‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 126 sur 212 · IS · texte numérisé non relu

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DB L^RtSTRUCTiON SeCONDÂlRE

jeunet gens de eeC Ige t Rien 4|vi toit tvbitraire el eontetctbie , rien qui eiige det reehercbet aoadémiqnet. Aiiiti 4 point d'Iiittoire gree^ae et romaine trop détaillée , maît ee qu*on peut très-bien apprendre à cet *ge , ee qn'on a besoin de savoir, qoelque profession qn^on embrasse plus lard, c*eslnà-dire de justes notions de rbistoire de Tespèce humaine , avec une connaissance un peu plus approfondie de la nation particu- Nère à laquelle on appartient. Il faudrait donc se borner à un cours d'histoire générale qui comprendrait , sous des formes très-simples, les grandes dates, les grands faits, les grandes époquet, les grandes réirolotions de Tbistoire jusqu'à nos jours , avec un cours spécial , substantiel et précis de Thistoire de France. Il en serait de même de la géographie : un abrégé de la géographie générale avec la géographie de la France. Le cours de mathématiques , en trois ou quatre années , comprendrait aisément tous les éléments ; car même de bonne heure , on peut aller asset loin dans les mathématiques avec quelque intelligence et beaucoup de mémoire , ce qui est la qualité propre du jeune âge. On y joindrait un peu de physique et d'histoire naturelle. Les langues anciennes auraient leur place dans cet ensemble , pour préparer aux classes supérieures, exercer Tesprit, procurer une connaissance plus juste de la langue nationale, et donner on peu de cette culture classique sans laquelle on n'est pas supposé avoir reçu une bonne éducation. , Il faudrait ici s'attacher beaucoup plus à la solidité qu^à rétendue de Tenseignementé Le grec ne devrait commencer qu'en quatrième , comme dans les bons gymnases de la Prusse , que pourtant l'on n'accusera pas de trop peu cultiver la langue et la littérature grecques. Il suffirait qu'à la fin de cette division les élèves possédassent la grammaire grecque, et eussent lu un certain nombre de morceaux de prose et de vers bien gradués. Le latin devrait commencer au moins en cinquième , pour être conduit plus loin que le grec , parce quMl est d'une utilité plus générale. Je voudrais enfin que , dans les deux dernières années, il y eût un cours spécial de langue française , où les jeunes gens fussent exercés à écrire et à composer en différents genres, et initiés à la lecture de nos écrivains classiques. Il faudrait ajouter à cela un cours de langue moderne , beaucoup de musique et un peu de dessin. Je ne pousserai pas plus loin ces détails. Il est bien, entendu que tous ces objets seraient simultanément étudiés ; car chacune de ces éludes , dans ses justes limites , n'exige pas une grande contention d'esprit. 11 ne faut pas craindre ici d'occuper beaucoup les élèves, car la réflexion ne gagnerait rien à leur loisir; plus tard , nous pratiquerons un système différent : un petit nombre d'objets , et chacun d'eux très^ipprofondi , ponr développer puissamment l'intelligence.

Hait dans cette division înfiMeure , une atsex grande variété d'objets simultanément étudiés , moins de travail solitaire et beaucoup d'exercices en commun. Ab fond , ce sont nos cbsses de grammaire orgaoiséeg d'une manière raisonnable , et formant on ceruin ensemble.

Quiconque voudrait passer dans la dirision nipèrieure subirait un examen sévère, dont les professeurs de cette division devraient être chargés, mds la présidence du proviseur ou du censeur , oo d*on délégué du ministère de rinttruction publique.

Le principe de cette divition inférieure est Is timol* tanéité des études ; la division supérieure admeilnit plus de spécialité. Cette dirision serait subdivisée en deux sections , les sciences et les lettres, et à la fin qb cours commun de philosophie.

Les études de la section des sciences, après no résumé plus ou moins rapide de l'enseignement scientifique de la première division, seraient condoitesjosqu'au point où l'élève sortant peut obtenir le grade de bachelier es sciences. La section des lettres prépar^ rait au baccalauréat es lettres. Bien entendu que les cours de littérature seraient suivis par les savants et les cours de sciences par les lettrés ; mais enfin la spécialité dominerait. C'est alors que, dans la section des lettres, les études grecques et latines pourraient être poussées assez loin , puisque les élèves de cette section se destineraient aux carrières pour lesquelles le grec et le latin sont jugés ou nécessaires oo trèi-oUles. L'enseignement historique porterait alors très-convenablement sur l'antiquité aussi bien que sur les temps modernes. 11 y aurait un cours commun de r^igion, où lé professeur, partant de l'enseignement religieux de la division inférieure, développerait le dogme et h morale , et interpréterait les monuments sacrés d'une manière assez savante et assez littéraire pour instniire et intéresser les jeunes gens des deux sections. À la fin , un cours commun de philosophie fomerait le couronnement des études religieuses , littéraires el scientifiques du collège. Ainsi seraient exercées, par une culture spéciale , les forces de tous et de chacun: je dis de chacun , car il est clair qu'il y aurait beaucoup moins d'élèves dans cette division que dans l'autre ; et ici , je le répèle , le petit nombre des élèm serait un grand bien pour la discipline et pour les études. Ce serait là , ce me semble , une vraie fabrique d'hommes distingués pour toutes les professions libérales.

