RAPPORT A
I ^ Le prineipe 8ti|iréiiie de tonte réalité , dans
< rexistence comme dans )a pensée, est la forée où c rinfini et le fini se différencient et s'identifient sans « cesse dans le monTeroenl de la vie. Le système de f la pensée et du monde se développe par une proc gression harmonîqae, sur le principe de la force, « comme un dynamisme universel ;
c 5« La loi de la méthode philosopliique représente « la loi de la pensée et de Texistence ; c'est le dét veloppemenl et le renveloppement (analyse et syn- € thèse) , la réduction des différences à une unité de
< plus en plus haute, où elles retrouvent leur valeur f et leur vérité absolue, i
Nous avouons que nous n'avons pas le courage de soumettre à une analyse trop sévère de si riches espérances , un si généreux enthousiasme. Ceux mêmes qui ne partageraient pas la sécurité de Fauteur dans l'absolue vérité des principes qu'il vient de développer, ne pourront s'empêcher de rendre hommage k l'étendue et à Télévation de ses idées, à sa manière large et facile, à la vivacité et à la dignité de son langage. Pour nous, au nom même de l'intérêt que nous inspirent et le talent de lauteur et sa direction philosophique, nous l'inviterons à mûrir par une méditation patiente les germes déposés dans cet écrit, et au lieu de se prédpiter en avant, à revenir sur ses pas et à se rendre un compte sévère des notions fondamentales qui sont à la racine de sa théorie. Pins elle a de prix à ses yeux, plus il lui doit de la dégager de toute apparence chimérique et de lui imprimer sans cesse plus de rigueur 3t de précision.
II n'est pas difficile de reconnaître que l'auteur de ce mémoire a passé par la philosophie allemande. Nous le féliciierons d'avoir conservé dans ce commerce avec des génies étrangers la liberté de sa pensée ; d'avoir emprunté des inspirations à l'Allemagne sans subir le joug d'aucune école particulière. lAii-même déclare qu'il n'adopte exclusivement ni la doctrine de M. Schelling, ni encore moins, dit-il, celle deM. Hegel. L'une et l'autre pourtant ont visiblement animé et nourri sa pensée ; mais elles ne l'ont point enchaînée. Le seul système qu'il consente k reconnaître comme le Ibndement du sien, est celui de Leibnitz vivifié et organisé par la science moderne et où Taristotélisme est venu recevoir sa dernière transformation. Nous ne pouvons qu'applaudir à ce jugement et à ce choix : liCibnitz est un maître que les plus indépendants peuvent avouer. Placé au faite de la révolution cartésienne, leibnitz domine et résume tout le passé dont il possédait une connaissance et une intelligence profonde. C'est, selon nous, l'incarnation la plus complète qui ait encore paru sur la terre du génie de la spéculation et du génie de l'histoire. C'est le vrai Aristote moderne. Comme l'ancien , il unit retendue et la force. S'il n'a