‹ uvres de Victor HugoChapitre 416 sur 599 · I.A TISBE · texte numérisé non relu

I.A TISBE

Votre résolution est prise, dites-vous. Elle mourra. C'est Men. Je vous approuve. Mais puisque tout est secret encore, puis(|u'aucun nom n'a été prononcé, ne pourriez-vous épargner à elle un supplice, à ce palais une tache de sang , à vous la note publique et le bruit ? Le bourreau est un témoin. Un témoin est de trop.

AIGELO.

Oui. Le poison vaudrait mieux. Mais il faudrait un poison rapide, et vous ne me croirez pas , je n'en ai pas

LA TISBE.

.J'en ai , moi.

A!VGELO.

Où?

LA TISBE.

Chez moi.

A^GELO.

Quel poison ?

LA TISBE.

Le poison Malaspina. Vous savez? celte boite que m'a envoyée le primicier de Saint-Marc.

A?iGEL0.

Oui , vous m'en avez déjù parlé. C'est un poison sûr et prompt. Eh bien , vous avez raison. Que la chose se passe entre nous. Cela vaut mieux. Écoutez, Tisbi'. J'ai toute confiance en vous. Vous comprenez que ce que je suis forcé de faire est légitime. C'est mon honneur que je venge, et tout homme agirait de même à ma place. Eh bien ! c'est une chose sombre et difficile que celle où je suis engagé. Je n'ai ici d'autre ami que vous. Je ne puis me fier qu'à vous. La prompte exécution , le secret sont dans l'intérêt de cette femme comme dans le mien. Assistez moi. J'ai besoin de vous. Je vous le demande. Y consentez-vous ?

LA TISBE.

Oui.

ANGELO

Que cette femme disparaisse sans qu'on sache comment , sans qu'on sache pourquoi. Une fosse se creuse, un service se chante , mais personne ne sait pour qui. Je ferai enlever le corps par ces deux mêmes hommes, les guetteurs de nuit, que je garde sous clef. Vous avez raison , mettons de l'ombre sur tout ceci. Envoyez chercher ce poison.

LA TISBE.

Je sais seule où il est. J'y vais aller moi-même.

A>GELO.

Allez , je vous attends.

Sort la Tisbe.

— Oui , c'est mieux. Il y a eu des ténèbres sur le crim qu'il y en ait sur le châtiment.

La porte de l'oratoire s'ouvre; rarchipri'trc en »ort les ye baissés et les bras en croix sur la poitrine. Il traverse lenl ment la chambre. Au moment où il va sortir parla porte i fond , Angcio se tourne vers lui.

— Est-elle prèle?

L'ARCHIPRÈTRE.

Oui , monseigneur.

Il sort. Catarina parait sur le seuil de l'oratoire.

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