‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 26 sur 212 · QUATRIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LETTRE

Lcipxig, 2 inin 1831.

Ud collège à pentioonnat.

MONSIEOR LE MINISTRE,

Je vous ai fait connaître les deux gymnases d'externes de Francfort et de Weimar ; je viens aujoui^ d'bui vous rendre compte de ma visite à Schulpforta , l'école de Pforta , gymnase à pensionnat. J'étais impatient de voir un établissement de ce genre en Allemagne ; j'en ai trouvé l'occasion ce matin à Pforla , près de Naumburg , sur la route de Weimar h Leipzig. Je m'y suis arrêté quelques heures , que j'ai mises à profit pour l'importante question des collèges à pensionnat.

Quand l'électeur Maurice embrassa le protestantisme et sécuhurisa les biens de l'Église, il convertit en écoles un certain nombre de grands couvents de la Saxe , et il laissa k ces écoles les dotations des couvents , sous la condition qu'elles entretiendraient un certain nombre d'élèves que leur enverraient les différentes villes de la Saxe : de là , entre autres écoles , les trois écoles

L'INSTRUCTION PUBLIQUE

princières, die FUrgiemehulen , de la Saxe, savoir, celle de Meissen , celle de Merseburg (i) , et celle de Pforta , qui est la plus célèbre des trois. Quand la partie de la Saxe où se trouvait Pforta passa à la Prusse, celle-ci se garda bien de changer la destination des revenus de Schulpforta ; c'eût été une iniquité et une faute , que de priver un pays nouvellement acquis d'un établissement qui l'honorait et l'enrichissait. Or, si l'on voulait conserver un gymnase de boursiers à Schulpforta, il fallait bien que ce gymnase fût un pensionnat ; car Pforta n'est pas une ville , c'est à peine un village ; il faut absolument loger les élèves et les héberger , ou n'en pas avoir : de là le pensionnat de Schulpforta. Vous voyez donc , M. le ministre , que le gymnase à pensionnat de Pforta n'est point une institution rationnelle , si je puis m'exprimer ainsi , imaginée et adoptée parce qu'on préférait des pensionnaires à des externes pour ce gymnase ; c'est l'œuvre de la nécessité. La Prusse n'a fait que maintenir Tancien emploi des dotations existantes ; elle n'a pas fondé des dotations pour l'avantage d'avoir des pensionnaires. Ici ce sont les dotations préexistantes qui ont amené le pensionnat ; chez nous , très-souvent , c'est le besoin du pensionnat qui a amené ou soutenu les bourses. De plus , en France , les collèges à pensionnat , outre les boursiers , ont beaucoup de pensionnaires libres; ils en ont le plus qu'ils peuvent; c'est tout le contraire à Schulpforta , où il y a à peine une vingtaine de pensionnaires libres sur deux cents élèves. Tout y dépend des anciennes dotations. Encore une fois, c'est parce que ces dotations existent et ne peuvent être enlevées à Schulpforla , qu'il y a des boursiers, et ces boursiers ont attiré peu à peu quelques pensionnaires libres. Les dotations de Schulpforta donnent plus de 40,000 thalers de revenu (environ 160,000 francs) , avec des bâtiments très-considérables, dans une situation magnifique ; de là cent cinquante bourses ou demi-bourses, que le gouvernement prussien abandonne en grande partie aux villes de la Saxe qu'il a acquises. Ces cent cinquante boursiers, choisis naturellement parmi les sujets les plus distingués de la Saxe , puisent h Schulpforta l'esprit du gouvernement prussien et le réfléchissent dans cette province. Outre ces cent cinquante bourses , le roi , dit-on , vient de créer encore, par des raisons politiques, vingt autres bourses , dont il a remis la nomination au consistoire de Magdebourg , qui en dispose pour la province de ce nom. Il y a quelques élèves envoyés par leurs familles, et qui payent une petite pension ; mais il y en a à peine une vingtaine; et ils doivent être des enfants du pays. Il y a aussi quelques autres élèves qui , par

(i) L'école prinoière de Merseburg a été depuis Iransporléeà Grimma.

DANS QUELQUfS PAYS DE L'ALLEMAGNE.

