‹ uvres de Victor HugoChapitre 137 sur 599 · SON NOM · texte numérisé non relu

SON NOM

Nomen , aut numen '.

Le parfum d'un lis pur, l'éclat d'une auréole ,

La dernière rumeur du jour, La plainte dun ami qui s'afflige et console , L'adieu mystérieux de l'heure qui s'envole ,

Le doux bruit d'un baiser d'amour ;

L'écharpe aux sept couleurs que l'orage en la nue Laisse , comme un trophée , au soleil triomphant , L'accent inespéré d'une voix reconnue , Le vœu le plus secret d'une vierge ingénue , Le premier rêve d'un enfant ;

Le chant d'un chœur lointain, le soupir qu'à l'aurore

Rendait le fabuleux Memnon , Le murmure d'un son qui Iremble et s'évapore... Tout ce que la pensée a de plus doux encore ,

0 lyre , est moins doux que son nom !

ODES

l'rononce-Ie tout bas, ainsi qu'une prière. Mais que dans tous nos chants il résonne à la fois! Qu'il soit du temple obscur la secrète lumière! Qu'il soit le mot sacré qu'au fond du sanctuaire Redit toujours la même voix!

0 mes amis ! avant qu'en paroles de flamme ,

Ma muse , égarant son essor, Ose aux noms profanés qu'un vain orgueil proclame , Mêler ce chaste nom , que l'amour dans mon âme

A caché comme un saint trésor,

II faudra que le chant de mes hymnes fidèles Soit comme un de ces chants qu'on écoute à genoux; Et que l'air soit ému de leurs voix solennelles , Comme si , secouant ses invisibles ailes , Un ange passait près de nous !

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