‹ uvres de Victor HugoChapitre 119 sur 599 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

L'alhhHe , vainqueur dans l'arène , Est en honneur dans la cité ; Son nom , sans que le temps l'entraîne , Par les peuples est répété , Depuis cette plage inféconde Où dort sur la i)ornedu monde L'Hiver , vieillard au dur sommeil , Jusqu'aux lieux où , quand naît l'aurore , On entend , sous l'onde sonore , Hennir les coursiers du Soleil.

Voici la fête d'OIympie !

Tressez l'acanthe et le laurier !

Que les dieux confondent l'impie !

Que l'antique audace assoupie Se réveille au cœur du guerrier !

Venez , vous que la gloire enchaîne !

Voyez les prêtres d'Apollon , Pour votre victoire prochaine , Ravir des couronnes au chêne Qui jadis a vaincu Miion.

Venez de Gorinthe et de Crète ,

De Tyr aux tissus précieux ,

De Scylla , que hat la tempête ,

Et d'Athos, où l'aigle s'arrête

Pour voir de plus haut dans les cieux !

Venez de l'île des Colombes ,

Venez des mers de l'Archipel ,

De Rhode , aux riches hécatombes ,

Dont les guerriers jusqu'en leurs tombes

De Bellone entendent l'appel !

Venez du palais centenaire Dont Cécrops a fondé la tour ; D'Argos , de Sparte qu'on vénère ; De Lemùos où naît le tonnerre , D'Amalhonte où naquit l'Amour !

Les temples saints, les gynécée* , Ciiargés de verdoyants festons , Tels que de jeunes fiancées , Sous des guirlandes enlacées, Ont caché leurs chastes frontons.

Les Archontes et les Ëphores Dans le stade se sont assis; Les vierges et les canéphores Ont purifié les amphores Suivant les rites d'Eleusis.

On a consulté la pythie , Et ceux qui parlent en rêvant, A riieure où s'éveille Clylie , D'un vautour fauve de Scylliie On a jeté la plume au vent.

Le vainqueur de la course agile Recevra deux trépieds divins , Et la coupe , agreste et fragile , Dont Bacchus a touché l'argile , Lorsqu'il goûta les premiers vins.

Celui dont le disque mobile Renversera les trois faisceaux , Aura cette urne indélébile , Que sculpta d'une main habile Phlégon , du pays de Naxos.

Juges de la gloire innocente , Nous offrons au lutteur ardent Une chlamyde éblouissante De Sidon , qui , riche et puissante , Joint le caducée au trident.

Lutteurs , discoboles , athlètes ,

Réparez vos forces au bain;

Puis venez vaincre dans nos fêtes ,

Afin d'obtenir des poètes

Un chant sur le mode thébain !

L'athlète , vainqueur dans l'arène ,

Est en honneur dans la cité ;

Son nom , sans que le temps l'entraîne ,

Par les peuples est répété ,

Depuis cette plage inféconde

Où dort sur la borne du monde

L'Hiver , vieillard au dur sommeil ,

Jusqu'aux lieux où , quand naît l'aurore .

On entend sous l'onde sonore

Hennir les coursiers du Soleil.

Janvier 1824.

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