‹ uvres de Victor HugoChapitre 147 sur 599 · RONSARD · texte numérisé non relu

RONSARD

Oui, ce front, ce sourire el celte fraîclie jonc,

C'est bien l'enfant qui pleure et joue,

Et qu'un esprit du ciel défend !

De ses doux traits, ravis à la sainte phalange,

C'est bien le délicat mélange;

Poëte , j'y crois voir un ange ,

Père , j'y trouve mon enfant.

On devine à ses yeux pleins d'une pure flamme , Qu'au paradis d'où vient son âme , Elle a dit un récent adieu.

Son regard, rayonnant d'une joie éphémère , Semble en suivre encor la chimère , Et revoir dans sa douce mère L'humble mère de l'Enfant-Dieu !

On dirait qu'elle écoute un chœur de voix célestes , Que , de loin , des vierges modestes Elle entend l'appel gracieux ;

A son joyeux regard , à son naïf sourire , On serait tenté de lui dire :

« Jeune ange , quel fut ton martyre , Et quel est ton nom dans les cieux? »

0 loi dont le pinceau me la fit si touchante Tu me la peins, je te la chante !

Car les nobles travaux vivront :

Une force virile à ta grûce est unie ; Tes couleurs sont une liarmonie ; Et dans ton enfance, un génie Mit une flamme sur ton front !

Sans doute quelque fée , à ton berceau venue , Des sept couleurs que dans la nue

Suspend le prisme aérien , Des roses de l'aurore humide et matinale ,

Des feux de l'aube boréale ,

Fit une palette idéale

Pour ton pinceau magicien !

Novembre 1825.

(ûlSii-JDinQi-ttomèïïti,

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