‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 89 sur 212 · C. La religion évangélique · texte numérisé non relu

C. La religion évangélique

D. Un esprit moral et religieux et une conduite jusqu'alors sans tache ;

E. De bonnes dispontions et des talents parmi lesquels on compte une bonne voix et l'oreille musicale;

F. Être bien préparé aux études de Fécole normale par le développement du cœur et de l'esprit; avoir reçu une bonne instruction religieuse (dans laquelle entre la connaissance de la Bible et de Fhistoire biblique) ; savoir lire ; connaître les principes de la langue allemande ef de Fart de la composition , du calcul , du chant , du piano et du violon.

Pour être admis , il faut s^adresser par écrit au directeur , au plus tard au mois de juin , et faire suivre la demande :

A. D'un extrait de naissance et de baptême ;

B. D'un certificat d'école et de bonnes mœurs ;

C D'un certificat de police, constatant Fétat de fortune du jenne homme ou de son père, ou bien d'une déclaration écrite du père ou du tuteur , déterminant le temps pendant lequel il pourra et voudra payer la pension annuelle , fixée légalement à 48 écos.

Le dbecteur insprit les aspirants sur une liste , et les invite au mois de juin ou de juillet, par lettres , k se présenter à l'examen qui a lieu au mois de juillet ou d'août.

L'examen se fait en partie par écrit, en partie de vive voix.

Pour s'assurer des connaissances des aspirants , et pour juger de leur mémoire , de leur style et de leur caractère moral , on leur raconte une histoire ou une parabole d'une manière claire et détaillée, en résumant et en répétant les points principaux , et ils la reproduisent par écrit avec une dissertation raisonnée.

L'examen oral ne roule d'ordinaire que sur la religion , la lecture, la grammaire, des exercices logiques, Farithmétique.

On les examine aussi pour le chant , \ç piano et le violon.

Après l'examen on pèse et on compare cOnscien-

R4PP0RT SUR L'ÉTAT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUET

cieotement , daos une conférence des maîtres, les lalents et le mérite respectif des aspirants. Le choix une fois arrêté, on le soumet à la sanction du collège royal des écoles , en y joignant un rapport détaillé sur le résultat de Texamen.

Au bout de quelques semaines , tous les aspirants sont informés de la décision prise à leur égard ; on leur annonce leur admission , ou on leur indique les raisons qui s'y opposent , avec le conseil de renoncer entièrement à leur projet, ou des avis relatifs à leur préparation ultérieure.

L'aspirant reçu est tenu d'apporter, outre ses habits et ses livres , parmi lesquels la Bible et le livre de prières adopté pour rétablissement ne doivent pas manquer , une demi-douzaine de chemises , six paires de bas, un couteau et une fourchette, et d'ordinaire un bois de lit avec tout ce qu'il faut pour le garnir.

Il est en outre tenu, à son entrée, de signer au directeur l'engagement qui suit , avec l'assentiment de son père ou de son tuteur.

Modèle d^engagemenl à signer au directeur par Vélève enlratU.

Je «)U8signé, N.... de N... m'engage par la présente, conformément à l'arrêté du ministère royal de l'instruction publique , des affaires ecclésiastiques et médicales, du 28 février 4825, avec l'assentiment de mon père (ou tuteur), qui a signé avec moi cette pièce,... de me mettre pendant trois ans, après ma. sortie de l'école normale, à la disposition du gouvernement royal ; et par conséquent de ne souscrire à aucunes conditions contraires à cet engagement , à moins de rembourser à l'école normale , en cas de refus, les dépenses faites par l'État pour mon instruction , savoir :

A. Dix écus pour chaque semestre passé dans l'école normale , et pour l'instruction xeçue dans cet intervalle;

B, Le total des secours et stipendia accordés.

Potsdam , le

etc.

L^aspiranl refusé , à qui on ne conseille pas de choisir un autre état, est de nouveau appelé à l'exam^en Tannée suivante.

Le nombre des aspirants étant très-grand depuis quelque temps , l'auteur de cette notice croit devoir avertir les parents , et surtout les maîtres d'école, dont les enfants n'annoncent pas de Ulent et qui n'auraient pas un goût prononcé pour l'enseignement, de ne pas leur faire perdre un temps t)récieux qu'ils pourraient employer avec plus de succès à embrasser une autre carrière.

Ceci regarde principalement les jeunes gens peu fortunés, qui ne peuvent prétendre à des stipendia qu'autant qu'ils présentent une haute capacité dont l'État et la société pourront tirer un avanuge réel.

