‹ uvres de Victor HugoChapitre 449 sur 599 · HARRISON · texte numérisé non relu

HARRISON

Mais je ne conçois pas Ce qui pousse Cromwell à risquer ce grand pas .

CR03ÎWELL.

Il faut qu'il soit bien fou de désirer le trône ! 11 ne reste plus rien des biens de la couronne. Hanipton-Court est vendue au profit du trésor; On a détruit Woodstock, et dénieublé Windsor !

LE GÉNÉRAL LAMBERT, bas à Overton.

Imbécile pillard ! qui dans le rang suprême, Ne voit que les rubis scellés au diadème, Et dans le trône, objet des travaux d'Olivier, Des aunes de velours, ù revendre au fripier ! Dévoré d'une soif de l'or que rien ne sèvre, Harrison n'apprécie un sceptre qu'en orfèvre, Et si quelque couronne à ses désirs s'offrait, Ke l'usurperait pas , mais il la volerait.

BAREBOSE, en extase.

Ah ! pourquoi Dieu fait-il, dans ces jours de misère.

Du lion de Jacob un vil bouc émissaire !

Olivier, revêtu d'une robe d'honneur.

Semblait toujours marcher à droite du Seigneur;

11 était dans nos champs comme une gerbe mûre;

11 portait de Juda l'invulnérable armure ;

Et quand il paraissait à leur œil ébloui,

Les Philistins fuyaient, en s'écriant : « C'est lui! »

11 était, Israël, l'oreiller de ta couche !

lUais ce miel en poison se change dans ta bouche ;

11 s'est fait Tyrien ; et les enfants d'Édom

Ont, avec des clameurs, ri de ton abandon !

Tous les Amorrhéens ont tressailli de joie,

En voyant qu'un démon le poussait dans leur voie ;

II veut être, échauffé par l'impure Abisag,

Roi comme fut David ; — qu'il le soit comme Agag !

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