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Berlin a cinq grands gymnases, sans compter le Bealgymnasium , qui peu à peu devient , à quelques modifications près, un gymnase ordinaire. Sur ces six gymnases, trois appartiennent à TÉut, trois à la ville ; et pourtant Berlin n'a guère plus de 200,000 âmes. En suivant celte proportion, une ville de 800, 000 âmes, comme Paris , devrait en avoir quatre fois autant , à savoir, près de vingt collèges. Loin de là , Pjiris n'a que sept collèges, dont cinq à FËtat et deux à la ville. Hors de Paris, Lyon, avec 165,000 habitants, n'a qu'un seul collège. Des villes, comme Marseille (145,000 habit.) , Rouen (88,000 habit.) , Bordeaux (100,000 habit.) , n'ont aussi chacune qu'un seul collège. Une seule ville a deux collèges , et celle-là est moins peuplée que toutes celles que je viens de nommer , mais elle est sur les bords du Rhin ; c'est Strasbourg qui , avec ses 49,000 habit., a un collège par ticulièrement destiné aux catholiques , et un gymnase protestant ; encore ce gymnase (le nom Tindique assez) est-il un vieil établissement allemand, vivant de dotations qui lui sont propres. En Prusse , il y a un assez bon nombre de villes qui n'ont pas plus de 50 à 40,000 âmes, et qui ont plusieurs gymnases. Kœnigsberg en avait deux en !831 (voy, le Ubleau n« H ) ;
je sais qu'elle en a trois aujonrâlim ; Breafam en a quatre ; Magdebourg, Halle, Erfurt, Glogan, Cologne, en ont deux. Et il ne faut pas croire que chaicon de ces gymnases est trop peu fréquenté. Loin de là , les classes inférieures , et même les classes moyennes , y sont irès-remplies. Mais ce n'est point par le grand nombre des élèves , quand ce nombre est d^'ailleors en rapport avec les vrais besoins de la population , c'est par la force des études et par l'excellence de la discipline qu'il faut juger un collège. Or , à cet égard , les gymnases de la Prusse sont presque des modèles. J^ai examiné en détail , outre le gymnase de Schalpforu , dans la province de Saxe , les six gymnases de Berlin. Je déclare qu'il n'y en a pas un où l'inslrnciion , j'entends l'instruction littéraire , hi seule dont je puisse me porter juge , ne m'ait paru à la fois solide et élevée.
Un des points les plus importants à constater, d'après les considérations que j'ai précédemment exprimées, est la proportion du nombre des élèves qui fréquentent les classes inférieures et les classes supérieures des gymnases. Dans le tableau n^ H , déjà cité « cette proportion est indiquée pour chacun des gymnases de chaque département. Ces 109 gymnases de i851 renferment ensemble 25,767 élèves , sur lesquels 17,478 dans les classes inférieures , et 6,289 dans les classes supérieures. Cette proportion est excellente. Beaucoup essayent l'épreuve de l'instruction secondaire et vont apprendre au gymnase s'ils sont faits pour les professions et les conditions élevées de la société. Un quart environ traversent heureusement celte épreuve.
Mais tout n'est pas fini pour ces jeunes gens lorsqu'ils sont passés des classes inférieures aux classes supérieures. Une épreuve décisive les attend à la fin du gymnase; savoir, lès examens de sortie dont nous avons parlé. Ces examens sont fort sévères. Un certain nombre d'élèves y succombent; plusieurs aussi, même après des succès , ne poussent pas plus loin leur carrière savante : tout cela réduit extrêmement le nombre des gymnasiastes qui vont, chaqueannécàrnniversiié.
Mais il faut tenir compte ici d'un autre élément. Comme nous Tavons dit, outre les gymnasiastes , il y a des jeunes gens qui se présentent à l'université sans avoir passé par le gymnase, ou qui l'ont quitté trop tôt , et ont reçu ou complété leur instruction dans la maison paternelle ; et ce nombre est assez considérable.
En effet , le nombre des étudiants nationaux , dans les sept universités du royaume , est d'environ 5,000. Les deux tiers viennent du gymnase, l'autre tiers de l'éducation privée. Telle est la proportion constante qui résulte des immatriculations (1).
(0 Voyez Tart. déjà cité de é'Élaî, 1851.
M. Uofmann , Gasritr^^
DANS LE ROYAUME DE PRUSSE
On ne peol entrer wx universités qu'après un examen qui est le même pour les gymnasîastes et les jeunes gens sortis de Téducation privée. Cet examen , avons- Bous dit, donnait lieu jusqu'en 4834 à une classification et à des numéros de mérite. Or, c'est ici qu'éclate rimraense supériorité de l'instruction publique sur Tinstnietion privée.
Nous prendrons neuf années, celles de i820 jusqu'à 1828 inclusivement.
Pendant ces neuf années , les gymnases ont envoyé aux universités 8,88âétudianu.
L'éducation privée en a fourni . 4, 54 9^
En tout 45,401
Or, sur les 8,882 étudiants fournis par les gymnases, 4 ,628 ont obtenu le nM ; 6,709 le n<» 2 ; ei 545 le n<* 3 ; tandis que sur les 4,549 venus de l'éducation privée , 9 seufement ont obtenu le n^ 4 ; 4 ,499 le n<^ 2 ; et 3,04 4 len<^ 5, comme il résulledu tableau ci-anneié soos le n^ lU.
TABLEAU N« lit.
Les gymnases ont envoyé aux universités :