‹ uvres de Victor HugoChapitre 13 sur 599 · CALDERON · texte numérisé non relu

CALDERON

Que t'importe , mon cœur , ces naissances des rois, Ces victoires qui font éclater à la fois

Clochers et canons en volées , Et louer le Seigneur en pompeux appareil ; Et la nuit , dans le ciel , des villes en éveil

Monter des gerbes étoilées ?

Porte ailleurs ton regard sur Dieu seul arrêté ! Rien ici-bas qui n'ait en soi sa vanité :

La gloire fuit 5 tire d'aile ; Couronnes , mitres d'or , brillent mais durent peu ; Elles ne valent pas le brin d'herbe que Dieu

Fait pour le nid de l'hirondelle !

Hélas ! plus de grandeur contient plus de néant ! La bombe atteint plutôt l'obélisque géant

Que la tourelle des colombes.

C'est toujours par la mort que Dieu s'unit aux rois j Leur couronne dorée a pour faîte sa croix,

Son temple est pavé de leurs tombes.

Quoi! hauteur de nos tours , splendeur de nos palais, Napoléon , César, Mahomet , Périclès ,

Rien qui ne tombe et ne s'efface !

Mystérieux abîme où l'esprit se confond ! A quelques pieds sous terre un silence profond ,

Et tant de bruit à la surface !

Juin 1830.

LES FEUILLES D'AUTOMNE

^itiqwumt.

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