TRADUCTION DU LIVRE DOUZIÈME DE LA MÉTAPHYSIQUE D'ARISTOTE
En outre , quelques-uns font Tenir ee qui est dn non-être; d'antres, pour échapper à cette nécessité, réduisent tout à Tuntté. Ensuite , personne ne dit pourquoi il y aura toujours génération, et quelle ^t la cause de la génération.
Quant à ceux qui posent deux principes, il faut qu'ils en admettent un autre plus puissant. De même les partisans des idées doivent admettre un principe supérieur aux idées ; car qui a produit et produit encore la participation des choses aux idées? Et pour les autres , ils sont forcés de donner un contraire à la philosophie et à la science la plus élevée , tandis que nous ne le sommes pas ; car le premier être n'a pas de contraire. En effet tous les contraires ont une matière et ne sont qu'en puissance. L'ignorance , le contraire de la science , impliquerait un objet contraire de l'objet de la science [qui est le premier être (i) ]. Or le premier être n'a pas de contraire.
Enfin , si Ton admet qu*il n'y a rien au delà des choses sensibles, il n'y aura plus ni principe , ni règle , ni génération , ni ordre céleste , mais une série de principes h l'infini , comme dans tous les systèmes de théologie et de physique.
Si on admet les nombres et les idées, elles ne sont
(1) Ajouté pour la clarté.
causes de rien, ou du moins elles ne sont pas causes du mouvement. Puis, comment de la non-étendue viendra l'étendue et le continu , car le nombre ne produira le continu , ni comme moteur ni comme easenee? Et on ne peut pas faire d'un contraire le principe de l'action et du mouvement ; car ce principe pourrait ne pas être. Dès lors l'acte est postérieur à b puissance ; les êtres ne seront donc pas étemels; or ils le sont ; il faut donc abandonner l'hypothèse des contraires. Nous avons dit comment.
En outre , par quel principe les nombres , on Tàme, ou le corps, ou en général toute essence est une, personne ne le dit et personne ne peut le dire, k moins de rapporter comme nous ces eflets à unecause motrice.
Enfin ceux qui prennent le nombre mathématique pour premier être , et , dans ce point de vue , iêoleni chaque existence, et établissent pour chacune des principes particuliers , font du monde entier une suite d'épisodes ; car alors peu importe pour une essence qu'une aulre existe ou n'existe pas ; et de plus leurs principes sont multipliés. Mais le m<mde ne veut pas être mal gouverné :
c Le eommandemenl de plueiewrs ne vaui rien ; U ne fauiqu*unniai&e(i), »
(3) Homère, Iliade, Bckk., p. 204.