Enfin cette organisation , au lien de bouleverser celle qui existe , l'améliorerait presque sans secoosse. En effet, tout se réduirait à une meilleure distribution du programme des classes de grammaire, lesquelles porteraient le nom de classes inférieures, comme dans notre langage officiel , les humanités et la rhéioriqoe

DANS LE ROYAUME DE PRUSSE

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lOBt appelée! oImms Mpérieiiree. Getlee-ci ne souffrinieit aacin changemeni. La philoeopbte resiorait ib pUoe qu'elle occupe auioard'hui. Nulle exîsience oeteiak oompromiae , et loQt eeraît amélioré.

Hais la eondition de tout bien, la base de loute cette or^oiiatioD est on examen eévére de révisioD pour paner des classes ioférieures aux classes supérieures. D'où vieal que, dans nos classes d*linmanités et de riiécoriqoe, il y a lant d'élèves qui assistent de corps plsl^ que d'esprit aux leçons des professeurs, ou qui ne caliivent guère qu'une seule des branches dont se cooipoie renseignement? Pourquoi le professeur, nalgré son lèle , est-il souvent forcé d'abandonner <les élèves qui ne sont pas en élal de le suivre , et de réierrer ses soins pour le petit nombre de ceux qui tmaiUent et sont en état de profiter de ses leçons? Ceti que dès la sixième on laisse indistinctement noster de classe en classe les incapables avec les capaUes. Les familles , en voyant passer leurs enfante d'ane daaae dans une antre , s'imaginent que celle à laquelle ils sont parvenus représente leurs progrès réds; mais il n'en est rien. En Prusse y comme nous Tavoss vu, une sévérité salutaire préside au passage d'osé division à une autre ; et chez nous les règlements iaipériaux prescrivent aussi deux examens dans Tanaée; mais ces articles de nos règlements, ainsi que beaoeoop d'autres, ne sont pas exécutes (i) : en sorte <)ae les classes supérieures sont quelquefois remplies d'élèfes qui ne sont pas en état de les suivre. Matériellement, cela est fort bien : les classes sont nom- Iveases, la rétribution est abondante, le collège a l'air de prospérer; maie au fond il n'y a dans chaque classe qa ose douzaine d^élèves qui profitent de l'enseigne- ■eat. An contraire , pratiquez les règlements : un cuBiesséière fermant l'entrée des classes sn|)érieores icenx qui ne sont point capables d'en profiter, obligera ceux qui yeulent y arriver à un travail constant, etiejeticra do collège, après quelques épreuves, ceux qn seront omvaincus de n'être pas propres aux études littéraires et scientifiques. Il y aura moins d^élèves dans les classes supérieures, mais ces élèves seront toos en eut de suivre les leçons du professeur ; leurs

ïïègiewum du i3 octobre 1805.

Art. 27. Il y aura chaque année deux examens, l'un au ïo fructidor, l'antre au l*^ germinal. Les élèves qui n*au- ^t pas les connaissances suffisantes pour passer à une ^la«e lopërieure , resteront dans la même classe. Le» euBMOf leroDt faits par le directeur et le professeur de txlaise pour laquelle les élèves se présentent*

RèglemetU du 28 $eplembre 1814»

Art. 119. A la fin de chaque année scolaire, les éfèves seroDi examinés sur toutes les connaissances affectées è

connaiisaAces représenteront fidèlement le degré de renseignement où ils seront parvenus , et les familles et la société sauront è quoi s'en tenir. Je demande qu'au moins il y ait , pour le passage des classes infé« rieures aux classes supérieures , un examen sérieux. Celui-là, s'il est ce qu'il doit être , peut suffire à k rigueur et dispenser de tous les autres ; mais il est absolument nécessaire (s).

Cette mesure, que je considère comme vitale pour les études ainsi que pour la discipline, achèverait l'or^* ganisation que je propose. Le germe de cette orgmi* sation est , il est vrai , emprunté à l'étranger ; mais développé habilement, il prendrait aisément racine |)armi nous et y produirait une institution qui rèpon* (Irait à tous les besoins, à tous les vœux , j'allais dire à tous les amours-proprea; une institution que la Prusse nous envierait à son tour ; car la division des classes inférieures et supérieures du gymnase y est bien loin de la perfection dont eUe est susceptible. Je recommande avec quelque eonfiiance cette oi^ganâu* ûon du collège à tout ami de la seîenee et du pays, à quiconque veut pour la France un avenir glorieux et paisible*

IV. Il est encore une mesure qui me paraîtrait cou* ronner heureusement eette nouvelle organisation du collège. Le baccalauréat es lettres est le passage de l'instruction secondaire à renseignement supérieur des facultés. Personne ne peut obtenir aucun grade dans aucune faculté, ni de théologie» ni de sciences, ni de jurisprudence,, ni de médecine ,. sans justifier préala* blement du baccahiuréat es lettres. C'est U garantie qu'on est en état de profiter des leçons de ces diffé«rentes facultés, et qu'on possède véritablement l'instruction secondaire qui y prépare. Le baccalauréat est le but auquel aspire quiconcpiefait ses études , soit dans un collège , soit dans on établissement privée soit dans sa famille. Si le liaccalauréat est trop facile, c'en est fait de l'instruction secondaire. Or un cri s'élève de toutes paru contre la facilité des commis* sions qui confèrent ce grade. Cette facilité nuit profondément aux études. Il est impossible d'obtenir que

leur classe , et l'on déterminera , d'après cet examen, s'ils peuvent monter à une classe supérieure.