fMfftievlîer, demearent chei les profcneon, sont nourris p«r eux , leo? {MiyeDt poMion et n^apparlieDoentà réublittementqoe par learptrliciiMitkHtt aoz leçons eonuiNinet. Le nombre toul des boursiers et des pensionnaires ne peut dépasser deux cents. Le pensionnat de Schulpforta ainsi constitué , il s*agit de savoir comment il est administré. Rien de pins simple r il y a on administrateur pour le matériel, qui est notre économe, et un nctemr pour les études et la dis^ cîplîne. Mais là même, dans ce gymnase à pensionnat, il n*y a pas de censeur : ensuite le recteur , chargé des étodes et de la discipline , est Ini-méme nn professeor , qui fait des classes comme ses collègues ; senlemoil il en fait un peu moins ; mais c*est toujours nn des leurs, et d*ordinaire le plus habile. 11 n'y a ni froreciemr ni amrectmr , comme k Francfort ; le rec» leur gooreme seul le gymnase , comme à Weimar, où il n y a que des externes. Tons les samedis , il y a une conféreDce de tous les professeurs , présidée par le reeteor , où Ton traite des affiîres de to maison , et la chose Ta parfaitement ainsi. Ayez donc la bonté, M. le minislre, de tenir compte de ceci , que , dans nn collège de deux cents pensionnaires , le luxe d*un censeur est îneoDnn; qne le proviseur, qui est tont aussi occupé que les proviseurs de nos collées, n*a qn*on préciput, comme provisenr , et qn*ii est professeur. Et encore est-il astreint , ccmime les autres recteurs de gymnases d'externes , à faire des dissertations latines pour les solennités de la maison ; seulement , h Schulpforta , les professeurs font tour à tour bi dissertation de ri* gneor dans les exercices ; et peut-être cela vaat-il mienx , car tons les professeurs paraissent ainsi succesnvement devant le public.

Je me suis procuré une histoire de ce bel établissement , par les professeurs Schmidt et Kraflfl (dis Lanénêekmiê Pfort$, 4814. ) Ses règlements remontent jusqu'à réiectenr Maurice. Ils ont éprouvé beaucoup de modifications, et le gouvernement prussien vient d'y apporter des améliorations considérables. Le nou« veau règlement n*est pas encore imprimé ; mais on me Ta communiqué en manuscrit; en voici un eitrait, ainsi que du prospectus qui fut publié en 48S5.

L'école de Pforta est destinée à un certain nombre d'enfants exclusivement de la confession évangélique, qui veulent entrer plus tard à Tuniversité, et se destinent aux études et aux professions libérales.

Nul n'est admis au-dessous de douze ans. Pour y entrer, il faut justifier de toutes les connaissances prélirainaires qui, chez nous, répondent au moins à la première année de grammaire; à savoir, les éléments de l'histoire et de la géographie, de Farithmélique et de b géométrie, un peu de latin et de grec.

il y a douze professeurs, y compris le recteur et 1 raspecteur ecclésiastique : ils forment ensemble le

a»CSI!l. — TOME III.

collège des maîtres, fl y a en outre des asattres de musique, de dessin, de danse et d'écriture.

Parmi les douze maîtres, les huit premiers sont titulaires ; quatre, plus jeunes, portent le titre d'adjoints; ils sont ordinairement appelés ailleurs, après un séjour de cinq à six ans à Pforta, pour remplir dans d'autres écoles les fondions de directeurs on de professeurs titulaires. Ainsi le double principe de la fixité et du mouvement se trouve représenté à Pforta : les titulaires conservent les bonnes traditions de l'éeole, tandis que les innovations peuvent s*y introduire successivement par les jeunes recrues qui souvent y viennent enseigner, à peine au sortir de l'université.

Il y a trois classes : la première, la seconde et la troisième; mais ces deux dernières ont chacune deux divisions. On reste un an dans chaque division de troisième et de seconde , et deux ans dans la première classe. Celui qui n'a pas achevé son sexenmum ne peut passer l'examen du départ (Àbiturieniên^Bxamen)^ et obtenir le certificat auquel il donne droit, il y a des examens pour passer d'une classe à l'antre, et même d'une division à une division supérieure. Dès la classe inférieure, les dispositions des élèves se développent, et ceux qui ne montrent aucune aptitude pour les études sont rendus à leurs parents. L'enseignement est simultané, comme partout en Allemagoe. Dans les classes inférieures, les élèves doivent s'appliquer également à toutes les parties de Finstroction ; mais dans les classes supérieures, oft déjà les divenes capacités ont pu se dévoiler, on a plus d'égards pour les élèves qui, distingués dans une partie, restent un peu en arrière dans une autre.

Les objets de l'enseignement sont : la religion, le latin, le grec, Tallemand, les mathématiques, la phy*sique, l'histoire et la géographie. Tous les élèves des classes supérieures reçoivent des leçons de français ; et ceux qui se destinent à la théologie et à la philologie, suivent en outre un cours d'hébreu. Im musique est enseignée dans toutes les classes; le dessm, aux élèves de la seconde et de la troisième classe, qui prennent en outre des leçons de danse ^t d'écriture.

La première classe a S8 leçons d'une heure par semaine, pour chacune des deux divisions ; 9 de latin, 6 de grec, 4 de mathématiques, 2 de religion, 3 d'allemand, â de français, 2 d'histoire^ i de physique, et pour quelques élèves 2 leçons d'hébreu.

La seconde classe, première dirision, M leçons ; 11 de latin, 6 de grec, 4 de mathématiques, 8 de religion, i d'allemand, 2 d'histoire, 2 de français, et pour quelques élèves 2 leçons d'hébreu.

