‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 15 sur 212 · VENDREDI · texte numérisé non relu

VENDREDI

4^* Leçon du malin. Comme lundi.

^ Leçon. Une demi-heure, la classe supérieure fait un petit devoir, ou copie au net celui de la veille (travail muet). La classe moyenne écrit ce qu'elle a appris par cœur. Les commençants épellent et lisent. Une demi- heure pour corriger ce que la classe moyenne a écrit.

3* Leçon. Une demi-heure , classes supérieure et moyenne : lecture de la Bible. Le maître traitera , autant que possible, du texte qui doit faire le sujet du sermon du dimanche suivant. (Ce texte est fixé à Tavance pour les dimanches de toute Tannée par le consistoire.) Une demi-heure , les classes supérieure et moyenne récitent ce qu'elles ont appris. Les commençants copient sur Tardoîse.

V^ Leçon de Vaprès midi. Comme jeudi.

2« Leçon. Comme jeudi.

SAMEDI

4^* Leçon du malin. Comme mercredi.

â* Leçon. Comme mercredi.

3^ Leçon. Une demi-heure , classes supérieure et moyenne : VAmi des enfants, comme lundi et mercredi. Les commençants écoutent. Une demi-heure, classes supérieure et moyenne : calcul de tête. Les commençants copient sur Tardoise.

Après midi. Congé.

Remarques. 1® L'enseignement élémentaire de l'après-midi pour les commençants a huit demi-heures

par semaine. ( Voyez, lundi et jours suivants, l'* leçon de Vaprès midi.) Deux sont consacrées à des exercices de langue ou à des exercices intellectuels ; deux à réciter des versets et des sentences appris par cœur, deux à lire et deux aux éléments du calcuL

â^ On communique aux enfants , comme exemples calligraphiques, des modèles de quittances, de certificats, d'annonces officielles, de liquidations, de recon* naissances, de contrats, etc., elc. En outre, le maître leur donne des instructions sur la manière de confectionner ces sortes d'écrits, et les exerce en leur en donnant à composer eux-mêmes sans modèles. Telle est la nature des devoirs qu'on leur donne à faire. ( Voyez , jeudi et vendredi , la S® leçon du malin, et lundi et mardi , â*" leçon.)

3^ L'Ami des enfants de yi^îlmsen, ou le Livre de leclure et cTenseignemenlûe Schwabe, peuvent être pris comme manuels pour les connaissances utiles. Il ne faudra pas tronquer les chapitres sur l'homme, la phy* sique, la géographie, l'histoire naturelle ; mais il faudra au contraire les repasser l'un après l'autre en entier, de sorte qu'on ait parcouru le tout environ dans Tespace d'un an et demi.

A^ A la fin de chaque mois, un jour entier sera consacré à une répétition générale.

5® Le maître choisira, parmi les cantiques, un certain nombre de chants qu'il donnera à apprendre par cœur aux élèves de la classe supérieure et de la classe moyenne, pendant qu'ils sont en classe. Il donnera rarement un chant entier, seulement quelques ver^ sets ; mais ils devront être sus parfaitement. H insistera pour qu'ils soient récités clairement et de manière à prouver qu'ils sont compris. Il sera de la plus haute importance de les faire répéter de nouveau de loin en loin , et l'enseignement religieux en fournira aisément l'occasion.

6"" Si le temps fixé dans le plan des leçons ne suffit pas pour repasser le catéchisme , les chants d'église , les sentences et les évangiles choisis, on pourra encore gagner du temps les lundi et mardi , à la seconde leçon , avant midi , en ayant recours à l'enseignement mutuel ; c'est-à-dire que, pendant que le maître s'occupera d'une classe, un des élèves les plus capables de la classe supérieure ou moyenne fera épeler ou lire les commençants.

7"* Les travaux de chaque journée seront terminés par une courte prière , avec une sentence de la Bible ou un verset qui devra être chanté en diœur.