Art. 131. Cet examen tiendra lieu des exercices litté« raires en usage jusqu'à présent, et sera suivi immédiatement des compositions pour les prix.

Art. 122. Il sera fait au commencement de l'année un examen semblable des nouveaux élèves, pour fixer la classe où ils doiveni être t>lacés.

Art. 123. Les élèves qui n'auraient pas obtenu leur promotion à l'examen de la fin de l'année, pourront se présenter à cet examen su commencement de Tannée.

(S) Le oensell royal vient enfin de rétablir cet examen par son arrêté de juin 1836.

ks élèves s'ajipKqaeot «érteatemeDi k rétnde 4o grec, par exemple , des mâtbématiqaes on de la phîloeophie, •i les commissioiis d^examen pour le baccalaurâst es lettres n'exigent pas des connaissanees solides snr ces trois points. Il ne faot point s'en prendre ici anx hommes, mais, comme presqne toujours, à Torganisation. imposer à des juges la nécessité de refuser on d'accorder le grade de bachelier es lettres absolument et sans distinction , c'est les condamner à l'indulgence. En effet , comment avoir le courage d'arrêter un pauvre jeune homme an début de sa carrière , et de lui inter^ dire l'entrée des écoles de droit et de médecine , où , avec du temps et de nouveaux efforts , il aurait pu réussir? Tout jugement absolu est rarement fondé , surtout à l'endroit de la mobile jeunesse. En établissant denx ordres de numéros d'admission , irèi4>ien, 4U$êM hien, comme en Prusse dans l'examen de sorlie, TOUS permettez aux juges d'être sévères sans stoïcisme. U'abord l'organisation proposée pour les collèges ne laissera guère arriver dans la division supérieure que des jeunes gens pins ou moins capables ; par conséquent , en sortant de là , très-peu de candidats au baccalauréat mériteront d'être rejetés ; et pour maintenir parmi eux une émulation désirable , la distinction des numéros d'admission est nécessaire, mais elle tofiit. On ne voudra pas avoir le n® 2, as$e% bien, e*esl-à-dire médioen; car ce numéro , inscrit dans le brevet et présenté aux diverses facultés , sans être une réprobation , est une tache. D'antre part , le n<* 1 est fin bien autre honneur que notre admission pure et simple. Ainsi , poor les aspirants , cette distinction est déjà très-utile ; elle ne l'est pas moins pour les juges. L'expérience apprend que tout examen qui se résout simplement en oui ou en non , est toujours superficiel ; tandis que , s'il faut marquer des nuances , assigner des rangs, déterminer tel on tel degré, alors le juge est obligé d'être attentif , et l'examen devient sérieux. Déjà, cette distinction de numéros d^ordre vient d'être établie dans l'instruction primaire , pour les examens de capacité (i) , et cette innovation a suffi pour changer la face de ces examens et leur donner de Timporlance aux yeux des candidats et des juges. Il y aurait une contradiction manifeste à ne pas faire pour Tin- ^tniclion secondaire ce qui a été si heureusement appliqué à l'instruction primaire.

V. Mais la plus grande difficulté est la préparation des maîtres : car les maîtres, encore une fois , et je ne le répéterai jamais assez, c'est le collège et l'instruction secondaire tout entière. Or ici (je suis heureux de pouvoir le dire avec une entière conviction , et

DE LIHSTRUGTION SEGMIDAIRE

ayec Tespoir d^être au-dessus du soupçon de tosie ditterie patriotique ou autre) , nous n'avons rien à envier à l'étranger, et nous pouvons lui montrer avec orgneit nos institutions et les fruits qu'elles conuneDcentI porter.

L'empire nous a légué une école normale secondaire centrale , que la restauration a détruite, que le gouvernement de juillet a relevée, et qui assure à l'instniction secondaire un recrutement régulier. On n'est admis à l'école normale qu*après un conconn dont U condition préalable est le baccalauréat es lettres, c'est* à-dire la preuve publique qu'on possède l'itistroctioQ secondaire complète. Ce concours est ouvert dam toute la France, et jugé définitivement à Paris. Ghaqoe année , vingt places à peu près sont mises an concoun, dix pour les sciences et dix pour les lettres , et il ; a toujours eu , depuis 4850 , de cent à deux cents concurrents pour ces vingt phices. Une fois admis à l'école normale , après une épreuve difficile, le jenne maître y trouve une organisation puissante qui, s'adressant d'abord à toutes ses facultés pour les éprouver et les reconnaître , lui imprime ensuite, quand sa vraie vocation a été constatée, une culture spéciale, acieniifique on littéraire , historique ou philosophiqoe. Une discipline sévère exerce en même temps son caractère et fortifie sa moralité. Ce rude noviciat comprend trois années (s).

Mais CCS trois années de préparation , pendant lesquelles les élèves de l'école normale prennent successivement des grades élevés, ces trois années, dii-je, n'ont pas encore paru une épreuve suffisante* Cs élève de l'école normale n'est pas, à ce titre seul d'élèfe de l'école normale, de licencié ni même de doctenr, agrégé de droit au corps enseignant ; il ne pent entrer dans ce corps que par une épreuve publique qoi se passe au dehors de l'école , et où il a pour conconesis tous ceux qui se présentent avec les gradesdéterminés; je veux parier du concours de l'agrégation, institutios admirable qui tient en haleine l'école normale, cooune l'école normale la soutient à la hauteur convenable; qui recrute au dehors les talents qui auraient pu échapper à l'école, et fait paraître au grand jour ceux que l'école a formés (s).