La seconde, deuxième division, 30 leçons; 18 de latin, 5 de grec, 4 de mathématiques, 8 de religion, 8 d'allemand, 5 d'histoire et de géographie, 2 de français, et 8 leçons d'hébreu.

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La troÎMèDie, poar les deux divînons, 50 leçons; 44 de latin, 5 de grec, 4 de mathématiques, 5 de géographie et d'histoire, â de religion, 2 d'allemand.

En outre , les deux divisions de la troisième classe reçoivent par semaine, des élèves de la première classe, 4 leçons de latin et ^ de grec, et, comme nous le verrons, chaque élève de première a toujours un ou deux élèves de troisième qui demeurent avec lui chins la même chambre et sont placés sous sa surveillance directe.

Les divers auteurs latins qu'on explique successivement , sont :

Troisième classe , deuxième division : Jules-César (Guerre des Gaules), Justin, Cornélius Népos, les Élégies d'Ovide, les Fables de Phèdre.

Troisième, première division : les Lettres de Cicéron, Caton Fancien et Laelius , les Métamorphoses d'Ovide.

Seconde : les Discours de Cicéron, Tite-Live, Tacite (de la Germanie), l'Enéide.

Première: Cicéron (de l'Orateur, le Brutus, les Tusculanes, les livres sur la Nature des dieux), Horace, Tacite (Annales et Histoires).

I^ grammaire latine dont on se sert est celle de Zumpt. Pour les exercices de prosodie, on se sert du Gradué ad Pamassum, de Lindemann, du dictionnaire de Scheller et Lindemann , et du dictionnaire latinallemand de Kraft.

En grec, on emploie les ouvrages suivants :

Troisième dasse , deuxième division : livre de lecture grecque de Jacobs.

Troisième classe, première division : l'Attique de Jtcobs et les morceaux choisis.

Seconde , deuxième division : la Retraite des Dix mille, rOdyssée.

Seconde, première division : Hérodote , l'Archidamus d'Isocrate, l'Iliade, Vies de Plutarque.

Première : Thucydide, quelques dialogues faciles de Platon, Sophocle.

Les grammaires employées sont : celle de Buttman, dans les classes inférieures ; la grammaire moyenne du même, dans les autres classes; le dictionnaire de Passow, et celui de Rost, grec-allemand.

Il y a des exercices latins et grecs dans toutes les classes. On ne fait pas seulement des thèmes grecs, mais des vers grecs.

L'allemand est enseigné, dans les différentes chisses, par des traductions du latin , des compositions , des exercices en prose et en vers.

En première , on étudie la grammaire générale, la partie technique de la logique et les éléments de la psychologie empirique.

Pour la langue française , les élèves sont amenés au point de traduire immédiatement et assez correctement en français une dictée allemande.

L'histoire, la géographie, les mathématiques, sont parcourues dans tous leurs degrés , suivant les différentes classes.

Hors des classes et pendant les heures de travail particulier, les élèves se préparent sur les auteurs qu'ils ont à expliquer. Les élèves des classes supérieures ont à rendre compte par écrit des lectures qu'ils fonl, et ils soumettent de temps à autre aux professeurs de petites productions de leur façon, en prose ou en vers, sur des sujets qu'ils ont choisis eux-mêmes.

De temps en temps le recteur ordonne des revues des différentes classes , auxquelles il assiste avec tons les autres professeurs. A la fin de chaque semestre, a lieu un grand examen général. Pendant les neuf derniers jours qui précèdent , toutes les leçons sont suspendues, et les élèves composent par écrit des travaux dans toutes les langues qu'ils étudient, ainsi qu'en mathématiques ; ces différents travaux sont corrigés en séance générale. C'est alors qu'ils reçoivent leurs certificats de conduite , et qu'ils passent d'une classe ou d'une division dans une autre.

Les élèves qui doivent aller à runivernté sont soumis à un examen particulier, VAbiluriefUen-Exa" men. Une instruction générale pour tous les gymnases des États prussiens indique toutes les conditions à remplir pour ces examens de départ. Ce n'est pas le moment de la faire connaître.

Les élèves ont accès , à certaines heures, dans la grande bibliothèque de l'école , et peuvent se servir de tous les livres qu elle renferme.

L'établissement possède un cabinet d'arts {Kutuikabinei) , où se trouvent les plâtres des antiques les plus célèbres, des pAtes, des médailles et des gravures. Il y a dans l'école un appareil de physique , un herbier , une collection de cartes géographiques et de globes ten'cstres , des pianos à queue pour le chant , des modèles de tout genre pour le dessin. Ces collections et la bibliothèque ne viennent pas seulement des riches revenus de l'établissement ; elles sont entretenues et augmentées par les contributions obligées des élèves, qui , en entrant, payent un certain droit pour la bibliothèque et le cabinet de physique , comme à luniversité d'Iéna.

