‹ uvres de Victor HugoChapitre 462 sur 599 · LE DUC DE CRÉQUI · texte numérisé non relu

LE DUC DE CRÉQUI

Monseigneur ! — l'alliance Qui du Roi Très-Chrétien vous assure l'appui , Par des liens nouveaux se resserre aujourd'hui. Monsieur de Mancini va vous lire la lettre Que son oncle éminent par lui vous fait remettre.

Mancini s'approche du Protecteur , fléchit un genou , et lui présente sur le coussin la lettre du cardinal. Cromwell en rompt le cachet et la rend à Mancini.

CROMWELL, à Mancini.

Elle est du cardinal Mazarini? — Lisez.

MANCINI déploie la lettre et lit :

A Son Altesse Monseigneur le Prolecteur de la République d'Angleterre.

« Monseigneur !

» La part glorieuse que lès troupes de Votre Altesse ont

n prise à la guerre actuelle de la France contre l'Espagne,

n l'utile secours ((u'eiles prélent aux armes du Roi mon niai-

» Ire dans la campagne de Flandre, redoublent la reconnais-

sao

» sancn de Sa Majesté pour un allid ciussi considéi nble qiifi « vous r<^les, cl qui l'aide si cfficacemenl à réprimer la su- « perbe de la maison d'Autriche. C'est poiiniuoi le Roi a » Iroiivé bon d'envoyer comme ^on ambassadeur exlraordi- « naire près votre cour, M. le duc de Créqui , chargé par Sa » Majesté de faire savoir à Votre Altesse que la ville fiTle de )i Mardyke , récemment prise par nos gens , a été remise à la » disposition des généraux de la lépublique d'Angleterre, en » attendant que Dunkerque , qui lient encore, puisse leur » être livrée conformément aux Irailés. M. le duc de Créqni » a en oulre la commission de faire agréer à Votre Allesse » une épée d'or, que le roi de France vous envoie en témoi- » gna.Te de son e>time et de son amitié. M. de Mancini , mon « neveu , vous fera part du contenu de celle Icllre , el dépo- » sera aux pieds de Voire Altesse im petit présent que j'ose » joindre en mon nom à celui du Roi ; c'est une tapisserie de » la nouvelle nianufaciure royale, ditedes Gobelins. Je désire n que celte marque de mon dévouement soil agréable à Votre » Allesse. Si je n'étais malade à Calais , je serais passé moi- » même en Anglelci re, afin de rendre mes respects à l'un des » plus grands hommes (pii aient jamais existé, à celui que 1) j'eusse le plus ambitionné de servir après mon Roi. Prive « de cet honneur, j'envoie la personne cpii me touche le plus « près par les liens du sang, pour exprimer à Votre Allesse .1 toute la vénération (|ue j'ai pour sa personne, et combien » je suis résolu d'entretenir , entre elle et le Roi mon maître, n une éternelle amitié.

>■) .rai la témérité de me dire avec passion , » de Votre Altesse, » le Irès-obéissant et très-respectueux serviteur , » MvzAniM, « Cardinal de la Sainte-Église romaine. » MAncini, après une profonde révC-rcnce, remet la lettre A Cromwell qui la passe A sioupi-. — Sur un signe tlu ikio ilc Crc'qui , les pages en livrée royale déposent sur la table de Cromwcll le coussin qui porte Pépee d"or ; et sur l'ordre de Mancini, les pages A livrée de Mazarin déroulent sous les pieds du protecteur un riche lapis des Gobelins.

CROSnvELL, au duc et à Mancini.

De ces riches présenls, qui nous sont adressés, Veuillez remercier , Messieurs, Son Éminence. L'Angleterre toujours sera sœur de la France.

Bas à W'hitelocke.

Ce prêtre , qui me flatte en pliant le genou . [fon ! Me dit tout haut : Grand homme, et tout bas : Heureux

Il se retourne brusquement vers les envoyés piémontais. Et vous , que voulez-vous?

Les Piémontais s'avancent avec respect.

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