LES PRÉCÉDENTS , LE MARQUIS DE SAVERNY
BRICHAIVTEAL allant à Saverny.
Mon cousin Saverny ! — Hé bien , as-tu trouvé L'homme qui des larrons l'autre nuit t'a sauvé?
SWERJiY.
Non. Par la ville en vain je cherche , je m'informe j Les voleurs , le jeune homme , et Marion de Lorme , Tout s'est évanoui comme un rêve qu'on a.
BRICHAPÎTEAU.
Mais tu dois l'avoir vu quand il te ramena Comme un chrétien tiré des mains de Pinfidèle !
SAVERNY
11 a d'abord du poing renversé la chandelle !
CASSÉ
C'est étrange.
BRICHANTEAIT.
Pourtant lu le reconnaîliais En le rencontrant?
SAVERÎÏY.
Non , je n'ai point vu ses traits.
BRICHANTEAU
Sais-lu son nom ?
SAVERNY
Didier.
ROCHEBAROX
Ce n'est pas un nom d'homme , C'est un nom de bourgeois !
SAVERNY
C'est Didier qu'il se nomme. Beaucoup , qui sont de race et qui font les vainqueurs , Ont bien de plus grands noms, mais non de plus grands Moi, j'avais six voleurs, lui, Marion de Lorme, [cœurs. Il la quitte , et me sauve. Ah ! ma dette est énorme , Et je la lui pairai,je vous le jure à tous, De tout mou sang !
VILLAC.
Marquis , depuis quand payez-vous Vos dettes ?
SAVERNY nèremenl.
J'ai toujours payé celle qu'on paie Avec du sang. Mon sang , c'est ma seule monnaie.
La nuit est tout à TaittombCe. On voit les tcnëtres de la ville s'éclairer l'une après l'autre. — Entre un allumeur qui allume un réverbère au-dessus de l'écriteau et s'en va. — La petite porte par laquelle sont entrés Marion et Didier se rouvre ; Didier en sort rêveur, marchant lentement les bras croises dans son manteau.