‹ uvres de Victor HugoChapitre 28 sur 599 · TRAPPISTE A LA MEILLERAYE · texte numérisé non relu

TRAPPISTE A LA MEILLERAYE

'Tisvain lo slriiggle — lel me perish young — Live as I hâve lived ; and love as I hâve loved; To dust if I relitrn , froin dust I spriing , And then , at least , my heart can he'er be moved. Byron.

Mon frère , la tempête a donc été bien forte ; Le vent impétueux , qui souffle et nous emporte

De récif en récif, A donc , quand vous partiez , d'une aile bien profonde , Creusé le vaste abîme et bouleversé l'onde

Autour de votre esquif j

Que tour à tour, en hâte , et de peur du naufrage , Pour alléger la nef en butte au sombre orage ,

En proie au floL amer , II a fallu , plaisirs , liberté , fantaisie , Famille , amour, trésors , jusqu'à la poésie ,

Tout jeter à la mer !

Et qu'enfin , seul et nu , vous voguez solitaire , Allant où va le flot , sans jamais prendre terre ,

Calme, vivant de peu , Ayant dans votre esquif, qui des noires s'isole , Deux choses seulement , la voile et la boussole,

Votre âme et votre Dieu !

Mai 1830.

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