Nul ne peut se présenter an concours de Tajurégation sans des grades déterminés , qui prouvent des connaissances acquises ; ensuite les épreuves diverses dont se compose le concours ont pour objet de mettre en lumière l'art de communiquer ces connaissances , le talent spécial du professeur , ulent qui se compose de tant d'éléments moraux aussi bien qu'intelleciaels. L'empire emprunta le principe du concours de l'agré-

(1) Voyes le règlement du i6 juillet 1833, snr les brevets ÉÈe capacité et les commissions d'examen pour l'instruction primaire.

(î) Voyez i^rogrammes etrèglemenU âe VécoU normaU. (3) Voyez ie règiement du concoun de TagrégatioD du S8 lévrier 1836.

DANS LE ROYAUME DE PRUSSE

I à râacieiuie onhersité de Pftris. La «eule bonne chose que la retUuralion ait faite dans llnsUrociion ttcoadaire , est d'avoir mis en œuvre ce principe ; et encore ne le fit-elle que dans un mauTais dessein , celai de miner Técole normale, que par là, au contraire, elle aoraît vivifiée , et qu'elle sacrifia à cet esprit fatal qui la perdit eUe-mème. Le gouvernement de juillet a , d'une main , relevé l'école normale , et , de l'ancre t il a maintenu, développé le concours de Tagré^tion. Ces deux institutions se soutiennent l'une Taotre , et assurent l'avenir de nos collèges.

Elles l'assurent, mais à une condition : c'est que nul ne poarra entrer dans Tinstruction secondaire que par la grande porte de l'agrégation. Si, au contraire , on pent devenir fonctionnaire d'un collège , et même le fonciioiinaire le plus éminent d'un collège, proviseur par exemple , sans avoir été agrégé , c'en est fait de Tanité du collée et de celle du corps enseignant. Le diredeor de toute école primaire, élémentaire ou supérienre , est^il dispensé du brevet de capacité prescrit par la loi pour être instituteur primaire, public ou privé? Mon, sans doute ; ce serait à lui plus particulièreoient, en quelque sorte, qu'il faudrait l'imposer, pdaqu'îl doit donner l'exemple à tous les maîtres qu'il emploie. De même, par quelle contradiction exigeraitoo moins du directeur d'un collège que des professeurs qu'il doit diriger , conseiller , redresser et suppléer même au besoin ?

Le ooncours de l'agrégation manque à la Prusse ; il n'est pas dans les mœurs allemandes ; il est remplacé par des examens admirablement gradués , et par la belle instiiotion de ces jeunes candidats qui pendant une année au moins travaillent comme adjoints dans des gymnases, avant d'être nommés professeurs. Le eoncoms d'agrégation est merveilleusement approprié à nos mœurs; et, pris en lui-même, autant il est absorde entre des hommes qui doivent avoir fait leurs preuves , autant il sied entre jeunes gens. Là , il ne repousse que la médiocrité intrigante ; plus tard , il rqHMisserait le talent déjà célèbre qui ne voudrait pas compromettre en un jour une réputation achetée par de longs travaux* Je regarde l'agrégation comme le principe vital de Tinstruction secondaire publique. Mons i^avons beaucoup perfectionnée , et nous pouvons la perfectionner encore. C'est une institution nationale que l'expérience fortifiera tous les jours davantage. C'est Texpérience aussi , et une longue expérience qui, en Pmsse et dans toute l'Allemagne , a produit et soutient la maxime de ne choisir jamais pour directeur d'un gymnase un homme qui n'a pas été plus ou moins longtemps professeur. On n'y comprendrait pas un directeur d'école savante, qui n'aurait pas fait ses preuves publiques de capacité; et ce scrupule même est pofossé au point que tout directeur de gymnase est

toujours chaîné de Tun des cours les frfos importants. On ne voit pas pourquoi, en principe, on n'exigerait pas la même chose en France d'un proviseur et d'un censeur de collège ; il faudrait au moins qu'ils fussent toujours titulaires de quelque chaire, sauf à avoir des suppléants , avec ce précieux avantage de pouvoii^tre rendus à leurs chaires , s'ils étaient convaincus de ne pas convenir à l'administration. Mais , dans aucun cas, le proviseur d'un collège quelconque , ne devrait pas être en dehors du droit commun qui , dans l'instruction secondaire , est Tobligation d*ètre agrégé.

VI. La charte promet la liberté de l'enseignement. Le gouvernement a accompli cette promesse de la charte dans Tinstruction primaire ; il faut bien qu'il en poursuive l'accomplissement dans Tinstruction secondaire.

D'abord il faut abolir l'obligation de passer par les écoles secondaires publiques pour être admis à l'exar men du baccalauréat es lettres qui ouvre les portes des facultés et par conséquent des professions savantes. Ce monopole doit être détruit. Il n'existe pas eu Prusse, et les gymnases n'ont d'autres privilèges qu'une excellente organisation et l'habileté de leurs professeurs. Ce sont là les seuls que je réclame pour nos collèges. Ainsi , que la jeunesse française soit entièrement libre de suivre ses collèges , et que non-seulement de la maison paternelle, mais aussi des établissements privés, on puisse se présenter à l'examen du baccalauréat es lettres sans autre certificat d'études que les connaissances dont on fait preuve.