La discipline n'est pas moins soignée à Schulpforta que les études. Tous les élèves, à Texcepiion de ceux qui demeurent chez les professeurs titulaires , car les professeurs titulaires ont seuls le droit d'avoir chez eux quelques élèves, sont partagés en douze chambres. Dans chaque chambre, il y a plusieurs tables , à chacune desquelles travaillent ordinairement trois ou quatre élèves. La première place est occupée par un élève de la première classe ou de la première division de la seconde , el cet élève s'appele Ohergeselle , c'est^-dire à peu près maître compagnon ; la seconde place est occu-

DANS QUELQUES PAYS DE LALLEMÀGNE

pée pr on éiève de la seconde elasse, que Ton appelle MiUelgeieUe » le c<Mnpagnon du milieu ; la troitième ei la quatrièffle, par des élèves de troisième qui sont les compagnons inférieurs, Vntergeselle, Le maître compagnon, notre sergent, a toute autorité sur les autres, et leur donne tous les jours une leçon de latin ou de grec, ce qui a pour effet de ne laisser aucun élève sans secours dans ses travaux particuliers , et de fortifier les plus capables par les leçons mêmes qu'ils donnent aux plus faibles. Comme chaque table a son directeur , de même chaque chambre a le sien dans un élève qu'on appelle inspecteur , et qui a la surveillance sur tous les élèTea de sa chambre. Il est lemallrede quartier, et c^est loi qui est responsable de tout ce qui se passe dans ceUe partie de rétablissement. Les douze inspecteurs sont choisis tous les six mois, après le grand examen, par tous les professeurs, en présence des élèves ; et après qu'on leur a fait connaître les devoirs qu'ils auront à remplir , ils prennent , entre les mains du recteur , rengagement d'y être fidèles. Dès lors ils ont sur les autres élèves une autorité qui ne peut être méconnue. Ils rappellent à Tordre ceux qui s'en écartent, et peuvent même, au besoin, imposer quelques pensums ou défendre de descendre au jardin pendant les récréations. Ils font leur rapport au recteur ou au professeur qui est de semaine , jifcrsonnage dont il sera question tout à l'heure, sur toutes les fautes graves et qui entraîneraient de plus fortes punitions. C'est l'inspecteur qui sert à table pendant le dîner.

Chaque semaine , deux des inspecteurs sont chargés de la surveillance générale sur toute l'école. Ils maintiennent l'ordre à la sortie des classes , dans le corridor sur lequel donnent toutes les chambres , dans le jardin , pendant les repas, à l'église et pendant les prières dn matin et du soir.

Tous les samedis , après midi , les maîtres se réunissent en conférence, à laquelle peuvent être admis les inspecteurs , pour faire les rapports, entendre les plaintes ou les éloges du professeur de semaine sur la conduite des élèves , ou recevoir les ordres et les instructions du recteur.

Chaque élève, en entrant à l'école, est particulièrement recommandé k l'un des douze professeurs, au choix des parents. Ce professeur est dès tors regardé comme son tuteur, et se charge de surveiller toutes ses petites affaires privées. Il répond de sa conduite à Tétablisseraent et même aux parents , avec lesquels il correspond.

Chaque professeur, k l'exception du recteur et de rinspecteur ecclésiastique , est à son tour, pendant une semaine , chargé de la surveillance générale de l'école ; on l'appelle pour cela hebthmadarius. 11 habite, pendant cette semaine, dans une chambre voisine des salles d'étude , et n'en sort que pour aller

où ses fonctions l'appellent. Il fait la prière du matin et du soir ; il visite les dortoirs aussitêt que les élèves sont levés , et les classes pendant les répétitions ; il assiste aux leçons que donnent les élèves inspecteurs à ceux des classes inférieures ; il est présent au repas; il conduit les élèves à l'église , exerce enfin une surveillance continuelle sur le bon ordre , la propreté et la bonne conduite de tous les élèves et de tous les agents de rétablissement. Vh$hd<madarius et les inspecteurs remplacent ainsi, sans frais, notre censeur et nos maîtres de quartier.

Chaque professeur peut imposer des punitions aux élèves ; mais dans les cas graves , il en réfère à la conférence des professeurs , qui s'appelle synode. Celui-ci instruit l'affaire et fixe les punitions. La moindre consiste en une admonition du recteur dans la chambre de l'élève ou en présence du synode : pour les élèves de première , la prison simple ou la prison au pain et k l'eau. Enfin , si toutes ces punitions sont insuffisantes , l'élève est renvoyé de l'école.

Nul élève ne peut avoir plus de sept gros par semaine k dépenser k sa volonté. Pour augmenter cetle somme, les parents doivent avoir l'assentiment de l'autorité.

Dans le grand jardin de l'établissement , les élèves jouissent de promenades agréables; on y a formé cinq grands jeux de quilles pour les cinq classes , et des dispositions ont été prises pour éublir des exercices gymnastiques. Souvent on conduit les élèves dans les environs de Pforta. Quelquefois les tuteurs emmènent avec eux , dans leurs promenades , les jeunes gens qu^ leur ont été recommandés.

