‹ uvres de Victor HugoChapitre 221 sur 599 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

UARION DE LORME , négligé très-paré , assise près (le la table et brodant une tapisserie. Le marqcis de S WEKNY, tout jeune homme blo?ul sans moustache , vêtu à la dernière mode de 1638.

SAVER^Y s'approchant de Marion et cherchant à renibras.>€r.

iéconcilions-nous, ma petite Marie !

MARION le repoussant.

léconcilions-nous de moins près , je vous prie.

SAVERNY insistant.

Jn seul baiser !

MARION avec colère.

Monsieur le marquis !

SAVERNY

Quel courroux !

>'otre bouche eut parfois des caprices plus doux.

MARION

'ous oubliez...

SAVERNY

Non pas ! Je me souviens , ma belle.

MARION à part.

/importun ! le fâcheux !

SAVERNY

Parlez, mademoiselle.

Hie devons-îious penser de h brusque façon

Dont vous quittez Paris .-' et pour quelle raison , Tandis que l'on vous cherche à la Place-Royale , Vous relrouvé-je à Blois , cachée?... Ah ! déloyale ! Qu'est-ou venue ici faire depuis deux mois ?

Je fais ce que je veux , et veux ce que je dois. Je suis libre, monsieur.

SAVERNY

Libre ! et dites , madame , Sont-ils libres aussi ceux dont vous avez l'àme ? 5Ioi, — Gondi , qui passa, l'autre jour, devant nous, La moitié de sa messe , ayant un duel pour vous ; — Nesmond ,— le Pressigny. d'Arquien, les deux Caussadesj Tous de votre départ si fâchés , si maussades , Que leurs femmes comme eux te voudraient à Paris , Pour leur faire après tout de moins tristes maris !

MARION souriant.

Et Beauvillain?...

SAVERNY

Toujours il vous aime.

MARION

SAVERNY

Il vous adore.

El Céresle ?

MARION

El Pons ?

SAVERNY

Celui-là vous déleste.

MARION

C'est le seul amoureux. — Et le vieux président?.. —

Riant.

Son nom , déjà !...

Riant plus fort.

Leloup !

SAVERNY

Mais en vous atteiulaul , 11 a votre portrait , et fait mainle élégie.

MARION DE LORME

MARIOX.

Oui , voilà bien deux ans qu'il m'aime en effigie.

SAVERNY

Ail ! qu'il aimerait mieux vous brûler ! — Çà, vraiment, Peul-on fuir tant d'amis?

M\RI0?( sérieuse et liaissant les yeux.

Marquis, précisément.

Ce sont, à parler franc , les causes de ma fuite ; Tous ces brillants péchés qui . jeune , m'ont séduite, IS'ont laissé dans mon cœur que rejjrets trop souvent, le viens dans la retraite , et peut-être au couvent , Expier une vie impure et débauchée.

SAVERJrV.

Gageons qu'une amourette est lù-dessous cachée !

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