Voilà déjà la liberté, sinon d'enseigner, au moins de s'instruire nettement assurée. Mais les difficultés commencent dès qu'il s'agit d'établir d'une manière raisonnable la liberté d'enseignement. En Prusse , comme jusqu'ici en France , TÉtat est en possession du droit d'autoriser et de celui de retirer l'autorisation ; et les bonnes raisons ne manqueraient pas pour soutenir ce droit de la puissance publique. En France , il est entre les mains du ministre et du conseil qui , certes , n'en ont point abusé , et dont l'indulgence est aujourd'hui bien grande; mais cette indulgence même n'est pas dangereuse parce que ses efforts sont toujours réparables , et qu'une autorisation trop facilement accordée , peut , sur des informations ultérieures et d'après une enquête administrative, être retirée. L'État n'a aucun intérêt à empêcher un homme honnête et instruit de fonder un établissement d'instruction publique ; et il y a un immense danger pour la société tout entière , si de mauvais citoyens ou des hommes d'une moralité douteuse , en remplissant quelques for^ malités ou même quelques conditions scientifiques , peuvent attirer à eux l'éducation de la jeunesse. On pourrait donc défendre fort légitimement l'état de

chotes qne Tempire nous t légué, el qui existe également en Prusse. Hais puisqu'on insiste, et que la charte a parlé, nous croyons qu'il n*est pas impossible de supprimer Tautorisation préalable sans péril pour la société en la remplaçant par des conditions analogues à cAles qui sont établies dans le litre 111 de la loi du 28 juin i853 sur Tinstruction primaire. Nous propo- ^ns qu'il soit licite à tout citoyen de former un établissement privé d'instruction secondaire, sous des <;onditions analogues k celles qui sont exigées pour établir une école primaire privée , à savoir :

i^ Un certificat de bonne conduite et de moralité qui atteste que le demandeur est digne des fonctions de renseignement et de la confiance des familles ;

30 {Jq certificat de capacité dont il sera question ci-après ;

3^ L'école secondaire privée , comme l'école primaire privée , sera soumise à la surveillance des autorités spéciales d'instruction publique pour tout ce qui tient aux mœurs, à la discipline et aux études; et pour ce qui regarde la police, les droits du maire et des conseils municipaux seront réservés;

4*' Enfin , l'instituteur secondaire privé ne pourra perdre son état que par une sentence d'un tribunal civil; mais il pourra lui être fait un procès spécial d'école, comme cela a été décidé dans la loi du 28 juin

Ce sont là les conditions de la liberté d'enseignement dans l'instruction primaire. Il n'y a aucune raison pour que les plus grands partisans de la liberté né les acceptent pas dans l'instruction secondaire , et, selon moi, elles doivent satisfaire les partisans éclairés du pouvoir. Mais il est une des conditions ci-dessus énoncées sur laquelle il faut bien s'expliquer : je veux parler du certificat de capacité.

Dans la vérité des choses , l'instituteur privé ne doit pas être soumis à des conditions plus rigoureuses que l'instituteur public; les conditions doivent être les mêmes pour l'un et pour l'autre. Si l'autorité les aggrave pour l'instituteur privé , celui-ci a le droit de se plaindre, et la liberté de l'enseignement est en péril. D'un autre côté , faire à l'instituteur privé des conditions meilleures qu'à l'instituteur public, c'est «me injustice envers ce dernier, et pour le premier une flétrissure qui retombe sur la liberté d'enseignement qu'elle abaisse , et sur la société entière qu'elle compromet. L'égalité des conditions est ici la parfaite juslice. Aussi qu'a-t-^n fait dans l'instruction primaire ? On a institué un examen de capacité , lequel est le même pour tous les candidats, quelle que soit leur destination. De même il faut instituer, ponr Tinstruction secondaire, ime épreuve de capacité, qui soit la même pour tous. Nous ne voyons pas quelle objection pourrait faire à cela le plus ardent ami de la liberté d'enseignement. Ce. qui peut, paraître contraire à lu