Deux fois par an , au commencement de mai et k la fin d'août, toute l'école, avec de la musique, se rend sur la montagne voisine , et s'y livre à des jeux ou k des danses, sous des tentes dressées exprès. Tous les professeurs , avec leurs familles, assistent k cette fête , ainsi qu'un certain nombre d'habitants de Naumburg « ville la plus rapprochée de Pforta. L'hiver, on donne souvent des concerts ou de petits bals.

L'été, le médecin ou le chirurgien de l'école conduit les élèves au bain , k la rivière voisine , la Saale , qui coule sous les murs de l'école , et on leur apprend à nager.

Avec un pareil système d'études et une telle discipline, pour obtenir les plus heureux résultats, il ne faut que de bons maîtres ; et certes ils ne manquent pas à Schulpforla. Les professeurs titulaires sont MM. Lange, Schmieder, Wolf , Jacobi , Neue , Koberstein, Nalop, Steinhart; les adjoints, MM. Jacobi, Bttttman ^ l^rentz et Bûchner. M. Lange est recteur. Son prédécesseur était M. llgen , bien connu comme httérateur et philologue par les Carmina Grmcorum conmvalia , et ses belles traductions en vers latins de plusieivs morceaux de Schiller et de Cœthe , entre

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aalret de ta Cloche. M. Lange esi luî-méaie un bon latiniste et un connaÎMear de Tantiquité , comme il Ta bien pronvé par la dissertation qu'il fit en 1 821 , de Sèverilale disciplina porUnsis, et par celle qu'il vient de publier sur un vase étrusque du cabinet du prince de Canino, que M. Th. Panofka a fait connaître dans les Monumenti inediti pubblicali dalVInetilulo di eorrispondenxa archeologica ; Rome , 48S9. 11 se charge de toutes les leçons les plus importantes de latin dans les classes supérieures. M. Schmîeder est Tinspecleur ecclésiastique. C'est notre aumônier. Il est professeur, et il n'y a pas une seule division où il ne fasse un enseignement religieux, qui dans la première classe est assez élevé. MM. Neue , Wolf et Nalop se partagent les différentes classes pour le grec , le latin et l'histoire. Je connais de M. Neue une dissertation intitulée Saphonie Mylilenem fragmenia , epecimen opéra in omnibu» arlie Grœcorum lyricœ reliquiie, exeepto Pindaro f colloeandm ; Berlin, 4837. M. Koberstein a l'enseignement de la langue française et celui de la littérature allemande. Il a donné en i828 une dissertation sur la langue d'un vieux poète autrichien nommé Peter Suchenwirt, et il est l'auteur d'un excellent ■lanuel de littérature allemande, Grvndriee lur Geeehichîe der deuiechen Nationtd-ldUeraiur, qui en est à sa seconde édition. M. Steinhart , tout jeune encore, est déjà une des espérances de l'histoire de la philosophie ancienne. Tous ceux qui s'intéressent à cette partie si belle et si obscure de l'antiquité, ont distingué en 1829 un petit et savant essai intitulé : Quesiiionum de dialeelicd PUuini ratione faecicuLue primus, spécimen hisUmœ philosophim Alexandrina à se conscribendm, in-4<^. J'ai appris ici que c'était «ne dissertation faite pour Schulpforta ; et j^ai été charmé de rencontrer dans ce gymnase un compagnon de mes propres études. M. Jacobi ( ce n'est pas celui de Kœnigsberg ) est chargé des mathématiques et de la physique. D'après le programme des matières, cet enseignement serait un peu plus élevé qu'à Weimar et à Francfort, sans l'être autant que dans nos collèges. M. Buttman , le professeur adjoint , est le fils du grand philologue. Au reste, je vous envoie, M. le ministre, le programme imprimé des leçons de 1829 à 1830, et le programme manuscrit du premier semestre de 1 851 . Vous y reconnaîtrez ce qui déjà peut se conclure des données précédentes , que la philologie est la partie forte des études , avec l'enseignement religieux et le chant. C'est un progrès d'avoir attaché à renseignement de la langue allemande quelques leçons de grammaire générale, de logique et de psychologie ; mais ce ne peut être là une préparation suffisante aux cours de philosophie de l'université. Passe encore pour la philosophie , qu'il est difficile et très-dclicat , j'en conviens , d'enseigner dans un gymnase , et qui , appuyée

sur la philologie et la religien , est trop bien établie et trop nationale en Allemagne pour avoir rien à craindre ; mais il n'en est pas ainsi des sciences physiques et mathématiques. Un trop faible enseigneoient daai les gymnases abaisse d'autant en ce genre celui de l'université, qui, pour être à la portée des élèves, cesse alors de se maintenir à la hauteur de la science , d'en suivre les progrès et d'y concourir.

