme sur Tauthenticilé, le plan et le contenu de la Métaphysique d'Aristote, le n* 5 est incontestablement au-dessus du n^ 9 : il est et plus original et plus profond. Mais pour la seconde partie, à savoir rhistoire de rinOuence de la Métaphysique, le n» 9 reprend l'avantage : il est plus riche et plus complet. Enfin, dans la troisième partie, la plus difficile de toutes, l'appréciation de la Métaphysique et son rapport à la philosophie de notre siècle, si les conclusions du no 9 sont un peu plus vagues que celles du n!* 5, elles ont le mérite de n'être pas l'application rigide et un peu étroite d'un système donné, avec ses formules et sa terminologie. Ce qu'il perd du côté de la précision, il le regagne en indépendance. Maintenant, si du fond on passe à la forme, la supériorité est au n<» 9 ; mais peut-être un peu d'indulgence est-elle juste et de bon goût envers le n« 5, dont l'auteur est évidemment un étranger.

Après avoir longtemps hésité si elle ne partagerait pas le prix entre ces deux mémoires, votre seetîon de philosophie me charge de vous proposer de décerner le prix dont vous disposez au n<* 9 ; mais elle m'autorise en même -temps à exprimer en son nom le vœu et l'espérance que M. le ministre de l'instruction publique, membrede cette Académie, veuille bien veDiraoseeonrs de notre équité et de nos scrupules en faisant les fonds

DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES

d'an second prix poar récompenser unouTrageà tous égards aussi remarquable (pie le mémoire n^ 5.

Mais les deux mémoires que nous couronnons ne doiveni pas nous faire oublier le mémoire n* 1 , qui se distingue par une analyse étendue et une appréciation judicieuse de la Mélaphynqw d'Àristote. Votre section de philosophie a pensé que ce mémoire méritait une mention honorable.

En terminant ce rapport, que ce soit pour nous un dédommagement du trayail souyent ingrat que tous nous ayez imposé , de nous répéter à nous-méme et de rappeler à TAcadémie que ce concours a surpassé toutes nos espérances. Grâce aux travaux que vous avez suscités, le monument le plus obscur et le plus important peut^tre qui nous soit resté de l'antiquité philosophique, est aujourd'hui étudié, éclairci, approfondi. Les trois mémoires que vous honorez de vos suffrages, dès qu'ils seront publiés , répandront la connaissance de ce grand monument. Votre concours fera époque, messieurs, et son souvenir est désormais attaché à l'histoire de la Métaphysique d'Aristote. Permettez-nous de féliciter de ce résultat la philosophie et l'Académie.

Au nom de la section de phîloaopUe,

Le rapporteur»

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