DE L'INSTRUCTION SECONDAIRE

liberté d'enseignement , c'esl lautorisatioB préalable, outre le certificat de capacité. Hais si l'aatorisaliofi préalable est abandonnée , il faut que la garantie de capacité soit d'autant plus sévèrement maintenue (kni l'intérêt des familles et dans Tintérèt de la liberté d'eih seignement elle-même. L'application de l'épreuve de l'agrégation à tous les candidats, quels qu'ils soient, serait donc inattaquable et fort rationnelle. Mais veuton faire des conditions plus douces aux candidats i l'instruction privée ? Veut-on rabaisser pour eux lei conditions de l'entrée dans les graves fonctions de renseignement ? Alors que l'on institue un genre d'épreuTe inférieur , mais analogue à l'agrégation , par exemple un examen spécial, comme en Prusse, devant use commission instituée ad hoc. J'admettrai cela, silos vent ; mais je ne puis admettre la simple coodiiion de tel ou tel grade. En effet, qu'est-ce qu'un grade, même le plus élevé ? Une garantie de tel ou tel degré de savoir ; mais il ne s'agit pas seulement de savoir, il s'agit aussi de l'art d'enseigner ce que l'on sait. Imaginez un bomme , qui ait d'ailleurs des connaissanceg, mais qui soit bègue, ou qui manque de présence d*esprit, ou d'une certaine facilité d'élocutioa, un lel homme évidemment, quel que fût son savoir, quelque grade qu'il eût obtenu , serait impropre auxfooctions de l'enseignement. Le grade ne représente pas toute la capacité exigée , mais la condition préalable de cette capacité, c'est-à-dire certaines connaissances. Ainsi nul ne peut entrer à l'école normale sans être bacbelier es lettres ou es sciences. Au bout d'un ao ou deux au plus , tous les élèves sont reçus licencia, et cependant on les garde une troisième année encore à l'école pour les exercer à l'art pratique de renseignement ; et c'est alors seulement qu'ils sa présentent à l'épreuve définitive et publique de l'agrégation où les grades sont de simples conditions préalables. H répugne que , pour une fonction spéciale , on ne demande qu'une condition générale. Je comprendrais que pour l'instruction supérieure , publique ou privée, le grade seul fût exigé , parce que Ûi le savoir est presque tout , et que le professeur n'est pas avec son auditoire dans ce fréquent commerce qui lie si étroitemeot l'instituteur secondaire à ses élèves et qui exige des qualités si rares. I^ professeur de collège et le chef d'une institution privée ont bien d'auUres fonctions et d'autres devoirs que le professeur de faculté et lesimpie discoureur public : il faut qu'ils soient plus on moins versés dans cette science spéciale , qu'on appel'e la pédagogie. Le grade ici n'est donc point une garantie suffisante. Le grade , indispensable en lui-même, ne doit être encore que Li condition d'un examen spécial destiné à constater la capacité spéciale , que doit posséder un instituteur de la jeunesse. Cet exameo S|)écial existe déjà pour l'instruction primaire, pHrce

DANS LE ROYAUME DE PRDSSB

et pabtiqae; il exitte pour Tinstniction secondaire puMiqne, sout la forme la plaa sévère et la plus élevée , celle dv concours de l'agrégation. Oo peut bien oe pas tnaposer celle forme à rinstroction secondaire prÎTée , mais la dispenser de Texamen spécial loimènie et ne la soumelire qu'au grade, c'est mettre la licence & la place de la liberté , c'est manquer aux fimilles et à la société, et compromettre l'instruction lecondaire tout entière ; car, quand l'instruction privée sera trop faible , l'instruction publique , manquant du ressort de Témulation , s'abaissera infailliblement. Une pareille concession est injuste en elle-même , imprudente et périlleuse dans ses résultats. Alors tous les arguments des ennemis de la liberté de renseignement , les alarmes sur l'invasion du clergé ou du parti déior^anisateor , prennent de la force , surtout quand il s'agit de pensionnats oft , quoi qu'on fasse, la jeunesse sera toujours élevée dans l'ombre, et où des bommes , ignorants des vraies maximes de l'éducation, publique on privée, parce qu'ils seraient bacheliers oa licenciés , auraient le droit de fausser les esprits et les âmes. Pour moi je veux dans l'instruction secondaire la même liberté que dans l'instruction primaire ; et je la veux aux mêines conditions , et ces conditions ne subsistent pas si on substitue de simples grades aui certiGcats de capacité conférés sur un examen spécial.

Il est bien entendu que nul ne pourra , après avoir obtenu ce brevet de capacité , le laisser dormir pendant huit ou dix ans , embrasser une autre carrière , et s'H ne réussit pas dans celle-là , revenir à celle de renseignement comme à un pis aller, et se prévaloir de son ancien brevet. Il faut fixer un certain délai au delà duquel un brevet dont on n'a pas fait usage ne puisse plus servir ; il faut soumettre celui qui Fa obtenu jadis k un examen nouveau , qui constate qu'il n'a perdu ni ses connaissances positives ni le talent de les transmettre.

Si dans l'instruction secondaire publique, on maintient deax degrés , deux sortes de collèges , ceux de plein exercice et ceux qui ne sont pas de plein exercice, on conservera nécessairement dans Tinstruction privée la distinction des pensions et des institutions , et il faudra par conséquent deux sortes de brevet de capacité , deux examens différents , comme dans l'instfuction primaire. La condition pour être admis à l'examen de capacité , pour le brevet de maître de pensioa , sera le grade de bachelier es lettres ou es sciences ; la condition de l'examen pour le brevet de chef d'institution sera le grade de licencié es sciences ou es lettres.

TII. Hais je lonche et reviens encore ici au pro« le phis diScile de l'instmction secondaire :

faut-il ou ne faut-il pas deux sortes de collèges? Et dans toute hypothèse, quel parti fautnl prendre sur un assex grand nombre de nos collèges communaux? Commençons par reconnaître les faits.

Nos établissements publics d'instruction secondaire se composent de trente-neuf collèges royaux et de trois cent vingt collèges communaux.

Mais ces dénominations sont purement financières, et ne signifient rien scientifiquement. La vraie distinction des collèges est celle de collèges de plein exercice ou d'exercice incomplet.

