SCÈNE III
RUSTIGHELLO, ASTOLFO.
ASTOLFO.
Que diable fais-tu là, Rustighello ?
RUSTIGHELLO.
J'altends que tu t'en ailles, Astolfo.
ASTOLFO.
En vérité I
. RUSTIGHELLO.
Et toi , que fais-tu là , Astolfo ?
ASTOLFO.
.l'attends que tu l'en ailles, Rustighello.
RUSTIGHELLO.
A qui donc as-tu affaire , Asiolfo?
ASTOLFO,
A l'homme qui demeure dans cette maison.— El toi ,à qui en veux-tu ?
RUSTIGHELLO.
Au même,
ASTOLFO.
Diable!
RUSTIGHELLO.
Qu'est-ce que tu en veux faire ?
ASTOLFO,
Je veux le mener chez la duchesse. — Et toi ?
RUSTIGHELLO.
Je veux le mener chez le duc.
ASTOLFO.
Diable !
RUSTIGHELLO.
Qu'est-ce qui l'attend chez la duchesse?
ASTOLFO.
L'amour sans doute, — Et chez le duc?
RUSTIGHELLO.
Probablement la potence,
ASTOLFO.
Comment faire ? il ne peut pas être à la fois chez le duc et chez la duchesse, amant heureux et pendu.
RUSTIGHELLO.
A-t-il de l'esprit cet Astolfo ! (// fait un signe , les deux sbires cachés sous le balcon ducal s'avancent et saisissent au collet Astolfo.)
RUSTIGHELLO.
Saisissez cet homme. — Vous avez entendu ce qu'il a dit. Vous en témoignerez. — Silence, Astolfo! — {Aux autres sbires.)— Enfants , à l'œuvre à présent ! Enfoncez-moi cette porte.
Dans le troisième acte , la scène de l'orgie , à partir de la page 192 deuxième colonne , jusqu'à la fin de la première colonne de la page 193, doit être jouée comme il suit :
NOTE
GUBETTA
Une chanson à boire , messieurs ! il nous faut une chanson à boire qui vaille mieux que le sonnel du mar(|uis Oloferno. Ce n'est pas moi qui vous en chanterai une; je jure parle bon vieux crâne de mon père que je ne sais pas de chansons, attendu que je ne suis pas poêle et que je n'ai point l'esprit assez galant pour faire se becqueter deux rimes au bout d'une idée. Mais vous, seigneur Maffio, quiètes de belle humeur, vous devez savoir quelque chanson de table. Que diable! chantez-nous-Ia , amusons-nous.
UKVtlO.
Je veux bien, emplissez les verres.
7/ chante.
Amis , vive l'orgie!
J'aime la folle nuit Et la nappe rougie Et les chants et le bruit, Les dames peu sévères, Les cavaliers joyeux , Le vin dans tous les verres , L'amour dans tous les yeux !
La tombe est noire.
Les ans sont courts.
Il faut, sans croire Aux sots discours.
Très-sou veut boire , Aimer toujours!
TODS EN ClIOKDn.
La tombe est noire, etc.
Ils choquent leurs verres en riant aux éclats. Toutà-coup on entend des voix éloignées qui chantent audehors sur un ton lugubre.