REVES
En la amena soledaU de aquesta apacible eslancia , bcllisimo laberinlo de arboles , flores , y plantas , podcis dexarnie, dexando conmigo , que ellos me bastan por conipania , los libros que os mande sacar de casa ; que yo , en tanto que \nUoquia , célébra con fiestas tantas la fabrica de esse temple , iiue oy à Jupiter consagra ,
huyendo del gran buUicio , que hay en sus calles, y plazas .
passar estudiando quiero la edad que al dia le Talla.
Caldéron. El Màgico prodigioso.
Amis , loin de la ville , Loin des palais de roi , Loin de la cour servile , Loin de la foule vile , Trouvez-moi , trouvez-moi ,
Aux champs où l'àme oisive Se recueille en rêvant , Sur une obscure rive Oii du monde n'arrive Ni le flot , ni le vent ,
Quelque asile sauvage , Quelque abri d'autrefois , Un port sur le rivage , Un nid sous le feuillage , Un manoir dans les bois !
Trouvez-le moi bien sombre , Bien calme , bien dormant , Couvert d'arbres sans nombre , Dans le silence et l'ombre Caché profondément !
Que là , sur toute chose ^ Fidèle â ceux qui m'ont , Mon vers plane , et se pose Tantôt sur une rose , Tantôt sur un grand mont.
Qu'il puisse avec audace , De tout nœud détaché , D'un vol que rien ne lasse , S'égarer dans l'espace Comme un oiseau lâché.
Qu'un songe au ciel m'enlève, Que plein d'ombre et d'amour Jamais il ne s'achève , Et que la nuit je rêve A mon rêve du jour !
Aussi blanc que la voile Qu'à l'horizon je voi , Qu'il recèle une étoile , Et qu'il soit comme un voile Entre la vie et moi !
Que la muse , qui plonge- En ma nuit pour briller , Le dore et le prolonge , Et de l'éternel songe Craigne de m'éveiller !
Que toutes mes pensées Viennent s'y déployer, Et s'asseoir, empressées , Se tenant embrassées En cercle à mon foyer.
Qu'à mon rêve enchaînées , Toutes , l'œil triomphant , Le bercent inclinées , Comme des sœurs aînées Bercent leur frère enfant !
On croit , sur la falaise , On croit , dans les forêts , Tant on respire à l'aise Et tant rien ne nous pèse , Voir le ciel de plus près !
Là , tout est comme un rêve Chaque voix a des mots ; Tout paile , un chant s'élève De l'onde sur la grève , De l'air dans les rameaux.
ODES
C'est une voix profonde, Un chœur universel , C'est le clobe qui gronde , C'est le roulis du monde Sur l'océan du ciel.
C'est l'écho magnifique Des voix de Jéhova , C'est l'hymne séraphique Du monde pacifi([ue Où va ce qui s'en va ;
Où , sourde aux cris de femmes , Aux plaintes, aux sanglots, L'àme se mêle aux âmes , Comme la flamme aux flammes , Comme le flot aux flots !
Ce bruit vaste, à toute heure , On l'entend au désert.
Paris , folle demeure , Pour cette voix qui pleure Nous donne un vain concert.
Oh ! la Bretagne antique !
yuelque roc écwmanl !
Dans la forêt celti([ue Quelque donjon gothique ' Pourvu que seulement
La lour hospitalière Où je pendrai mon nid , Ait , vieille chevalière , Un panache de lierre Sur son fi-ont de granit !
Pourvu que, blasonnée D'un écudson altier , La haute cheminée .
Béante, illuminée , Dévore un chêne entier i
Que , l'été , la charmille Me dérobe un ciel bleu ; Que , l'hiver, ma famille , Dans l'âtre assise , brille Toute rouge au grand feu !
Dans les bois , mes royaumes ,
Si , le soir , l'air bruit ,
Qu'il semble , à voir leurs dômes ,
Des têtes de fantômes
Se heurtant dans la nuit !
Que des vierges , abeilles Dont les cieux sont remplis , Viennent sur moi , vermeilles ,
Secouer dans mes veilles Leur robe à mille plis !
Qu'avec des voix plaintives , Les ombres des héros Repassent fugitives , Blanches sous mes ogives , Sombres sous mes vitraux !
Si ma muse envolée Porte son nid si cher Et sa famille ailée Dans la salle écroulée D'un vieux baron de fer ;
C'est que j'aime ces âges Plus beaux , sinon meilleurs Que nos siècles plus sages; A leurs débris sauvages Je m'attache , et d'ailleurs
L'hirondelle enlevée Par son vol sur la tour , Parfois , des vents sauvée , Choisit pour sa couvée Un vieux nid de vautour.
Sa famille humble et douce , Souvent en se jouant , Du bec remue et pousse , Tout brisé sur la mousse , L'œuf de l'oiseau géant.
Dans les armes antiques Mes vers ainsi joûront , El remuant des piques , Riront , nains fantastiques , De grands casques au front I
Ainsi noués en gerbe , Reverdiront mes jours Dans le donjon superbe , Comme une toufl'e d'herbe Dans les brèches des tours.
Mais , donjon ou chaumière , Du monde déUé , Je vivrai de lumière , D'extase et de prière , Oubliant , oublié !
BALLADES
Renouvelons aiis^i Toute vii:illc inMisCe.
JOACIIIM IIU lîliLLAV.
BALLADES
jSalia^f ^rtmïèxi,