Sur ces trois cent cinquante neuf établissements, les trente-neuf collèges royaux sont incontesublement des collèges de plein exercice ; et parmi les trois cent vingt collèges communaux , il y en a une centaine qui prétendent à de titre. Je reviendrai tout i l'heure sur ces collèges ; mais je m'occuperai d'abord des autres collèges communaux qui sont reconnus et classés comme des collèges incomplets.

Ceux-là forment beaucoup plus de la moitié de nos établissements publics d'instruction secondaire. Dans quel état sont ils? Je n'aurais pas le courage de le dire, si , pour le savoir, il ne suffisait d'ouvrir l'Almanach de l'université. La plupart sont tenus au compte du principal, et ne sont , à vrai dire, que de mauvaises ou de médiocres pensions. Il y en a qui n'ont pas plus de deux ou trois maîtres. Sans insister sur d'affligeants détails, il me suffira d'un mot pour prouver que ces établissements ne peuvent compter comme des établissements d'instruction secondaire : c'est qu'ils ne peuvent préparer au baccalauréat es lettres ou es sciences , lequel est la fin et la mesure de l'instruction secondaire.

Le mal que font ces tristes écoles est incalculable. Elles attirent par l'appât du bon marché une foule d'enfants qui n'y conviennent point , et elles enlèvent au collèges de plein exercice des sujets qui y eussent réussi et qui , faute de la culture convenable , n'arrivent pas à leur développement.

Que faire donc de ces établissements? En Prusse , s'il y a des établissements semblables , ils sont en très* petit nombre ; ensuite il leur est interdit de porter le nom de gymnases. Je ne conseille pas de supprimer en masse deux cents collèges, et de blesser ainsi tant d'intérêts de tout genre. Mais je n'hésiterais pas à por-* ter la main sur les plus mauvais de ces collèges qui sont encore assez nombreux. Il faut leur êter le nom respecté de collèges, et les rendre à leur origine : c'étaient des pensions libres ; qu'ils redeviennent des pensions ; ou plutôt efforçons^nousde les transformer en écoles primaires supérieures.

L'instruction secondaire n'est désirable, qu'autant qu'elle est bonne, et toute rille qui n^ peut avoir un bon collège , se rend à elle-même an mauvais servies

DE L INSTRUCTION SECONDAIRE

en soutenant an coUége misérable , an Ue« dVppliqaer ta même dépense à une école primaire sapérieare qui, bien entretenue et peu à peu sagement agrandie, porterait d'excellenls fruits ; car enfin dans cette école primaire supéneure, il peut y avoir un enseignement religieux très-solide , de Thistoire et de la géographie générale et nationale , les éléments des mathématiques et des sciences naturelles, une langue étrangère, la musique et le dessin , en un mot tout ce qui est nécessaire à ceux qui ne se destinent pas aux carrières savantes. Malheureusement, les écoles primaires supérieures n'existent guère que dans la loi. Une haute pensée sociale a présidé à cette sage création. Les chambres ont ajouté 500,000 francs au million qu'elles avaient affecté à Tinstruction primaire, afin d^aider le gouvernement à accélérer la formation des écoles partout où la loi les impose ; toutefois il n'en existe jusqu'ici qu'un fort petit nombre , et qui ne sont pas et ne peuvent pas être encore assises sur des bases bien solides. Si l'instruction primaire était depuis longtemps florissante en France , s'il y avait partout d'excellentes écoles élémentaires, on pourrait aisément faire avec les meilleures de ces écoles des écoles primaires plus élevées ; mais il nous faut créer à la fois et des écoles élémenuires et des écoles primaires supérieures. Dans cette situation , c'est presque une consolation d'avoir tant de collèges irrémédiablement défectueux , par la facilité qu'ils nous offrent d'en tirer au moins de bonnes écoles primaires supérieures.

En effet , il ne s'agit ici que de réduire ou plutôt de mieux distribuer l'enseignement. Il n'y a si mauvais collège communal qui n'ait deux ou trois maîtres , un pour les sciences , un ou deux pour les lettres et tout ce qui s'y rattache. C'est un triste personnel pour mettre en œuvre un programme un peu raisonnable d'instruction secondaire ; mais c'est là un personnel suflisant pour une école primaire d'un ordre même assez élevé , de sorte que nous pouvons avoir en assez peu de temps , au lieu de mauvais collèges , de bonnes écoles primaires supérieures. Voilà les vraies écoles intermédiaires que la loi a créées et qu'il s'agit d'organiser, au lieu de se jeter dans des créations équivoques d'établissemenu bâtards , moitié industriels et professionnels , moitié littéraires, que réclament à tort et à travers des personnes qui n'ont pas la moindre idée de la nature et de la mission d'un ministère de l'instruction publique. Il n'a jamais existé en France de semblables établissements. J'ai déjà dit qu'il n'y a rien de pareil non plus en Allemagne et en Prusse , où, encore une fois, les GewerbiehuUn sont des écoles positivement professionnelles, des écoles d'arts et métiers , qui relèvent du ministère de l'intérieur, tandis que les Realgchulenwni de véritables Bwrgenéktden ou Mitteltchîdm, c'est-à-dire des écoles primaires

supérieures, avec quelques annexes industriellei plus on moins conndérables , selon les besoins dei loeslités. Voilà , je le répète , les écoles que la loi do 28 juin 4853 nous a j^romises , et que nous poorriom en très-peu de temps réaliser en opérant habileoient et courageusement , sur une centaine de maavaii collèges communaux, la transformation doolooreote, mais salutaire, qui seule peut les sauver de leur miDe absolue quand viendra la libre concurrence , et eo tirer quelque utilité pour les villes et pour le pays.

