HARRISON
Mais je ne conçois pas Ce qui pousse Cromwell à risquer ce grand pas .
CR03ÎWELL.
Il faut qu'il soit bien fou de désirer le trône ! 11 ne reste plus rien des biens de la couronne. Hanipton-Court est vendue au profit du trésor; On a détruit Woodstock, et dénieublé Windsor !
LE GÉNÉRAL LAMBERT, bas à Overton.
Imbécile pillard ! qui dans le rang suprême, Ne voit que les rubis scellés au diadème, Et dans le trône, objet des travaux d'Olivier, Des aunes de velours, ù revendre au fripier ! Dévoré d'une soif de l'or que rien ne sèvre, Harrison n'apprécie un sceptre qu'en orfèvre, Et si quelque couronne à ses désirs s'offrait, Ke l'usurperait pas , mais il la volerait.
BAREBOSE, en extase.
Ah ! pourquoi Dieu fait-il, dans ces jours de misère.
Du lion de Jacob un vil bouc émissaire !
Olivier, revêtu d'une robe d'honneur.
Semblait toujours marcher à droite du Seigneur;
11 était dans nos champs comme une gerbe mûre;
11 portait de Juda l'invulnérable armure ;
Et quand il paraissait à leur œil ébloui,
Les Philistins fuyaient, en s'écriant : « C'est lui! »
11 était, Israël, l'oreiller de ta couche !
lUais ce miel en poison se change dans ta bouche ;
11 s'est fait Tyrien ; et les enfants d'Édom
Ont, avec des clameurs, ri de ton abandon !
Tous les Amorrhéens ont tressailli de joie,
En voyant qu'un démon le poussait dans leur voie ;
II veut être, échauffé par l'impure Abisag,
Roi comme fut David ; — qu'il le soit comme Agag !