Tel est le plan des leçons pour une école dont les classes sont réunies. Dans l'école où elles sont séparées, les trois leçons du matin sont uniquement consacrées aux enfants des deux classes supérieure et moyenne. Les enfants de la classe supérieure , déjà plus âgés, sont libres ensuite d'aller aider leurs parents

dans les travaux de la campagne. Les commençaDls ne viennent que pendant les deux heures de Taprès midi qui leur sont consacrées , et ceux de la classe moyenne assistent encore à la première leçon de Taprès midi , et partagent les travaux des commençants. Le mercredi et le samedi , comme il y a congé Taprès midi , il faut bien que les trois classes soient réunies le matin.

Je ne veux pas oublier, M. le ministre, de vous signaler un des plus grands bienfaits de ce plan uniforme de leçons pour toutes les écoles du peuple , savoir, Tégalité de Tinstruction dans les classes inférieures, ridentité des habitudes intellectuelles et morales, Funité et la nationalité. Dans le haut , et à un âge plus avancé, il faut laisser l'individualité se développer ; car Tindividualité, c'est la liberté et quelquefois le génie : mais en bas , et dans Tenfance , Tuniformité est sans inconvénient , et elle est politiquement du plus haut prix. A Tégalité de notre code civil , à l'égalité de notre conscription militaire , joignons , s'il se peut, celle de l'instruction populaire.

Voici encore quelques usages qu'il serait possible de transporter en France , et qui donnent ici les plus heureux résultats.

Deux fois par an , au printemps et en automne , les instituteurs primaires de villages circonvoisins se rassemblent et forment des conférences, où ils se rendent compte amicalement des méthodes qu'ils emploient et des résultats qu'ils obtiennent. Ces conférences contribuent au perfectionnement des méthodes et à la propagation de celles qui , dans ces conférences , sont reconnues les meilleures.

On a fondé un cercle de lecture qui envoie à tons les maîtres d'école les meilleurs journaux et les meilleurs livres qui paraissent sur l'instruction primaire ; ces journaux et ces livres passent de main en main à tous les maîtres. Les fonds de cet abonnement sont faits par des cotisations des instituteurs eux-mêmes , et , au besoin , on vient à leur secours sur les fonds de la commune , de l'église ou de la caisse générale des écoles. Il y a un semblable cercle de lecture pour les pasteurs. C'est ainsi qu^il n'est pas rare de rencontrer , dans des villages d'Allemagne , des pasteurs et des maîtres d'école qui ont des connaissances à la fois solides et étendues. Leur instruction relève leur position et en fait des hommes considérables dans leurs localités.

Les maîtres d'école qui ont plus de zèle que de lumières, obtiennent la permission d'aller visiter les meilleures écoles voisines. Quelquefois même on les autorise , on les invite 5 venir passer quelque temps auprès de la grande école primaire de Weimar , qui est la meilleure de toutes les écoles de ce genre, et qu'on appelle Burgersehule, école bourgeoi$e : en même

temps ils profitent des leçons de Técole normale primaire , qui se trouve aussi à Weimar et qu'on appelle ici séminaire pour les maUres â^ école , Scminarium fur SchuUehrer; deux institutions que j'ai examinées avec un soin particulier et dont je dois vous rendre compte.

La BUrgerschule, ou , comme nous dirions, Técole primaire du premier degré de Weimar , est ouverte à tous les enfants de la ville , filles et garçons. Elle est située dans un très-beau bâtiment , et les familles les plus aisées de la bourgeoisie y envoient leurs enfants, qui s'y trouvent avec ceux des classes les plus pauvres. L'instruction y est à peu près la même que dans toutes les écoles primaires ; mais elle y est plus soignée; aussi le prix que payent les enfants est-il plus élevé. L'école est divisée en quatre classes, au lieu de trois; et chacune de ces classes peut avoir plusieurs divisions. La quatrième classe a pour Schnlgeld 1 rixth. 8 gros par an; la troisième , 2 rixth. ; la deuxième, 2 rixth. et 16 gros ; la première , 4 rixth. Ces quatre classes bien graduées conduisent les enfants jusqu'à rinstmction des gymnases. Je vous envoie le tableau de la répartition des leçons de la BUrgerschule de Weimar , selon les diverses classes , et leur distribution dans les différentes heures de la journée.

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