‹ uvres de Victor HugoChapitre 180 sur 599 · LA FÉE ET LA PÉRI. — BALLADE XV · texte numérisé non relu

LA FÉE ET LA PÉRI. — BALLADE XV

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Êpoiiv;inlaiU les niiiis d'inie trompeuse aurore, Là SDUvcnl A iv.a voix un rouge météore Croise en voùle de feu ses gerliesdans les air».

L'aurore boréale.

HERNANI

OU

HONNEUR GASTILLiN,

ratttf.

REPRÉSENTÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS SIJR I.E THÉÂTRE FRANÇAIS , I-E 25 FÉVRIER 18-30.

PRÉFACE

L'auteur de ce drame écrivait il y a peu de semaines à propos d'un poète mort avant l'âge.

<i . . . Dans ce moment de mêlée et de tourmente )» littéraire, qui faut-il plaindre , ceux qui meurent Il ou ceux qui combattent ? Sans doute c'est pitié )) de voir un poète de vingt ans qui s'en va, une » lyre qui se brise, un avenir qui s'évanouit; mais » n'est-ce pas quelque chose aussi que le repos? » N'est-il pas permis à ceux autour desquels s'a- » massent incessamment calomnies, injures, haines, )i jalousies , sourdes menées , basses trahisons ; 1) hommes loyaux auxquels on fait une guerre dé- )» loyale; hommes dévoués qui ne voudraient enfin » que doter le pays d'une liberté de plus, celle de » l'art , celle de l'intelligence ; hommes laborieux » qui poursuivent paisiblement leur œuvre decon- » science, en proie d'un côté à de viles machinait lions de censure et de police, en butte de l'autre, 1» trop souvent , à l'ingratitude des esprits mêmes » pour lesquels ils travaillent ; ne leur est-il pas » permis de retourner quelquefois la tête avec en- » vie vers ceux qui sont tombés derrière eux , et 11 qui dorment dans le tombeau ? Invideo, disait 1» Luther dans le cimetière de Worms , invideo , » quia quiescunt.

i> Qu'importe toutefois ? Jeunes gens, ayons bon » courage! Si rude qu'on nous veuille faire le pré- » sent, l'avenir sera beau. Le romantisme, tant de » fois mal défini, n'est, à tout prendre, et c'est là » sa définition réelle, que le libéralisme en litté- » rature. Cette vérité est déjà comprise à peu près » de tous les bons esprits , et le nombre en est » grand ; et bientôt, car l'œuvre est déjà bien avan- 1» cée, le libéralisme littéraire ne sera pas moins 1' populaire que le libéralisme politique. La liberté i> dans l'art, la liberté dans la société, voilà le dou- » ble but auquel doivent tendre d'un même pas

tous les esprits conséquents et logiques ; voilà la double manière qui rallie, à bien peu d'intelligences près (lesquelles s'éclaireront ), toute la jeunesse si forte et si patiente d'aujourd'hui; puis avec la jeunesse, et à sa tête l'élite de la génération qui nous a précédés , tous ces sages vieillards qui, après le premier moment de défiance et d'examen, ont reconnu que ce que font ) leurs fils est une conséquence de ce qu'ils ont

> fait eux-mêmes, et que la liberté littéraire est

> fille de la liberté politique. Ce principe est celui ) du siècle, et prévaudra. Ces Z7/^r«* de tout genre, ) classiques ou monarchiques, auront beau se prê- ) ter secours pour refaire l'ancien régime de toutes

> pièces, société et littérature, chaque progrès du

> pays , chaque développement des intelligences , • chaque pas de la liberté fera crouler tout ce 1 qu'ils auront échafaudé. Et, en définitive, leurs

efforts de réaction auront été utiles. En révolu- I tion, tout mouvement fait avancer. La vérité et la liberté ont cela d'excellent que tout ce qu'on fait pour elles, et tout ce qu'on fait contre elles, les sert également. Or, après tant de grandes choses que nos pères ont faites , et que nous avons vues, nous voilà sortis de la vieille forme sociale ; comment ne sortirions-nous pas de la vieille forme poétique? A peuple nouveau , art nouveau. Tout en admirant la littérature de Louis XIV si bien adaptée à sa monarchie, elle saura bien avoir sa littérature propre, et personnelle , et nationale , cette France actuelle , celte France du dix-neuvième siècle à qui Mirabeau a fait sa liberté et Napoléon sa puissance (1). »

Qu'on pardonne à 4'auteur de ce drame de se citer ici lui-même ; ses paroles ont si peu le don

(1) Lettre aivx Edileiirs des Poésies ilc M. Dovalle.

