‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 100 sur 212 · MAISON DE CORRECTION DBS JEUNES DÉTENUS · texte numérisé non relu

MAISON DE CORRECTION DBS JEUNES DÉTENUS

c Berlin, le 11 juhiinSI.

€ MONSIEim LE MmiSTUEf

t Outre la multitude d'écoles correspondantes à nos trois degrés d'instruction, Berlin possède une grande quantité d'établissements de bienfaisance qui ne se rattachent pas assez directement au but de ma mission pour que je vous en entretienne. Mais parmi ces établissements il en est un qu'on peut considérer comme un étsblisseroent d'inslruclton publique, puisqu'il renferme une école, et que c'est sur cette école que reposent en grande partie les espérances des fondateurs. Gel établissement est d'ailleurs si original , et en même temps si simple, que je ne puis résister au désir de vous le faire connaître ; et peutêtre, si vous en parlez k des personnes qui consacrent une partie de leur vie et de leur fortune à de bonnes œuiTOS, ce peu de lignes pourra leur suggérer l'Idée d'imiter en France un des établissements qui honorent le plus la piété et la charité éclairée des habitants de Berlin. Je veux parler de la société pour l'éducation des enfants qui sont privés de toute surveillance morale. ( Serein zur Eniehung êiUlieh verwahrloêeter Kinder, )

f Vous n'ignorez pas, M. le ministre^ qu'il y a dans toutes les grandes villes une foule de petits enfants que la négligence ou même les mauvais exemples de leurs parents, la misère et l'occasion conduisent à une dépra-

tea mémea dleyena qni a*occapent TolontaireoMnt dn reeenaenent pour le aertioe de la garde nationale»

sa

APPENDICE

vacloo astlcipéâ» cm d« moiiis ft àm dëllu qui lew attirent des condamnations plus on moins sérères de la fMrt des tribunaux. Condamnés, ils sont erdinalremeni placés dans des maisons de correction pour y subir lenr peine, et les maisons de correction les mieux tenues -ne les améliorent pas toujours, et quelquefois les corrompent davantage par leur commerce avec des condamnés plus avancés en ftge et en vices. Aussi, quand ils sortent de ces maisons de correction après avoir fait leurtemps, ne tardent-ils pas à recommencer leur mauvaise vie; et il n*est pas rare de les voir reparaître cinq ou six fois devant le magistrat avant Vftge odi des condamnations pins sévères peuvent en délivrer la société. De là Unt d'essais de la part des personnes charitables pour améliorer les maisons de correcUon. Jusqu'ici ces efforts n'ont pas produit de grands résultats , et quelques personnes ont eu à Berlin l'idée beaucoup plus simple de fonder une maison séparée qui se chargerait de l'éducation des enfants repris de justice, et dont la détention pénale serait commuée en nn séjour plus ou moins long dans cette maison. On les y garde jus* qu'à ce qne leur amélioration morale soit bien consistée, et on ne les rend à la société qu'avec les plus grandes précautions.

« La première condition pour entrer dans cet établissement est d'avoir été repris de justice, la seconde est de n'avoir que de dix à seixe ans. La société obtient d'abord du gouvernement de succéder à ses droits sur ces enfants pendant le temps de détention auquel ils ont été condamnés; ensuite elle traite avec les parenU de ces4>etiu malheureux pour être mise en leur lieu et place.

c Le but de l'établissement est de réformer les mœurs de ces enfants, et 4m y parvient par deux moyens^ l'enseignement et le travail. Il y a vingt-quatre heures dans la semaine consacrées à l'enseignement: quatre heures pour la religion, deux pour la langue, quatre pour le calcul, quatre pour l'écriture, quatre pour la lecture, une pour le chant, et cinq pour les connaissances relatives à divers métiers. Le travail consiste à faire le service de la maison, à entretenir le jardin, et fabriquer soi-même ses vêtements. 11 y a en outre des ateliers où on prépare différents métiers. Une discipline à la fois forte et paternelle accoutume au respect de l'ordre. Quand on se croit à peu près sûr de l'amélioration de ces enfants, on les place , selon leur goût et leur capacité , en apprentissage chez des maîtres avec lesquels la société fait un contrat et entretient une correspondance. On leur donne, en quittant la maison, nn habillement complet, une Bible, un livre de chant et le catéchisme de Luther. Chaque année, la société, par l'organe de son comité, rend compte de l'état

