‹ uvres de Victor HugoChapitre 469 sur 599 · CROMWELL, THURLOE, ISRAEL-BEN-MANASSÉ · texte numérisé non relu

CROMWELL, THURLOE, ISRAEL-BEN-MANASSÉ

vieux rabbin Jiu'f, robe grise, en haillons, dos votih œil perçant sous de gros sourcils blancs, gran front chauve et ridé, barbe forte.

MA?i.\SSÉ, incliné.

Que Dieu, mon doux Seigneur, vous guide jusqu'au bout

CROMWEM.

C'est le juif Manassé. —

A Tilurloë.

Terminez vos dépêches, Thurloë. —

Thurloë s'assied à la grande table. Cromwell s'approche du rabbin. A voix basse:

Que veux- tu?

MANASSÉ, bas.

J'ai des nouvelles fraîches.

Un bâtiment suédois, cliargé de caroUis Qu'il apporte aux amis des anciens rois exclus, Seigneur, est à présent mouillé dans la Tamise.

Le pavillon est neutre !... — Ah! par ton entremise, Si je puis confisquer le tout adroitement, Le moitié du butin t'appartiendra.

MANASSÉ

Vraiment ?

Le navire est à vous, Seigneur ! — Faites en sorte, Seulement, qu'au besoin l'on me prête main-forte.

CROMWELL écrit quelques mots sur un papier qu'il lui remet.

Voici, mon vieux sorcier, un talisman parfait. Cours, et reviens bientôt m'en apprendre l'effet.

MATÏASSÉ.

Encore un mot. Seigneur !

Hé bien !

MA?[ASSÉ

I Je dois vous dire

Qu'avec les cavaliers votre Richard conspire.

Comment?

MANASSÉ

Il m'a payé les dettes de ClifFord.

C'est tout dire.

CROMWELL, riant.

Tu vois tout dans ton coffre-fort.

Mon fils n'est que léger ; ses liaisons sont folles ; Mais rien de plus.

MANASSÉ

Payer sans compter les pistoles!

C'est quelque chose !

CROMWELL , haussant le» épaules.

Allons, va!

MANASSÉ

De grâce, Seigneur, Puisque devons servir parfois j'ai le bonheur, Pour me récompenser rouvrez nos synagogues, Et révoquez la loi contre les astrologues.

CROMWELL, le congédiant du geste.

On verra.

MANASSÉ, s'inclinanl jusqu'à terre.

Nous baisons vos pieds.

A part.

Ces Vils chrétiens !

Vis en paix !

A part.

Juif immonde, à pendre entre deux chiens! Manassé sort par la petite porte qui se referme sur lui.

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