‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 108 sur 212 · C. Examen pro €Ucensione · texte numérisé non relu

C. Examen pro €Ucensione

Idée et but de V examen pro ascensione.

L'examen pro ascemione doit être considéré comme

un examen pro loco , dans l'intemion de s'assoKrde l'aptitude d'un professeur à l'enseignement dans one classe plus élevée. D'ailleurs , le but de cet eûmes est d'exciter les professeurs à travailler et ^ se perfectionner sans cesse. Cet examen a lieu toutes les fois qu'un professeur desclasses inférieures monte dans les classes supérieures , ou seulement d'ane classe à une autre plus élevée.

Admission à V examen pro ascensione.

Les examens pro cucensione sont , d'après le § 55, provoqués par les gouvernements ou les consistoires | provinciaux , qui doivent en même temps commun!- i quer aux commissions tous les renseignements relatifs i aux fonctions auxquelles il s'agit de pourvoir.

Marche de Vexamen pro ascensione.

L'examen portera principalement sur les parties que le professeur aura à enseigner dans la classe future. On n'exige pas de compositions écrites ni de leçons d'épreuve , et l'examen consiste ordinairement dans un colloquium avec les membres de la commission. Cependant ces derniers sont libres , après avoir pris connaissance des certificats antérieurs , de substituer au colloquium une ou plusieurs leçons d'épreuve, afin de s'assurer des progrès que le professeur doit aïoir faits dans les diverses parties de la pédagogie.

Certificat de Vexamen pro ascensione.

En délivrant le certificat de Texameni^ro ascensione, on aura égard aux certificats des examens antérieurs, afin de noter soit les progrès soit l'absence de progrès dans les connaissances pédagogiques, scientifiques et littéraires du professeur. Les articles contenus § 40 et § 41 se rapportent également à l'examen |»ro ascensione.

Dispense de Vexamen pro ascensione.

Le ministère se réserve de dispenser les professcun qui se sont particulièrement distingués , de rexamei pro ascensione.

D. Colloquium pro rectoralu.

But du colloquium pro rectoratu.

Le colloquium pro recloratu a pour but de s'assnrc

DANS LE ROYAUME UE PRUSSE

si la perwMMie proposée poor le rwfor*! d^Dn6 dos éeolet déiigiiéoif 2 , possède les ooBnsîsssiiees philo- •sphiques , pédsfopqves et seioDtîfiqiies néeesMÎres pour embnsicff urat ee qin tient à rensemble d*iiiie bome édoealioD et pour diriger eofirenablemeiit an éttbKsteneat dlnstnietibii poMiqne.

n faudra d^abord «^assurer par le moyen da eollo- 71111cm, si Taspirant connaît parfaitement la marche de renseignement dans les classes supérieures.

Le coUoquium, fait eu partie en latin et en partie en allemand , devra principalement perler sur des objeta pédagogiques et didactiques, afin d^arriver à connaître les idées que Faspirant s^est faites sur la discipline, sur renseignement, sur Finfluence de Féducation , sur le caractère de Fhomme , sur Fimportance et le but des dîrers objets d^enseignement , sur la manière dont le sentiment moral et religieux et le sentiment pour le beau , etc., peuvent être développés, sur les meilleures méthodes et les meilleurs plans d^enseignement, Sur les institutions discipFinaires , sur les devoirs d'un directeur relativement aux professeurs , aux élèves et au public , eft sur d'autres objets semblables concernant les écoles désignées § 2. Il faut établir une distinction lorsqa*il s^agit d'un rectorat de gymnase ou d'une hôhem Bwrgerschule. On exigera dans les réponses de la précision , de la clarté , de l'assurance , de la sagacité, plutôt qu'une concordance parfaite avec les idées de l'examinateur , ou avec tel ou tel système philosophique.

§ Si.

Rapport $ur les rés^Utalt du colloquium pro rectoratu.

11 ne sera pas délivré de certificat particulier sur les résultats do eoUoquwm ; mais il en sera fait un rapport consciencieux delà part de Li commission, lequel rapport sera envoyé à l'autorité qui a ordonné le coUo- ^impro reelartUu,

Tons les patrons et directeurs des établissements désignés J â, sont prévenus et sommés de se conformer aux décisions sus-énoncées , lors de h réception ou de r'mstaiktion de ceux qui sont chargés de l'enseigneméat secondaire. De même , tous les gouvernements et consistoires provinciaux sont invités à se conformer à ce règlenenly et à en surveiller sérieusement l'exécution.

Le minislère de Vinêtruction publique et des euUes,

Signé, d'Altenstein.