de la maitott, des progrès des ëlèfat pendant kmr s^oar dans rétablissement, et après lanr sortie , iortq«*ils sont placés en apprentissage. A cet elfet, on dresse des tableaoi biographiques où chaque enfant est désigné, nmi pas sons son nom propre, mais par un numéro, avec l'indication de ce qu'il avait fait avant d'entrer à l'école, et des observations sur son caractère et sur sa conduite depuis sa rentrée dans la société. Cette institution, fondée le i«' mai 4825, a déjà donné les meilleurs résulUU. Le roi a joint sa souscription à celles des personnes charitables qui peu à peu se sont accrues, et ont suffi à entretenir dans cette maison soixante enfants par année. Bientêt on a formé un pareil établissement pour les petites fllies qui se trouvaient dans la même situation, et, le succès encourageant la bienfaisance, ii y a maintenant plusieurs maisons du même genre en Prusse, à ftœnigsberg, à Dantzig, etc. l'ai visité «elle de Berlin, qui a servi de modèle à toutes les autres, et qui est consacrée aux garçons. Elle est placée dans un endroit isolé, près de la porte de-HaHe. Le lieu est très-sain, et l'arrangement de la maison convient parfaitement à son but. Là j'ai vu une cinquantaine d'enfants qui tous avaient été condamnés à des peines assez sévères, se formant peu à peu à l\>rdre et à de meilleures habitudes. Le directeur de la maison , M. Kopf , est un homme de bien qui s^est donné à cette œuvre de charité, et remplit ses devoirs avec on zèle et un amour au-dessus de tout éloge. Il m'a montré le dortoir, le réfectoire. i*ai suivi quelque temps ces enfants dans la récréation, et j'ai assisté à une de leurs leçons d'arithmétique, <»ù ils t>nt répondu avec facilité et sûreté, comme des élèves d'un bon gymnase. Pal de pins assisté à une prière en musique fort bien exécutée. Plusieurs ont des ûgures assez peu rassurantes ; plusieurs aussi semblent revenus pour toujours à des sentiments honnêtes. Il leur est défendu de se communiquer les uns aux autres ce qu'ils ont fait avant d'entrer dans la maison. On s'efforce de leur faire oublier le passé, et de leur éviter l'humiliation et le danger de pareilles confidences. On veut aussi éloigner de leur pensée l'idée qu'ils sont dans une maison de détention. Je me suis procuré et je vous transmets tous les comptes rendus annuels de cet établissement depuis sa fondation. Vous y verrez les divers perfectionnements qu'on lui a donnés ei le dernier état auquel il est parvenu. Déjà il a rendu à la société cent vingt enfants, dont plusieurs ont embrassé les professions les plus honorables. L'un d'eux est un des bons élèves de la grande école normale primaire de Potsdam.

c J'ai l'honneur d'être, H. le ministre, avec le plus profond respect, etc. »

FIN DE L APPEMDICB.

DE

L'INSTRUCTION SECONDAIRE

DANS LE ROYAUME DE PRUSSE

DE

L'INSTRUCTION SECONDAIRE

DANS LE ROYAUME DE PRUSSE

Ce Mémoire sera divisé comme le précédent. Nous eommeacerons par faire connatlrerorgânisation de rinatruetioD secondaire en Prusse; nouseiposerons ensQÎle ce qu^elle a prodoil : nous donnerons une slaiîsik|oe des élablissemenls d'instruction secondaire ]Qe k Prosie possède ; enfin nous essayerons de tirer de ces docaments quelques conclnsimis pratiques au profil de fÎBtiraclion secondaire en France.

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