L'école normale n'est nullement faite pour les sujets qui, n'étant propres à aucun état, croient, pourvu qu'ils sachent lire et écrire , être capables de devenir maîtres d'école. Ce préjugé lest tellement enraciné que vous entendez des pères dire avec la meilleure foi du monde : c Mon fils est trop faible pour apprendre un état I , ou bien : c Je ne sais que faire de mon garçon, c mais je pense à le faire entrer à l'école normale. > Nous leur répondrons que les élèves de l'école normale doivent être, au contraire, sains de corps et d'esprit, et capables de braver les peines et les fatigues d'une carrière aussi honorable que pénible.

Il est une chose qu'on néglige malheureusement encore trop souvent, et qui est cependant de la plus haute importance, c'est de préparer les jeunes aspirants avec méthode à l'état qu'on veut leur faire embrasser.

On donne souvent une fausse direction aux études préliminaires de la plupart des aspirants. On croit un jeune homme bien préparé pour l'école normale, s^il a passé les limites de l'instruction élémentaire, et s'il a acquis une plus grande masse de connaissances que d'autres élèves. Cependant il arrive souvent que des aspirants fortement recommandés pour leurs études , passent médiocrement l'examen, ou sont même refusés.

Le but le plus immédiat et le plus important de toute instruction est d'élever l'homme, c'est-à-dire d'ennoblir son cœur, son caractère ; d'éveiller en lui les forces de son âme , et de le rendre ainsi non-seulement disposé à remplir ses devoirs, mais capable de les remplir en effet. A cette condition seule, les connaissances et les talents acquis peuvent profiter à l'homme ; autrement l'instruction, comme œuvre stérile de la mémoire, et les talents purement mécaniques, ne sauraient être d'une grande utilité. Pour que le pédagogue, et surtout le maître d'école primaire puisse faire de ses élèves des hommes vertueux et instruits , il faut qu'il le soit lui-même. Ainsi, pour que l'éducation de l'école normale , essentiellement pratique , réossisise complètement , il faut que le jeune aspirant ait déjà acquis au plus haut degré possible un caractère noble et pur , le sentiment du vrai et du beau , un esprit actif et pénétrant, la plus grande précision et clarté dans la narration et le style.

Voilà ce que nous demandons avant tout aux jeunes gens. S'ils sont arrivés à cette instruction morale et intellectuelle par l'étude de l'histoire , de la géographie, des mathématiques, etc., et s'ils ont en outre acquis des connaissances dans ces branches diverses, nous ne pourrions qu'applaudir à ce résultat : aiais

DANS QUELQUES PAYS DE L*ALLEMAGNE

nons le répéUmt avec franchise, nous dispensons les aspirants de toutes ces connaissances, poorvu qalls possèdent Vitutrtution formelle dont nous venons de parler, paîsquMl leur est facile ensuite d'acquérir à Técole normale VinUruclUm matérielle qui leur manqoerail.

Cependant ils doivent avoir quelques notions préliminaires, vu que les cours de Técole normale sont souvent la continuation des études antérieures, et que certaines branches ne pourraient y être traitées dans toute leur étendue, si elles étaient tout ^ fait inconnues ani élèves à leur entrée. Nous avons indiqué plus haut les branches dans lesquelles ils doivent être préparés plus particulièrement , mais cet objet étant du plus grand intérêt, nous terminerons ce chapitre par quelques avis sur la méthode à suivre.

I. Reli^on. Éveillez et développez Tesprît religieui eilesentiment moral. A cet effet, les histoires et paraboles de la Bible sont d'une grande utilité. La lecture fréquente et Pexplication raisonnée de la Bible sont très-nécessaires. Il faut savoir traiter des articles de foi et des devoirs les plus imporUnts en se référant au catéchisme. Beaucoup de sentences, des chapitres entiers et des paraboles de rÉcriture sainte , des cantiques et des versets doivent être sus par cœur. On doit pouvoir répondre sur les choses les plus intéressantes de Thistoire ecclésiastique et de la réforme.

Secours;

A» Hdbner, Hi$tmre$ bibliques, publiées par Rausehenbusch, et son Manuel pour le maître ttécole, 3 vol., Schweira, 4824;

B. La Manifestation de Dieu dans les histoires de F Ancien Tesiameni, avec la Vie de Jésus-Christ d^afrèn les quatre éeangHisUs, et V Histoire des apôtres S après Saini Lue, S vol. , Halle, 1820;

Page 1