D0:VA SOL
Sauvez-moi, monseigneur !
Elle s'arrête tout à coup. A part.
Malheureuse, il le faut !
La tête de mon oncle ou l'autre !... moi plutôt !
Au roi.
Je vous suis.
nos CARLOS, à part.
Par les saints ! l'idée est triomphante ! 11 faudra bien enfin s'adoucir, mon infante!
Dona Sol va au coffret, l'ouvre et y prend le poignard, qu'elle cache dans son sein. Don Carlos va à elle, et lui présente la main.
Ah ! voyons.
Ou'emporlez-vous là ?
DO!^ CARLOS, souriant.
do:îa SOL.
Vous verrez.
Elle donne ta main à Carlo.s et se dispose à le suivre. Don Ru Gomez, (jui est resté profondément ab.sorbé dans sa douleui se retourne et fait quelques pas en criant.
D0>" RIV GOMEZ
Dona Sol !... terre et cieiix Dona Sol !... puisque l'homme ici n'a point d'entrailles A mon aide ! croulez ! armures et murailles !
Il court au roi.
Laissez-moi mon enfant ! Je n'ai qu'elle, ô mon roi !
DO'^ CARLOS, lâchant la main de dona Sol.
Alors... mon prisonnier !
Le duc hai-s-se la tète et semble en proie A une horrible agitation il se relève, regarde les porlraiLs enjoignant les mains ver eux.
DO:^ RLY GOMEZ.
...Ayez pitié de moi !
Vous tous !
DONA SOL
Prince, un joyau précieux.
Il fait un pas vers la porte masquée. Dona Sol le suit des yeux; 1 se tourne encore vers les portraits.
Ah! voilez-vous! votre regard m'arrête.
Il s'avance lentement vers son portrait, puis se détourne de non veau vers le roi.
Tu le veux?...
n0>' CARLOS.
Oui.
Le duc lève en tremblant la main vers le ressort. DO>A SOL.
Dieu!
D0>" RtY GOMEZ, tombant aux genoux du roi.
Non ! par pitié, prends ma tète !
Ta nièce !
DON RlV GOMEZ, se relevant.
Prends-la donc, et laisse-moi l'honneur.
DON CARLOS, reprenant la main de dona Sol tremblante. Adieu, duc !
DON RLY GOMEZ.
Au revoir !
Il suit de l'œil le roi qui se retire avec dona Sol, puis il met la main sur son poignard.
Dieu vous garde, seigneur !
Il revient sur le devant du théâtre, haletant, immobile, sans plus rien voir ni entendre. L'œil fixé, les bras croisés sur la poitrine. Cependant le roi sort avec dona Sol. La suite des seigneurs sort après eux, deux à deux, chacun à son rang. Ils se parlent à voix basse entre eux. Dès qu'ils sont sortis, don Ruy Gomez lève les yeux, les promène autour de lui et voit qu'il est seul. Il court à la muraille, détache deux épées d'une panoplie, les mesure toutes deux, et les dépose sur une table; puis il va au portrait, presse le ressort ; la porte se rouvTC.
HERNANI