‹ uvres de Victor HugoChapitre 222 sur 599 · MARI · texte numérisé non relu

MARI

Vous croiriez...

6AVER?iV.

Oue jamais ensemble on ne dut voir Un voile et tant d'éclairs sous les cils d'un œil noir. C'est impossible. — Allons ! vous aimez en province ! Clore un si beau roman d'un dénoûment si mince !

MARIOTf.

Il n'en est rien.

SAVERNY

Gageons !

HARIOIf

Rose , quelle heure est-il ?

DAME ROSE du dehors.

Minuit bientôt.

MARION à part.

Minuit !

saver:<y.

Le détour est subtil Pour dire : Allez-vous-en !

MARION

Je vis fort retirée. . .

Ne recevant personne et de tous ignorée... Puis , il vous peut si tard arriver des malheurs... Cette rue est déserte et pleine de voleurs.

SAVERNY

Soit, je serai volé.

MARION

On m'assassinera.

Parfois on assassine î

SAVERNY

aïs.

SAVERNY

Vous êtes divine !

Mais avant de partir je veux savoir de vous Ouel est l'heureux berger qui nous succède à tous.

MARION

Personne.

SAVERVT.

Je tiendrai secrètes vos paroles, Nous autres gens de cour , on nous croit têtes folles , Médisants, curieux, indiscrets, brouillons; mais Nous bavardons toujours et ne parlons jamais. — Vous vous taisez ?

Il s'assied.

Je reste.

MARION

Eh bien , oui ! que m'importe:

J'aime et j'attends quelqu'un !

SAVERNY

Parlez donc de la sorte :

A la bonne heure ! Oîi donc l'attendez-vous ?

SAVERNY

Et quand .'

MARION

Dans un instant.

Elle va au balcon et écoule.

Peut-être le voici.

Revenant.

Non.

A Savcmy.

Vous voilà content.

SAVERNY

Pas trop.

MARION

Partez , de grâce.

SAVERNY

Oui , mais nommez-le-moi , ce galant qui me chasse , Et pour qui je me vois ainsi congédier.

MARION

Je ne connais de lui que le nom de Didier. Il ne connaît de moi que le nom de Marie.

SAVERNY éclatant de rire.

Vrai?

MAHION.

Vrai.

SAVERNY riant.

Mais , pasquedieu , c'est de la bergerie Que ces amitiés-là ! c'est du Segrais tout pur. 11 va donc pour entrer escalader ce mur ?

MARION

Peut-être. — Maintenant, partez vite.

A part.

Il m'assomme !

SAVERNY reprenant son sérieux.

Savez-vous seulement s'il est bon gentilhomme ?

MARION

Je n'en sais rien.

MARION DE LORME

SAVERNY

Comment !

A Marion qui le pousse doucement vers la porte.

Je pars...

II revient.

Encore un mot, J'oubliais : un auteur, qui n'est pas un grimaud ,

Il tire un livre de sa poche et le remet à Marion. A fait pour vous ce livre. Il cause un bruit énorme.

MARIOIV lisant le titre.

La Guirlande d'amour , à Marion de Lorme.

SAVERIVY.

On ne parle à Paris que Guirlande d'amour. Et c'est , avec le Cid , le grand succès du jour.

MARIOX prenant le livre.

C'est fort galant. Bonsoir.

SAVERNY

A quoi bon être illustre ?

Venir à Blois filer l'amour avec un rustre !

MARI0\ appelant dame Rose.

Prenez soin du marquis , Rose , et le dirigez.

SAVERNY saluant.

\Iarion ! Marion ! Hélas ! vous dérogez !

Il sort.

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