‹ uvres de Victor HugoChapitre 136 sur 599 · ENCORE A TOI · texte numérisé non relu

ENCORE A TOI

Ahoray siempre.

Devise des Pomfret.

A toi ! toujours à toi ! que chanterait ma lyre? A toi l'hymne d'amour ! A toi l'hymne d'hymen! Quel autre nom pourrait éveiller mon délire? Ai-je appris d'autres chants? sais-je un autre chemin?

C'est toi , dont le regard éclaire ma nuit sombre ; Toi , dont l'image luit sur mon sommeil joyeux ; C'est toi qui tiens ma main quandje marche dans l'ombre, Et les rayons du ciel me viennent de tes yeux !

Mon destin est gardé par ta douce prière : Elle veille sur moi , quand mon ange s'endort ; Lorsque mon cœur entend ta voix modeste et fière , Au combat de la vie il provoque le sort.

N'est-il pas dans le ciel de voix qui te réclame ? N'es-tu pas une fleur étrangère à nos champs? Sœur des vierges du ciel , ton âme est pour mon âme Le reflet de leurs feux et l'écho de leurs chants!

Quand ton œil noir et doux me parle et me contemple , Quand ta robe m'effleure avec un léger bruit ,

,1e crois avoir tOTiché quelque voile du temple , Je dis comme Tobie : Uu ange est dans ma nuit !

Lorsque de mes douleurs tu chassas le nuage , Je compris qu'à ton sort mon sort devait s'unir , Pareil au saint pasteur, lassé d'un long voyage , Qui vit vers la fontaine une vierge venir \

Je t'aime comme un être au-dessus de ma vie , Comme une antique aïeule aux prévoyants discours , Comme une sœur craintive, à mes maux asservie. Comme un dernier enfant qu'on a dans ses vieux jours.

Hélas ! je t'aime tant qu'à ton nom seul je pleure , Je pleure , car la vie est si pleine de maux ! Dans ce morne désert tu n'as point de demeure , Et l'arbre où l'on s'assied lève ailleurs ses rameaux.

Mon Dieu ! mettez la paix et la joie auprès d'elle. Ne troublez pas ses jours , ils sont à vous, Seigneur ! Vous devez la bénir , car son âme fidèle Demande à la vertu le secret du bonheur.

^ïïf ^ït\\imt.

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