‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 195 sur 212 · I. rondement de l*analy«e · texte numérisé non relu

I. rondement de l*analy«e

Quand on a défini l'analyse une méthode de décomposition , oa n'a encore rien dit que de vague ; car la décomposition peut s'entendre de bien des manières , et s'appliquer k des termes ou à des objets de nature trèsHtiverse.

Cette diversité d'o|>jets en apporte en effet une bien essentielle dans le mode de décomposition, dans l'eapèee des moyens employés , et par suite dans la métbode elle-Hième.

S'agii-il d'objets réellement existants? S'agil-il senlemeikt d'idées archétypes , comme les appdie Locke, que nous faisons ou composons nous-mêmes?

L'analyse proprement dite ne peut s'appliquer qu'à ce qui est donné d'abord à notre esprit ou à nos sens, comme objet de connaissance obscure qu'il s'agit d'éclaircir ou de développer.

Or rien ne peut nous être donné hors de TexisteDce ou sans elle ; par suite , rien , hors ce qui existe , ne peut être objet d'analyse.

Lorsqu'on parle de l'analyse des sensations et des idées , lorsqu'on propose de décomposer la pensée , il feut eu qu'on change l'acception des mots , ou qu'on attribue à de simples modes séparés de leur sujet d'inhérence, à de purs phénomènes ou efifets abstraits de leur cause productive, la réalité qui appartient ou que nous croyons nécessairement et exclusivement appartenir aux substances ou aux causes.

Les abstraits ne peuvent être qu'éléments de synthèse , résultats antérieurs, mais non point termes ou objets actuels d'analyse.

La synthèse, comme son nom l'indique , ne fait que composer ou construire : or l'esprit ne compose on ne construit pas les existences , il les prend toutes faites ; il les constate par l'observation externe ou interne.

Tout ce qui existe , l'esprit de l'homme ne le fait pas ou ne l'a pas fait ; et tout ce qu'il fait n'existe réellement pas.

Il suit de là que l'analyse est bien b véritable et la seule méthode philosophique ; car la philosophie est éminemment la science des réalités; ce qu'elle a besoin de connaître, ce qu'elle cherche sans cesse, c'est ce qui est hors des phénomènes et sous les apparences sensibles , ce qui est conçu exister à titre de sobsUoce et de cause , notions universelles et nécessaires dont notre esprit et par s<«te »os langues ne peuvent se passer.

Cette manière de considérer ou de définir l'analyse, nous conduit déjà à une première conséquence trèsimportante pour notre objet.

C'est que l'idéologie ou la science logique n'est qu'une partie subordonnée de \» pbîlosophie proprement dite , au lieu d'être la pbiloso|Aie tout entière , comme on l'entend depuis Gondillac ; et que la méthode exclusivement employée et recommandée de nos jours sous le nom d'analyse » est wè véritable synthèse.

Deux exemples illustres pourront appuyer et éclair* cir ces piremières remarques.

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