PRÉFACE

de se graver dans les esprits , qu'il aurait souvent besoin de les rappeler. D'ailleurs, aujourd'hui, il n'est peut-être point hors de propos de remettre sous les yeux des lecteurs les deux pages qu'on vient de transcrire. Ce n'est pas que ce drame puisse en rien mériter le beau nom d'art nouveau, de poésie 7wurelle, loin de là ; mais c'est que le principe de la liberté vient de faire un pas ; c'est qu'un progrès vient de s'accomplir non dans l'art, ce drame est trop peu de chose , mais dans le public ; c'est que, sous ce rapport du moins, une partie des pronostics hasardés plus haut viennent de se réaliser.

Il y avait péril, en effet, à changer ainsi brus- (luement d'auditoire, à risquer sur le Ihéâlre des tentatives confiées jusqu'ici seulement au papier qui souffre tout ; le public des livres est bien différent du public des spectacles ; et l'on pouvait craindre de voir le second repousser ce qiu^ le premier avaitaccepté. H n'en arien été. Le principe de la liberté , en lillératin-e, déjà compris par le monde qui lit et qui médite, n'a pas été moins complètement adopté par cette immense foule , avide des pures émotions de l'art, qui inonde chaque soir les théâtres de Paris. Cette voix haute et puissante du peuj>le qui ressemble à celle de Dieu , veut désormais que la poésie ait la même devise que la politique : tolérajNCe et liberté.

Maintenant, vienne le poète ! il y a un public.

El cette liberté, le public la veut telle qu'elle doit être, se conciliant avec l'ordre dans l'État, avec l'art dans la littérature. La liberté a une sagesse qui lui est propre , et sans laquelle elle n'est pas complète. Que les vieilles règles de d'Aubignac meurent avec les vieilles coutumes de Cujas, cela est bien ; qu'à une littérature de cour succède une littérature de peuple , cela est mieux encore ; mais surtout qu'une raison intérieure se rencontre au fond de toutes ces nouveautés. Que le principe de liberté fasse son affaire, mais qu'il la fasse bien. Dans les lettres , comme dans la société , point d'étiquette, point d'anarchie : des lois. Ki talons rouges, ni bonnets rouges.

Voilà ce que veut le public, et il veut bien. Quant à nous , par déférence pour ce public qui a accueilli avec tant d'indulgence un essai qui en méritait si peu , nous lui donnons ce drame aujourd'hui tel qu'il a été représenté. Le jour viendra peut-être de le publier tel qu'il a été conçu par l'auteur , eu indi([uantet en discutant les modifications que la scène lui a fait subir. Ces détails de critique peu-

vent ne pas être sans intérêtni sans enseignements, mais ils sembleraient minutieux aujourd'hui; la liberté de l'art est admise , la question principale est résolue , à quoi bon s'arrêter aux questions secondaires? nous y reviendrons du reste quelque jour ; et nous parlerons aussi, bien en détail, en la ruinant par les raisonnements et par les faits, de cette censure dramatique qui est le seul obstacle à la liberté du théâtre , maintenant qu'il n'y en a plus dans le public. Nous essaierons, à nos risques et périls et par dévouement aux choses de l'art, de caractériser les mille abus de cette petite intpiisition de l'esprit, qui a, comme l'autre saint-office , ses juges secrets, ses bourreaux masqués , ses tortures, ses mutilations, et sa peine de mort. Nous déchirerons, s'il se peut, ces langes de police dont il est honteux que le théâtre soit encore emmaillolte aU dix-neuvième siècle.

