TRAVAUX DI FEMMES
I)ix-1iiiit lorons nu heure» par semaine |M)ur les filles qui snirent CCS lettons.
Ces établissemenU publics n'empêchent pas qu'il n'y ait à Francfort un grand nombre d'institutions privées {Priva^LehratulaUe»)^ à peu près semblables aux nôtres,età peu près soumises aux mêmes conditions, excepté ce que nous appelons la rétribution univertiiaire. Mais il me reste à vous entretenir du gymnase de Francfort, qui est rétablissement d'instruction publique le plus élevé et le plus remarquable de la ville.
Le gymnase de Francfort est un de nos collèges de grande ville : ce qui l'en distingue, c'est qu'il n'a point de pensionnat ; il ne contient que des externes. Ce sont des enfants de la ville qui demeurent chez leurs parents et suivent les cours publics, ou qui sont en pension dans les institutions privées qui les conduisent aussi au gymnase. Il en est ainsi dans presque toute l'Allemagne.
Ce gymnase, n'ayant que des externes , n'est point un bâtiment immense d'un achat ou d'un loyer et d'un entretien trop coûteux ; c'est une assez grande maison, fort simple, où il y a autant de salles que de classes , avec un logement pour le proviseur. Ce proviseur est ici appelé recteur, Rector : c'est un simple préfet des études. Ses fonctions n'exigent point de talent administratif proprement dit, et il suffit qu'il unisse à une instruction solide du zèle et une certaine activité. Il est professeur, et véritablement pnmu« irUer pares; seulement son traitement est un peu plus élevé que celui de ses collègues. En effet , il m'est impossible de comprendre cette sinécure qu'on appelle en France un provisoratd'un collège d'externes; il m'est également impossible de comprendre cette autre sinécure qu'on appelle le censorat, dans un semblable établissement. Ici le recteur professe : cependant , comme il pourrait tomber malade et avoir besoin d'être suppléé dans certains cas, il y a aussi un censeur dans le gymnase de Francfort ; on l'appelle conrecteur, conrector : il y a même un suppléant du conrecteur, qu'on appelle prorecteur, prorector ; mais l'un et l'autre sont , comme le recteur lui-même, des professeurs. Us sont toujours pris parmi les professeurs qui se distinguent le plus, et qui montrent quelque goût et quelque aptitude pour ces sortes de fonctions. C'est une distinction et en même temps un avantage pécuniaire. Dans le gymnase de Francfort , il n'y a pas , comme chez nous , deux ordres de fonctionnaires, les uns qui administrent sans participera l'enseignement, les autres qui enseignent sans participer à l'administration ; tous enseignent , tous sont collègues, et il y a entre eux unité de vie et d'esprit.
La ville paye les professeurs du gymnase , lesquels n'ont qu'un seul traitement , et non pas deux, l'un fixe, l'autre éventuel , comme en France et dans le reste de l'Allemagne. Les élèves , pour être admis au gymnase, payent à la ville une certaine rétribution entre
les mains d'un commissaire nommé par elle, et qui est à peu près notre économe. Tant mieux pour Ul ville si cette rétribution lui suffit pour payer les professeurs ; mais quand elle est insuffisante, et elle l'est toujours, la ville complète le traitement des professeurs , qui n'ont rien à démêler, sous le rapport de l'argent, avec les élèves. Ainsi , les traitements des professeurs font une somme de 26,000 florins, c'est-à-dire, plus de 56,000 francs ; et cependant les élèves ne rapportent à la ville que 8 à 9,000 florins, environ 18,000 francs. Les élèves des classes inférieures payent 54 florins par an, ceux des classes supérieures 44. Notre rétribution universitaire est inconnue. Dans l'organisation primitive , et selon la loi stricte , les traitements de tous les professeurs devaient être égaux , excepté ceux du recteur , du conrecteur et du prorecteur : mais le temps et des circonstances particulières ont amené quelques différences, qui pourtant sont assez légères. Le traitement de chaque professeur est d'environ 3,000 florins. Les rangs n'y sont pas fixés selon les diverses classes, mais selon l'ancienneté. On pense que chaque professeur est égal dans son genre à son collègue ; que les mérites peuvent être divers, sans cesser d'être égaux; et après les trois professeurs qui sont à la tête du gymnase, le premier parmi tous les autres est le plus ancien dans l'établissement.
