‹ uvres de Victor HugoChapitre 191 sur 599 · D0:VA SOL · texte numérisé non relu

D0:VA SOL

Qui sait ?

DON RUT GOMEZ

Mais va , crois-moi , ces cavaliers frivoles N'ont pas d'amour si grand qu'il ne s'use en paroles. Qu'inie fille aime et croie un de ces jouvenceaux, Elle en meurt; il en rit. Tous ces jeunes oiseaux, A l'aile vive et peinte, au langoureux ramage , Ont un amour qui mue ainsi que leur plumage. Les vieux , dont I âge éteint la voix et les couleurs, Ont l'aile plus tîdéle , et , moins beaux , sont meilleurs. Nous aimons bien. Nos pas sont lourds ? nos yeux arides? Nos fronts ridés? au cœur on n'a jamais de rides. Hélas ! quand un vieillard aime , il faut l'épargner; Le cœur est toujours jeune et peut toujours saigner. Ah ! je t'aime en époux , en père ! et puis encore De cent autres façons , comme on aime l'aurore , Comme on aime les fleurs, comme on aime les cieux ! De te voir tous les jours , toi , ton pas gracieux , Ton front pur, le beau feu de ta douce prunelle... Je ris , et j'ai dans l'ame une fête éternelle.

DO>"A SOL

Hélas !

D0> RLY GOMEZ.

Et puis , vois-tu , le monde trouve beau , Lorsqu'un homme s'éteint , et , lambeau par lambeau S'en va , lorsqu'il trébuche au marbre de la tombe , Qu'une femme , ange pur, innocente colombe , Veille sur lui , l'abrite , et daigne encor souffrir L'inutile vieillard qui n'est bon qu'à mourir. C'est une œuvie sacrée , et qu'à bon droit on loue , Que ce suprême effort d'un cœur qui se dévoue, Qui console un mourant jusqu'à la fin du jour. Et, sans aimer peut-être, a des semblants d'amour. Ah ! tu seras pour moi cet ange au cœur de femme, Qui du pauvre vieillard réjouit encor l'ame , Et de ses derniers ans lui porte la moitié , Fille par le respect et sœur par la pitié.

DOSA SOL

Loin de me précéder, vous pourrez bieiî me suivre , Monseigneur ! ce n'est pas une raison pour vivre Que d'être jeune. Hélas ! je vous le dis , souvent Les vieillards sont tardifs , les jeunes vont devant !

Et leurs yeux brusquement referment leur paupière , Comme un sépulcre ouvert dont retombe la pierre.

do:» RUV GOMEZ.

Oh ! les sombres discours ! Mais je vous gronderai , Enfant ! un pareil jour est joyeux et sacré. Comment à ce propos , quand l'heure nous appelle , N'ètes-vous pas encor prête pour la chapelle ? Mais, vite ! habillez-vous. —Je compte les instants. La parure de noce !

D0>A SOL

Usera toujours temps.

DON RIY GOHEZ.

Non pas.

Au page qui entre.

Que veut laquez?

LE PAGE

Monseigneur, à la porte , Un homme , un pèlerin , un mendiant , n'importe , Est là qui vous demande asile.

D05 RIY GOMEZ.

Quel qu'il soit, Le bonheur entre avec l'étranger qu'on reçoit , Qu'il vienne. — Du dehors a-t-on quelques nouvelles? Que dit-on de ce chef de bandits infidèles Qui remplit nos forêts de sa rébellion ?

LE PAGE

C'en est fait d'Hernani j c'en est fait du lion De la montagne.

D0:VA SOL , â part.

Dieu !

DO:» RUY GOMEZ , au page.

Quoi !

LE PAGE

La troupe est détruite. Le roi , dit-on , s'est mis lui-même à leur poursuite. La tête d'Hernani vaut mille écus du roi , Pour l'instant j mais on dit qu'il est mort.

DONA SOL , à paru

Ah ! sans moi , Hernani !...

D0> RLY GOMEZ.

Grâce au ciel ! il est mort , le rebelle ! On peut se réjouir maintenant , chère belle. Allez donc vous parer, mon amour, mon orgueil j Aujourd'hui , double fête.

DOSA SOL, à part.

Oh ! des habits de deuil.

Elle sort.

HERNANI

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