Aujourd'hui il ne doit y avoir place que pour la reconnaissance et les remerciemens. C'est au public (jue l'auteur de ce drame adresse les siens , et du fond du cœur. Cette œuvre , non de talent , mais de conscience et de liberté , a été généreusement protégée contre bien des inimitiés parle public, parce que le public est toujours aussi, lui, consciencieux et libre. Grâces lui soient donc rendues, ainsi qu'à cette jeunesse puissante qui a porté aide et faveur à l'ouvrage d'un jeune homme sincère et indépendant comme elle! C'est pour elle surtout qu'il travaille, parce que ce serait une gloire bien haute que l'applaudissement de cette élite de jeunes hommes, intelligente, logique, conséquente , vraiment libérale en littérature comme en politi'jue, noble génération qui ne se refuse pas à ouvrir les deux yeux à la vérité et à recevoir la lumière des deux cùtés.

Quant à son œuvre en elle-même, il n'en parlera pas. Il accepte les critiques qui en ont été faites , les plus sévères comme les plus bienveillantes, parce qu'on peut profiter à toutes. Il n'ose se flatter que tout le monde ait compris dupremier coup ce drame, dont le romancero gênerai est la véritable clé. Il prierait volontiers les personnes que cet ouvrage a pu choquer de relire le Cid,Nicomède, ou plutôt tout Corneille , et tout Molière, ces grands et admirables poètes. Cette lecture , si pourtant elles veulent bien faire d'abord la part de l'immense infériorité de l'auteur à'Hertiani, les rendra peut-être moins sévères pour certaines choses qui ont pu les blesser dans la forme ou dans le fond de ce drame. En somme, le moment n'est peut-être pas encore venu de le juger. Hernani

PRÉFACE

n'est jusqu'ici que la première pierre d'un édifice qui existe tout construit dans la tête de son auteur, mais dont l'ensemble peut seul donner quelque valeur à ce drame. Peut-être ne trouvera-t-on pas mauvaise un jour la fantaisie qui lui a pris de mettre , comme l'architecte de Bourges , une porte presque moresque à sa cathédrale gothique. En attendant, ce qu'il a fait estbien peu de chose, il le sait. Puissent le temps et la force ne pas lui manquer pour achever son œuvre ! Elle ne vaudra qu'autant qu'elle sera terminée. Il n'est pas de ces

poètes privilégiés qui peuvent mourir ou s'interrompre avant d'avoir fini, sans péril pour leur mémoire ; il n'est pas de ceux qui restent grands , même sans avoir complété leur ouvrage , heureux hommes dont on peut dire ce que Virgile disait de Carthage ébauchée,

Opéra pendent tnterrupta, minceque Murorum ingénies !

9 mars 1830.

PERSONNAGES

HERNANI. — M. FiRMin.

DOIS CARLOS. —M. Michei.ot.

DON RUY GOMEZ DE SILVA. — M. Joahht.

DOÏSA SOL DE SILVA. — MU" Mars.

LE ROI DE BOHLME, LE DUC DE BAVIERE, électeurs du

Saint-Empircromain. — M. Dimilatre, M. SAiST-An.AiRE. LE DUC DE GOTHA, LE BARON DK IIOHENBOURG, LE DUC

DE LUTZELBOURG, seigneurs allemands. — M. Geffroi ,

M. Faure.

lAQUEZ, page de Silva. — Mlle Despréacx. Don SANCHEZ, don MATIAS, don RICARDO, don GARCIE

SUAREZ, don FR.4NCISC0, don JUAN DE HARO , don

GUSMAN DE LARDA, don GILÏELLEZ GIRON, espagnols.

— M. Menjaud, m. Bouchet, M. Samsûn , M. Gkpfrot,

M. CaSANEUVE, m. GeFFROT, M. MoNTICNT.

Un montagnard. — M. Monticnt.

DONA JOSEFA DUARTE , duègne. — MUc Toisei.

Une dame. — M'ie Thenard.

Premier conjure. — M. Menjaud.

Deuxième conjuré.

Troisième conjuré.

Conjurés de la Ligne Sacro-Sainte , Allemands et Espagnols.

Montagnards, Seigneurs, Soldats, Pages, Peuple, etc.

Le scène est à Sarayosse aux premier , second et cinquième actes; dans les environs de Saratjosse , au troisième; à Aix-la-Chapelle, au quatrième.

HERNANI

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