Les classes du collège se divisent en une classe préparatoire, qui est notre septième; puis trois classes inférieures , sixième , cinquième et quatrième ; enfin trois classes supérieures , troisième, seconde et première. Les classes inférieures , septième , sixième , cinquième et quatrième, forment la première division duj^ymnase. Très-souvent les enfants des familles peu aisées ne dépassent pas cette division ; c'est pourquoi on y a judicieusement rassemblé tous les genres d'études qui conviennent et à l'âge moins avancé des élèves et à la destination de beaucoup d'entre eux. Ainsi il y a moins d'études classiques que d'études de calligraphie, de géographie et d'histoire, d'histoire naturelle , de mathématiques, et surtout de langue allemande, en entendant par là des exercices de style trèsniéveloppés. Celte première division du gymnase de Francfort ressemble beaucoup à ces établissements intermédiaires entre les gymnases et les écoles primaires , qu'on appelle écoles bourgeoises [Burgenchulen) , ou progymnases ( Progymruuien ) , établissements que représentent ici la MiiteUchuIe et la Mustenchtde de Francfort. La seconde division est plus particulièrement consacrée aux éludes classiques. La première classe, où l'on reste quelquefois deux années, et qui forme le passage du gymnase aux universités, présente un enseignement déjà très-élevé. Cette classe a trente leçons par semaine, chacune d'une heure seulement , ce qui permet de les multiplier sans trop fatiguer les
DANS QUELQUES PAYS DE L'ALLEMAGNE, élèyes. Sar ces tmte leçont , il y en a deux ceiisacrées à renaeigBeinent religieux t soil catholique^ soit prolestant. Cet oiaeigneiiient est regardé comme si important , que , dans tontes les classes , on lui consacre toujours deux heures par semaine ; d'où il suit que rélève de première, avant d^arriver à cette classe, a déjà reçu cinq enseignements religieux différents et gradués, dont le dernier, celui de la première classe , est une préparation solide aux facultés de théologie. C'est , à Francfort , le recteur Yoemel , bique, qui se chaîne lui-môme de cet enseignement pour la première classe. Les exercices de style allemand ont deux leçons : et il faut remarquer qu'ils en ont aussi deux en sec4MDde, deux en troisième, deux en quatrième , quatre en cinquième et huit en sixième. La langue latine a huit leçons en première , tandis qu'elle en a dôme en seconde , en troisième et en quatrième , et dix seulement en cinquième et en sixième. La langue grecque a dix leçons en première ; mais elle n'en a que six en seconde , en iroiùème et en quatrième , et pas du tout dans les cinquième et sixième classes, dont les élèves ne sont pas encore supposés avoir une destination savante. Les mathématiques n'ont que deux leçons en première, tandis qu'elles en ont quatre dans toutes les autres classes. La physique a deux leçons en première. L'histoire naturelle et la géographie ne sont Œseîgnées que dans la première division. Au contraire, rhistoire, en entendant par là spécialement rhistoire ancienne, est surtout enseignée dans la seconde division ; elle a quatre leçons dans la première classe ; et , pour le dire en passant , je trouve cet arrangement des études historiques fort raisonnable. En effet, c'est dans les classes supérieures, au milieu des études classiques, qu'il faut placer l'ensagnement de rhistoire ancienne, hérissée de tant de difficultés ; tandis que l'histoire moderne, et surtout l'histoire nationale, conviennent aux classes inférieures, par la raison qu'elles sont à la fois et plus faciles et plus nécessaires. Chez nous l'inverse a lieu ; nous voulons imiter la marche même du genre humain. Mais comme beaucoup d'enfants ne vont pas au delà de la quatrième, il arrive qu'ils sortent du collège sachant fort mal l'histoire ancienne , dont ils n'ont que faire , et pas du tout l'histoire nationale, qui leur est indispensable et qu'ils pouvaient apprendre parfaitement.
Voilà pour les études fondamentales ; mais il y a aussi des études additionnelles qui ont leurs heures à part. Ainsi , dans la première classe , il y a deux leçons d^bébreu, quatre de français, deux d'anglais, deux de dessin et deux de chant. Ces études additionnelles , quoiqu'elles ne soient pas payées à part , ne tout pas obligatoires et dépendent de la volonté des familles; mais il faut dire, à l'honneur des familles et des habitudes allemandes, que ces études non obligées
sont presque aussi suivies que les autres. Je résume ici tout ce qui vient d'être dit , dans les deux taUeaux suivants :
RÉPARTITION mhUKLEdeêhçofu du gymnase de Franc fort pendant 1$ eaur$ cTune iemai$ie.
Ir«
fr
CLASSE
CLASSI.
CLASSK.
CLASSB.
CLASSK.
CLASSI.
Religion
2ICÇ.
2ieç.
2leç.
2leç.
2!eç.
2Ieç.
Langue allemande et exercicet de ttyle. .
LailD
eree
BIstoIre natarelie . .
HUtolre
Écriture
TOTAL par claaae.
SO
ÉTUSIS ADDITIOIfUBLLIS,
Langue hébraïque.
Langue française. .
Langue anglaise. .
Chant.
TOTAL parclaue.
2lec
21eç.
31ec *
3lec.
Telle est la répartition générale des leçons ; voici de plus leur distribution dans la journée.
D*abord il faut remarquer qu'il n'y a de vacances complètes que le dimanche ; seulement le mercredi et le samedi il y a quelques leçons de moins. Les classes du gymnase s'ouvrent à huit heures et sont fermées à cinq, à peu près comme chez nous. Les classes se divisent en classes du matin et classes du soir.
Il y a souvent trois leçons de suite , le soir et le matin , ce qui pourrait fatiguer l'esprit des élèves ; mais ily a, pour le passage d'une classe à l'autre, cinq minutes de récréation : ensuite les trois leçons portent presque toujours sur des sujets différents, et cette variété délasse l'esprit ; enfin il faut penser à la tranquillité et au flegme des jeunes Allemands.
Dans l'intervalle des classes du matin aux classes du soir, et le mercredi et le samedi soir , se placent des leçons additionnelles non obligées, à peu près comme chez nous. Chaque semestre on imprime un tableau de la distribution des leçons pour chaque classe, selon les heures de la journée.
RAPPORT SUR L'ÉTAT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Je donne ici le tableau du semestre d'hiyer de i 851 , 1 ensupprimanl ce qui regarde les études additionnelles :