ABTICLB SECOND DC TABLEAU GÉNÉRAL
GYMNASES ET ËGOLES.
11574 thaï, sont versés chaqoe année par le trésor public grand-ducal de Weimar pour les gymnases et les écoles,
6400 thaï, votés anciennement par les étals du pays, et 5174 volés noovellemenl
par les élals depuis
240 1 versés annuellement par la caisse particulière
(la cassette du grand-duc) pour les gymnases et les écoles.
550 versés annaellement par la caisse particulière
pour des portions de bourse (stipendia).
I45â5 ihal. versés chaque année par le trésor public et par la caisse particulière pour les gymnases, les écoles et les élèves.
Outre les fonds mentionnés ci-dessus au budget , 1« caisses municipales de Weimar et d*Eisenachfour nissent des allocations considérables aux écoles bourgeoises (0ttr9erscAtt/fn) de ces villes.
Enfin la caisse particulière du grand-duc donne encore chaqae année une somme de 3,565 thaï, pour secours, soit aux églises, soit à Tinstruction publique ; maïs on ne peut les porter en compte , parce qu'ils se distribuent entre les hôpitaux, les églises, les écoles, etc.
Le temps, qui me manque, me permet à peine, M. le ministre, de résumer ici en peu de mots les réflexions qui sortent des diverses parties de cette lettre.
1* Pour rinstruction primaire , faire faire des ouvrages qui répondent aux divers degrés de Tinstruction {MTÎmaire , et qui , sans être imposés à tous les départanents de France , leur soient envoyés et recommandés. Âssarément, chaque département devrait ajouter à ces manuels des suppléments qui renfermeraient bien des choses spéciales, la géographie du département , son histoire, etc. ; mais rien n'empêche qu'à côté et au-dessus de ces productions locales, TÉtat, que vous représentez, M. le ministre , ne propose ce qu'il croit
convenir à tous les Français ; car la France est une , si les départements sont différents , et il y a là deux sortes d'intérêts qu'il faut respecter et concilier. Mais pour obtenir ces manuels , qui seraient communs à toute la France, je me garderais bien de m'adresser à une commission, ce qui ne mène à rien , comme l'expérience l'a c m fois prouvé ; je m'adresserais à des instituteurs distingués dans les divers degrés d'instruction primaire , et je demanderais à chacun d'eux un travail spécial, que le conseil royal reviserait luimême.
S^ Pour rinstruction secondaire , je maintiens tout ce que j'ai dit dans ma première lettre de Francfort. Cette seconde expérience me parait concluante : supprimer les censeurs dans les collèges d'externes , et y faire du provisorat un appendice du professorat.
3<> Pour notre école normale, substituer aux bourses entières des demi-bourses et des trois quarts de bourse; ou , si l'on veut maintenir quelques bourses entières , les réserver pour les deux ou trois premiers dans la liste de mérite qdi résulte des examens de chaque année. Songer à une publication des travaux de l'école, sous la surveillance du directeur.
4** Quant à l'instruction supérieure , substituer à nos facultés isolées, perdues çà et là dans les déserts des provinces , de véritables universités en très-petit nombre , mais fortes et pleines de vie , qui seraient toujours en rapport avec vous , comme nos facultés et tous les établissements d'instruction publique, mais qui éliraient chaque année leurs autorités immédiates, leurs doyens et leurs recteurs ; substituer aux concours, qui ne donneront jamais que des hommes médiocres , un mode de nomination plus rationnel ; généraliser et appliquer à toutes les facultés l'excellente institution des agrégés auprès de la faculté de médecine de Paris ; établir ainsi une riche pépinière de jeunes savants dans chaque université ; faire payer les cours , dans Tintérét de l'enseignement , des étudiants et des professeurs; donner des prix annuels dans chaque faculté, et<iattacher à la proclamation de ces prix beaucoup plus d'importance qu'à celle des prix de collèges. Ce sont là les bases de toutes les universités de l'Europe : il faut les transporter parmi nous ; il faut par là vivifier les provinces et ajouter au mouvement que nos institutions communales et départementales répandront , j'espère, en créant de grands centres d'activité intellectuelle et morale , des foyers de lumière semblables à ceux qui éclairent toutes les parties de l'Allemagne. Je ne développe ici aucune de ces idées , sur lesquelles j'aurai souvent occasion de revenir et d'insister.
Je crois, M. le ministre, avoir à peu près épuisé toutes les recherches que m'imposait ma mission dans
RAPPORT SUR L'ÉTAT DE
le grand-duché de Saxe-Weimar. En le quittant , j'ai besoin de renouveler auprès de tous l'expression de ma vive reconnaissance pour toutes les bontés dont j'y ai été comblé et les facilités qui m'ont été données. M. Peucer, le directeur du consistoire , a bien voulu me consacrer chaque jour trois ou quatre heures d'entreiieu « et le reste de la journée m'introduire lui* même , avec M. le théologien Roehr, membre du consistoire , dans les établissements que je désirais visiter. M. le ministre de Gersdorff et M. le chancelier de Mûller m'ont prodigué mille attentions ; ils ont mis entre mes mains les secrets de la bienfaisance de son altesse la grande-duchesse de Saxe-Weimar, et de sa vive et ingénieuse sollicitude pour tout ce qui concerne rinstruclion du peuple , son éducation morale et le soulagement de ses nûsères. L'éducation publique semble l'objet principal de ce gouvernement vraiment paternel; et je n'oublierai jamais les deux jours que j'ai passés à Weimar dans le spectacle de la puissance uniquement occupée à rendre les hommes meilleurs et plus heureux.
Demain , 3 juin , c'est-à-dire daifs quelques heures , je me rendrai à Leiptig.
Agréez « H. le ministre , etc.