En somme , le gymnase de Schulpforta est le plus complet que j'aie encore vu en Allemagne. Je l'ai visité en détail. Grâce à l'obligeance de M. le recteur Lange, rien ne m'a été caché. Je rends hommage à ce bel établissement ; mais loin d'ébranler , il n'a fait qu'affermir davantage l'opinion que j'ai si souvent émise au conseil royal sur les collèges à pensionnat. Permettezmoi, M. le ministre,. de m'expliqner à cet égard avec une entière franchise.

i^ Schulpforta n'est point une institution moderne, une libre invention de l'esprit; c'est un héritage du passé, que, par des raisons d'équité et de politique, il était absolument impossible de répudier. Il n'a donc en cehi aucun rapport avec nos collèges à pensionnat.

2'' Schulpforta est un pensionnat de boursiers, où il y aà peine une vingtaine de pensionnaires libres; tandis que chez nous plus d'une fois l'inverse a lieu.

3** Les gymnases à pensionnat, comme celui de Schulpforta , sont très-rares en Allemagne, presque nniqaement consacrés à des boursiers et fondés sur des circonstances exceptionnelles , des droiu acquis, des dotations préexistantes et des considérations d'État.

4^ Ces établissements en Allemagne , surtout en Saxe, ont retenu quelque chose d'ecclésiastique et une espèce de caractère monastique, qui esttrèa-favorable à la discipline.

5^ Le gouvernement deces établissements en général, et surtout quand l'esprit ecclésiastique n'y est plus, est d'une extrême difficulté ; il exige im talent d'administration qui se rencontre peu avec le goût de la science et qu'il est bien rare de trouver dans des professeurs. H est donc téméraire, par cela seul , de multiplier ces établissements au delà de la nécessité.

Q^ Multiplier les collèges à pensionnat, c'est enlever beaucoup de gens de mérite à l'enseignement et le dépouiller an profit de l'administration. En fait, depuis vingt^deuxansqueje suis dans l'instruction publique, je n'y connais pas on proviseur qui ait fait un livre un peu remarquable et servi les sciences ou la littérature : ces fonctions, telles que nous les avons faites, étoufferaient les plus grands espriu sous une multitude de soins minutieux, incompatibles avec l'étude.

7<> Les collèges à pensionnat créent deux ordres de fonctionnaires, les uns qui enseignent, les autres qui administrent ; ce qui est une grande source de mécontentement et de discorde, un motif de découragement

DANS QUELQUES PAYS DE L*ALLB1|AGNE.

pour les profeateiirt dltlÎDgiiét, qoi , ne Toulant i»t adinioistrer, retlentaiDn dant ies d^rés inférieurs de la hiérarchie et dans une sitnation de fortune très-modesle, ei «a molif de misérable ambition pour toutes les médiocntés qui le jettent dans Fadministration et arrÎTeat à des emplois lucratifs.

8<> Songes eneore à toutes les difficultés religieuies sans cesse renaissantes que le pensionnat provoque.

9^ El tout cela, pourquoi? ponr avoir souvent un résultat inférieur à celui que donnent les collèges d^exlemes. En effet, dans le concours des collèges de Paris, Yoitpon le collège d'externes de Cbarlemagne le céder à ces grands collèges à pensionnat où radminis* tratiott est si dispendieuse et la discipline si incertaine ? Ici, cooinie en beaucoup d'autres points, on se donne beaocoop de peine pour très-peu faire ou pour faire mal. C'est par les résuliau qu'il faut juger toutes choses. Que Ton prouve d'une manière solide et incontestable que les collèges à pensionnat produisent des élèves sopérieursà ceux des autres collèges d'externes; sinon , il faut avouer que les collèges d'externes sont préférables. Mais l'éducation, dira-t-on, c'est Ui le vrai rèsnlut des collèges à pensionnaires. Je réponds que, si cette éducation est si bonne , on devrait en voir les fruits ; qu^il est impossible que des jeunes gens mieux élevés, c^est^-dire a|^paremment moins dissipés, plus sages et plus laborieus, ne l'emportent pas dans leurs études sur leurs camarades qui n*ont pas la même éducation. Encore une fois, les études, le succès dans les études, c'est k quoi il faut toujours en revenir. Or ici le résolut définitif est presque toujours contre les collées à pensionnat.

C'est par ces diverses raisons, M. le ministre, que j'ai souvent proposé de substituer successivement et avec prudence des collèges d'eilemes k nos pension* aats. Alors vous n'avez plus besoin de grands administrateurs; vous ne craignez plus les insurrections; d'immenses bâtiments ne vous sont plus nécessaires ; f otts n aTCz pu deux ordres de fonctionnaires différents ou |Uut6i opposés; et votre ministère, M. le ministre, devient ce qu'il doit être, le ministère de l'instruction publique, un ministère de littérature et de science.