Je reviens maintenant à nos collées commaoauxde plein exercice.

Il y a à peu près cent collèges communaux, diu de plein exercice , et qui sont, en principe, semblables à des collèges royaux pour la discipline et les études. Mais cette ressemblance n'est qu'apparente, et la plupart des collèges communaux de i^ein exercice , toot en vaUint mieux que les antres collèges , sont eoxmêmes extrêmement faibles et daas un état qui réclame toute l'attention du gouvernement. Il n'y a gaère plus d'une vingtaine de collèges communaux qui fassent exception. Et le mal , ici, n'est pas accidentel; il dérive de la constitution même de ces collèges. Pr^ mièrement , les allocations qui sont faites par les viliei pour le traitement des maîtres, sont, chaque amtée, remises en question , et peuvent être modifiées, dimn nuées ou même supprimées. Une position aussi précaire ne peut tenter des hommes de mérite. Aussi a-t-il fallu abaisser les garanties scientifiques pour les mettre d'accord avec les conditions économiques. On ne peut être professeur dans un collée royal sans avoir passé par l'épreuve redoutable de l'agrégatioo; mais pour enseigner dans un collège communal, même le meilleur , il n'est besoin ni du titre d'agrégé, oi même de celui de licencié : le baccalauréat suffit, c'est-à-<lire la preuve jusqu'ici très-équivoque qu'oui reçu soi-même l'instruction qu'on esl chargé de donner aux autres. Des maîtres d'un rang aussi inférieur ne sont pas appelés professeurs, mais régenu; elles élèves de l'école normale qui s'y laissent déporter, sont ceux qui ont succombé au concours de l'agrégation ou qui n'ont pas même osé l'affronter. Cet étal de choses ne peut pas durer plus longtemps sans un rrai danger pour la société. Il n'y a qu'un moyen de tarir le mal , c'est de remonter à sa source ; il faut exiger : 1® que le budget de chaque collège cesse d'être annuel, et soit quinquennal, ou triennal au moins comme es Prusse; ^ que, pour enseigner dans un collège de plein exercice , il soit nécessaire d'être sinon agrégé. au moins licencié es lettres ou es sciences.

Ces mesures sont bien simples en elles-mêmes, la nécessité les impose ; l'expérience les indique. Elles pourraient , en assez peu de temps, doter la France d'une certaine quantité de vrais colites, royaox et

DANS LE ROYAUME DE PRUSSE

commiiiiavx, qui rdèveraeDirimlniciMii secondaire et la placeraîeiit au rang qoi lui appartient dans une grande nation civilisée. En suivant ki proportion de la population « pour être aussi riche que la Prusse , la France devrait avoir 275 bons 'collèges de plein exer^ cice , comme la Prusse possède ilO bons gymnases. Que les chambres veuillent réfléchir à cette proportion f et qu'elles disent si le plan que je propose est excessif.

fions n'avons que 59 collèges royaux* Pour exciter et eneaurager les départements et les villes , et donner d'abord une forte impulsion à Tinstruction secondaire, je propose de choisir quelques-uns des meilleurs collèges communaux existants, en ayant égard aussi aux eonvenaoces géographiques et politiques, et de les convertir en collèges royaux.

Par exemple, cinq collèges royaux à Parts sont insuffisants. Autrefois, il n'y en avait que quatre. Le décret impérial du 16 novembre 1811 posa le principe de quatre nouveaux collèges; le décret du 21 mars 1812 commença l'exécution; les désastres de 1813 et 1814 la suspendirent ; la restauration la reprit ; il serait digne dn gouvernement de juillet de Fachever. Il faut évidemment un nouveau collège pour ceue grande r^on de l'autre côté de la Seine , entre le collège Charlemagne et le collège Bourbon. Il fan» drait placer là un collège d'externes où la distinction des deax divisions des classes inférieures et des classes supérieures serait fortement marquée, et où le programme de la division inférieure, habilement concerté, attirerait, des quartiers et faubourgs Saint-Denis, Samt'lfariin, Montmartre, Poissonnière, etc., une foule d^èlèves, parmi lesquels un certain nombre, montrant des dispositions heureuses , passeraient plus tard dans la division supérieure. Et je désire dans des vues , non de courtisan , mais d'homme politique , que ce nouveau collège royal d'externes, soit appelé collège d'Orléans , pour attacher le nom de la dynastie nouvelle à un établissement qui serait infailliblement populaire. Cela n'empêcherait pas la ville de Paris d^HConrager les écoles d'arts et métiers qui peuvent se trouver dans son sein , et d'en élever une à la dignité d*école municipale , qu'on pourrait placer rue de Charonne, selon le vœu du décret impérial du21 mars 1812, pour la nombreuse et industrieuse population de ces quartiers.

L'académie de Paris comprend sept départements. Combien croit-on qu'il y ait de collèges royaux dans toute cette académie , outre ceux de Paris? Deux, l'un à Versailles , et l'autre à Reims. Entre Paris , Reims , Nancy , Dijon et Orléans , dans ce vaste rayon , il n'y a pas un seul collège royal.

Conçoit-on que la ville de Lille , le centre d'une des ivovinces les plus riches et les plus populeuses de

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