BcfUn, le» avril 1881.

COVSI?!. — TOME III.

TITRE V

DE L'EXAHXN POUR PAS8SM 00 OniHASfr A L'OHIVUSITi.

Nous avons fait connaître les principales bases de l'instmctionsecondaire publiqueen Prusse. Nous avons exposé , d'après la loi et les r^lements, les mntières diverses de l'enseignement, et le système des classes inférieures, moyennes et supérieures, dans lesquelles ces diverses matières sont réparties; nous avons mis en lumière la manière dont on forme des maîtres, capables de réaliser ce système. 11 s'agit maintenant de savoir ee qui résulte de tout cela, c'est-à-dire quelle est, en dernière analyse, la force des études dans les gymnases prussiens. En France , entre les facultés et les collèges , est une épreuve destinée à vérifier la force des études des collèges, et à reconnaître si les élèves qui en sortent sont en état de passer dans les facultés et d'y recevoir une instruction supérieure et spéciale. Cette épreuve est celle du baccalauréat es lettres. Le baccahiuréat est le résumé des études do collège ; il les consute, et par là il les règle. En Prusse, il y a un examen qui correspond à celui du baccahiuréat et qui a le même but et le même effet ; c'est l'examen dit de maturité ou de capacité pour passer à l'université. Cet examen donne le produit net de Finstruction secondaire , et le gouvernement a mis tous ses soins à perfectionner sans cesse cet examen , et à le rendre le plus possible conforme à sa fin , laquelle est une appréciation vraie et complète des études que comprend Finstruction secondaire. Le règlement dn 25 décembre 1788 était déjà un grand progrès sur le passé ; il a été révisé en 1812 et a fait phice à un règlement plus développé et plus systématique, que nous avons vu en action à Berlin , en 1831 , et que nous allons faire connaître en détail.

L'examen pour passer à l'université a lieu ou dans chaque gymnase pour les jeunes gens qui y ont terminé leurs études, et il s'appelle alors examen de départ (Abilurienun-eœamen)^ ou , pour les jeunes gens qui n'ont pas étudié dans les gymnases , devant une commission scientifique d'examen (wiseenêchafUiehe Prufungs-commisêion)^ laquelle procède exactement comme la commission des gymnases.

Cet examen résume fidèlement l'enseignement secondaire ; il porte sur toutes les matières dont se compose cet enseignement , et il comprend , dans une mesure très-remarquahle , les mathématiques et les sciences aussi bien que les langues anciennes et les lettres. La langue française fait même partie de cet examen.

Sa vraie force réside dans des compositions écri* tes. Il y a une composition allemande , unecomposi-

DE UINSTRUGTION SECONDAIRE

tion laline, un thème grec et une vereion grecque, une version française , enfin une composition de mathématiques.

La partie orale de Texamen est aussi très-difficile, ne fût-ce que par l'emploi nécessaire de la langue latine pour tout ce qui regarde Tantiquité.

J'ai vu , dans un des meilleurs gymnases de Berlin, parla complaisance du directeur, M. Spilleke, les compositions de VAhiturienlen^examen de ce gymnase : ces compositions m'ont paru témoigner d'une connaissance très-solide des diverses matières enseignées. Selon moi, au talent de rhétorique près, Texamen de départ en Prusse, est, je ne dis pas seulement beaucoup plus fort que notre examen de baccalauréat es lettres , mais presque aussi fort que notre examen de licence.

V Ahilurienten-examen donne, lieu à une classification des candidats en trois classes :

{""Ceux dont la capacité est incontestable {unbedingtê FaehigkeU);

2« Ceux dont la capacité est moins sûre (bedingle Faehigkeii);

S^IjCS incapables (Vnfaehigkeit).

Chacun des élèves sorunts ainsi examiné reçoit un certificat de congé (EtUlassung'ê Zeugnùse) qui porte les n^ i , 2 , 5 , correspondant au rang obtenu dans Texamen ; et il est obligé , quand il se présente pour être immatriculé étudiant dans une université, de produire ce certificat.

Les diverses facultés de l'université ne peuvent admettre à leurs examens pour obtenir des grades que tes jeunes gens qui présentent le n** i ou le n* 2.

La ville de Berlin n'accorde de stipendia ^bourses) pour l'université qu'aux n^ 1 ; et nulle ville , nulle commune , nulle corporation n'en peut accorder sous aucun prétexte aux n^ 3.

Le règlement de 4812, pour être bien apprécié, a besoin d'être connu dans son ensemble et dans ses détails : nous le donnons ici textuellement.

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