Je vous ai indiqué les raisons morales du système de l'eitemat; pour l'économie qui résulte de ce système, elle est si évidente que je n'y insiste pas. ludèpendamment de mille autres suppressions de détail , vous supprimez tout d'abord, dans chaque collège, les censeurs, ce qui, à 3,000 francs par censeur, terme moyen et y compris des dépenses que je ne veux pas relever ici, vous donne pour trente -six collèges royaux une économie de 108,000 francs. Au lieu de 5,000 francs de traitement fixe et â,000 francs de traitement supplémentaire, toujours terme moyen et y compris toute espèce de dépenses, vous donnez à vos

provisears, avec leur logement, un préciput de 4,000 ou i ,S00 francs , selon les localités , ce qui vous produit une économie d'au moins 180,000 francs. Vous supprimez encore deux ou trois maîtres de quartier et maîtres d'étude par collège, ce qui vous donne encore une économie, à 1,000 francs par mattre d'étude, de 108,000 francs, indépendamment du gain moral de la suppression de cet ordre de fonctionnaires inférieurs, les véritables ilotes de l'instruction publique.

Je ne vous signalerai plus qu'un dernier avantage du système des collèges d'externes. Comme les fonctions de proviseur n'exigent pas, dans ce système, de grands talenU administratifs, tont professeur y est plus ou moins propre , et vous n'aurez guère à vous plaindre de ceux que vous appellerez à ces fonctions : si pourtant, après quelque temps d'exercice, le proviseur que vous avez nommé trompait vos espérances, vous en prenez un autre dans les rangs des professeurs, et vous rendez le premier tout entier à son enseignement , sans faire aucun tort ni k lui ni à la caisse de l'instruction publique; tandis que, dans le système des collèges à pensionnat , si vous vous êtes une fois trompé dans le choix d'un proviseur ou d'un censeur, vous vous trouvez singulièrement embarrassé. D'abord, on prétend que vous ne pouvez destituer un censeur ou un proviseur sans jugement , ce qui, légal ou non, est absurde, l'administration proprement dite devant être dans votre main , si vous en êtes responsable. Ensuite, le changer ne mène à rien ; si c'est un mauvais proviseur dans un collège , il ne sera pas meilleur dans un autre : cependant vous ne pouvez le faire redescendre parmi les professeurs, car ce n'est plus un professeur ; il a perdu ou le goût ou le talent de l'enseignement; et d'ailleurs, dans la hiérarchie, il est au-dessus de l'enseignement; l'y faire rentrer, est le mettre en disgrâce. Que faire donc en pareil cas, M. le ministre? Voici ce qu'on a fait jusqu'ici. Pour se débarrasser de cet administrateur incapable, sans le destituer, on lui donnait de l'avancement, on le faisait inspecteur d'académie ; ou quand on voulait le frapper, on lui donnait sa pension de retraite. Dans le dernier cas, on grevait la caisse de l'instruction publique; dans le premier, on récompensait à contresens , et encore pour se trouver bientôt dans le même embarras , car d'un mauvais proviseur on faisait un mauvais inspecteur, auquel on était obligé, quelque temps après, de donner sa retraite. Dans le système que je défends, tous ces inconvénients sont inconnus. Vous nommez pour proviseur, pendant un certain nombre d'années, un professeur de collège, qui reste en même temps professeur : c'est là , en quelque sorte, comme nous dirions, nous autres métaphysiciens, la substance de sa position ; le provisorut n'en est que

RAPPORT SUR L'ÉTAT DE

Paccideot, accident qui dure ou qui cesse, sans incon* vénienU ni pour le service ni pour les personnes. Un collège est un : à peine y aperçoit-on ce matériel qu'on appelle Fadministration ; tout y est intellectuel , on n'y songe qu'à la littérature et à la science. Le moins d'administration possible et le plus de science et de moralité possible , je ne cesserai de le répéter, M. le ministre, voilà le but auquel il faut tendre, voilà le principe avec lequel il faut renouveler l'instruction publique. Napoléon avait eu cette pensée, lorsqu'il voulut que nos recteurs fussent des professeurs, momentanément remplacés par des suppléants ; et je n'hésiterais pas à appliquer le même principe à l'inspection et au conseil lui-même : mais c'est aux collèges qu'il faut l'appliquer d'abord, pour leur rendre la vie dont ils ont besoin.

Je suis d'avis de n'avoir des collèges à pensionnat que pour les boursiers ; et dans ces établissements , je propose de supprimer entièrement le censeur, tout comme dans les collèges d'externes ; car un censeur n'est qu'une doublure du proviseur, tout à fait inutile quand le proviseur est bon. Pour le proviseur, je ne voudrais pas l'assujettir, comme en Allemagne , à un enseignement ; mais je voudrais que ce fût toujours un professeur titulaire, lequel, pendant la durée de ses fonctions de proviseur, serait remplacé par un agrégé, de manière à pouvoir le rendre aisément à renseignement, si l'on n'était pas content de lui comme proviseur. Je crois aussi qu'on peut transporter en France l'heureuse institution des élèves inspecteurs pour remplacer le censeur, et , s'il est possible , les maîtres d'étude. J'appelle toute votre attention sur les détails que je vous ai donnés à cet égard.

