‹ uvres de Victor HugoChapitre 111 sur 599 · LA LYRE ET LA HARPE · texte numérisé non relu

LA LYRE ET LA HARPE

Allernis ciicelis , amant alterna Camœnœ. Virgile.

Et cœpit toqui, proitl Spiritus Sanclus dabat eloqui- Ac.T. Apost.

Dors , 6 fils d'Apollon ! ses lauriers le couronnent , Dors en paix! Les neuf Sœurs t'adorent comme un roi;

De leurs chœurs nébuleux les songes t'environnent ; La Lyre chante auprès de toi!

Éveille toi , jeune homme , enfant de la misère ! Un rêve ferme au jour tes regards obscurcis, Et pendant ton sommeil , un indigent. Ion frère , A ta porte en vain s'est assis !

Ton jeune âge est cher à la Gloire.

Enfant , la Musc ouvrit tes yeux, Et d'une immortelle mémoire Couronna ton nom radieux ; En vain Saturne te menace :

Va , l'Olympe est né du Parnasse, Les poètes ont fait les dieux !

Homme , une femme fut ta mère.

Elle a pleuré sur ton berceau ; Souffre donc. Ta vie éphémère Brille et tremble , ainsi qu'un flambeau. Dieu , ton maître , a d'un signe austère Tracé ton chemin sur la terre , Et marqué ta place au tombeau.

Chante. Jupiter règne et l'univers l'implore ; Vénus embrasse Mars d'un souris gracieux ; Iris brille dans l'air, dans les champs brille Flore; Chante : les immortels , du couchant à l'aurore. En trois fois parcourent les cieux !

LA DARPE.

Prie ! Il n'est qu'un vrai Dieu , juste dans sa clémence Par la fuite des temps sans cesse rajeuni. Tout .s'achève dans lui , par lui tout recommence. Son être emplit le monde ainsi qu'une àme immense ; L'Éternel vit dans l'Intini.

Ta douce Muse à fuir t'invite.

Cherche un abri calme et serein ; Les mortels , que le sage évite , Subissent le siècle d'airain.

Viens ; près de tes Lares tranquilles , Tu verras de loin dans les villes Mugir la Discorde aux cent voix.

Qu'importe à l'heureux solitaire

ODES

Que l'Autan dévaste la terre , S'il ne fait qu'agiter ses bois ?

LA HARPE

Dieu , par qui tout forfait s'expie , Marche avec celui qui le sert.

Apparais dans la foule impie , Tel que Jean , qui vint du désert.

Va donc , parle aux peuples du monde Dis-leur la tempête qui gronde , Révèle le Juge irrité ; Et , pour mieux frapper leur oreille , Que ta voix s'élève , pareille A la rumeur d'une cité !

L'Aigle esll'oiseaudu Dieu qu'avant tous on adore. Du Caucase à l'Athos l'Aigle planant dans l'air , Roi du feu qui féconde et du feu qui dévore , Contemple le soleil et vole sur l'éclair !

La Colombe descend du ciel qui la salue , Et , voilant l'Esprit-Saint sous son regard de feu , Chère au Vieillard choisi comme à la Vierge élue , Porte un rameau dans l'arche , annonce au monde un

[Dieu !

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