J'approuve d'ailleurs entièrement le plan d'études de Schulpforta. C'est précisément celui du règlement impérial. Il y a cinq classes à Pforta; or, chez nous aussi il ne doit y avoir que deux classes de grammaire , précédées tout au plus d'une classe dite préparatoire, deux d'humanités, une de rhétorique, avec des cours de langues modernes , d'histoire et de géographie , d'histoire naturelle , de chimie , de physique , de mathématiques et de philosophie ajoutés dans un nombre convenable à chacune de ces classes. Nul élève ne pouvait, sous l'empire, entrer au collège que par la première classe de grammaire ou la classe préparatoire , c'est-à-dire , après avoir justifié de toutes les connaissances élémentaires , ce qui est très-raisonnable , les collèges étant destinés à l'instruction secondaire; tandis qu'à présent, dans je ne sais quel intérêt industriel , il y a trois ou quatre classes avant celles de grammaire. Un vrai collège doit commencer où finit rinslruction primaire du plus haut degré; il doit même supposer un commencement d'études latines : et il doit finir où commence l'université , c'est-à-

LINSTRUCTION PUBLIQUE

dire, au baccalauréat es lettres , examen qui couronne et résume toutes les éludes du collège , comme il faudrait , pour entrer au collège , un examen qui résumât et attestât toutes les connaissances préliminaires. Le collège représente l'éducation générale qu'il faut avoir reçue pour faire partie de la bonne société , comme l'université représente l'instruction scientifique nécessaire pour entrer dans les professions libérales. Toute inscription ou immatriculation dans l'université ne doit être permise que sur la présentation du diplôme de bachelier es lettres ; et l'on ne doit pouvoir entrer au collège qu'après un examen spécial. C'est la règle , M. le ministre , mais elle n'est point observée ; comme c'est aussi la règle , également inobservée , d'examiner les élèves d'une classe avant de les laisser passer dans une classe supérieure ; règle nécessaire , sans laquelle il ne peut y avoir nul progrès régulier, nulle gradation réelle dans les études.

Une dernière remarque. Dans chacun de nos collèges à pensionnat il y a un aumônier pour les élèves catholiques, et un pasteur pour les élèves protestants. Je me plains que nos aumôniers , pour ne parler que de ce qui regarde les catholiques , se bornent aux offices, à la confession et à ce qu'il y a de plus indispensable dans leurs fonctions : c'est trop peu pour le rang et le traitement qu'ils ont, celui de professeur de première classe ; c'est trop peu surtout pour les besoins religieux des élèves. 11 faut comprendre ces besoins et y satisfaire. Moins d'offices, M. le ministre , #t beaucoup plus d'enseignement ; car les offices sans enseignement servent assez peu , et l'enseignement serait très-utile encore sans les offices. Voyez avec quelle assiduité la religion est enseignée dans toutes les classes de Schulpforla ! Je voudrais que chez nous tout aumônier fit au moins deux conférences par semaine sur la religion chrétienne , et non pas aux commençants ; pour ceuxlà , le catéchisme et l'histoire l^iblique suffisent ; c'est aux élèves des humanités si de rhétorique, et des classes d'histoire , de sciences et de philosophie correspondantes aux humanités et à la rhétorique , qu'un digne et savant ecclésiastique devrait s'adresser. Des jeunes gens de cet âge trouveraient une instruction solide et utile à tous égards dans Texplication des monuments du christianisme, qui se lieraient à toutes leurs études historiques et philologiques. Quand , pendant quelques années , ils auraient ainsi vécu dans un commerce intime avec les saintes Écritures, il ne serait pas plus facile de tourner en ridicule auprès d'eux le christianisme, sa forte morale , sa sublime philosophie, sa glorieuse histoire , qu'il ne l'est aujourd'hui de leur faire trouver Homère et Virgile de minces génies , et Rome et la Grèce sans grandeur et sans intérêt. Mais pour de pareils enseignements , il faut un aumônier instruit, et nul ne devrait être aumônier sans avoir ob-

DANS QUELQUES PAYS DE LALLEMAGNE

tenu te grade de bachelier, ou même celoi de licencié en théoloiilie. Je sollicite inslaminent et depuis longtemps cette mesore. On se plaint, M. le ministre « des progrès de Impiété et de la superstition ; mais, il faut le dire loyalement, nous contribuons beaucoup à propager ToDe et Fautre , en laissant dépérir renseignement religieux dans nos collèges et même dans nos facnllés de théologie. J'insiste sur ceci avec force, parce que tous êtes à la fois ministre des cultes et ministre de Tinstruction publique.

J'étais ce matin en Prusse, à Pforta ; me voici ce soir à Leipzig. J'y resterai deui jours pour y étudier Torgaiiisalion et les diverses parties de Tinstruction publique dans le joyaume de Saxe.

Agréez , M. le ministre , etc.

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